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ORPHAN BLACK (Critique) Clone Wars

5 STARS CHEF D'OEUVRE

orphan_blackSYNOPSIS: Marginale et orpheline, Sarah est témoin du suicide d’une femme. Après réflexion, elle décide de prendre l’identité de cette dernière, qui lui ressemble étonnamment. Elle découvre qu’elles sont en fait deux clones, que d’autres existent et sont la cible d’un tueur qui tente de les éliminer une à une.

Diffusée depuis le 30 mars 2013 sur la chaîne BBC America (et en France sur Syfy France et Netflix), la série de science-fiction canadienne est en passe de devenir la nouvelle obsession de la petite lucarne. Au fil de trois saisons, et d’une armée de fans qui s’accroît de jour en jour, le dernier-né de la collaboration Graeme Manson (Les vies Rêvées d’Erica Strange) et John Fawcett (Xena, la guerrière) se mue peu à peu en phénomène incontournable et vient de décrocher sa première nomination aux Emmy Awards ainsi que sa première apparition au Comic Con de San Diego. Menée tambour battant par une Tatiana Maslany, époustouflante de virtuosité, la série bénéficie d’une équipe d’éditeurs émérites et d’un scénario structuré comme un puzzle en trompe-l’œil où chaque pièce révèle un tout plus complexe qu’on ne l’imaginait au départ.

La première saison suit son personnage principal de très près. Loin d’être une héroïne sympa et déterminée façon Peggy Carter, Sarah trimballe un paquet de problèmes partout où elle va. Que ce soit avec son ancien petit ami qui avait tendance à lui filer des coups ou sa relation plus que tourmentée avec sa mère adoptive, Sarah a le don d’attirer les ennuis. Mais lorsqu’elle se retrouve face-à-face avec elle-même sur ce quai de gare, les choses changent rapidement. Tout comme nous, Sarah est complètement déstabilisée par ces clones qui surgissent de nulle part et ces mystères scientifiques qui s’accumulent, prise comme elle l’est dans l’étau d’une machine qu’elle ne comprend pas. Sombre, torturée, sexy, la saison prend un malin plaisir à déboussoler son héroïne, faisant surgir des ennemis de tous les coins, rebondissant de coups de théâtres qui laissent le spectateur haletant, paumé et en manque.

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La saison continue à un rythme effréné. On a fait la connaissance des quatre clones principaux, et il est maintenant question d’approfondir leurs relations. Chaque personnage se voit confier sa propre histoire, plus ou moins en rapport avec la grande histoire, celle qui lie les saisons entre elles, et c’est l’occasion pour Maslany et Jordan Gavaris qui joue son frère adoptif, de nous démontrer l’étendue de leur talent. Que Maslany interprète Allison, Sarah, Cosima, Helena ou Rachel (ou une autre), les deux acteurs parviennent à créer une alchimie différente pour chaque paire sans jamais tomber dans la facilité ou la caricature. Les personnages secondaires prennent de plus en plus d’ampleur, ce que ce soit Mrs S (Maria Doyle Kennedy, la force tranquille et inéluctable), la troublante Delphine (Evelyne Brochu), ou encore le nouveau venu Cal (Michiel Huisman), le focus s’élargit pendant la première partie de la saison, pour se resserrer de nouveau vers la fin de la saison, culminant avec la séquence de danse devenue culte du dernier épisode.

Avec la troisième saison, Manson et Fawcett tentent une nouvelle formule et se lancent dans la métaphore pseudo-mythologique. Ari Millen, jeune acteur canadien aux faux airs de Cillian Murphy, est promu au rang de contrepoint de Maslany lorsqu’on on découvre le projet Castor et ses clones masculins, qui fait opposition au projet Léda (les clones féminins). Si Sarah et ses « sœurs » n’ont découvert ce qu’elles étaient que sur le tard, Mark et ses « frères » ont grandi ensemble, parfaitement conscients d’être le produit d’une manipulation génétique et la confrontation entre les deux camps est évidemment inévitable. Si la saison trois marque une baisse de rythme et un scénario nettement moins solide que lors des deux saisons précédentes, la performance de Maslany est elle, poussée encore plus loin. Non contente d’avoir interprété près d’une douzaine de personnages, elle joue maintenant les clones qui se font passer pour d’autres clones, dans un jeu de poupées russes qui nous donnerait mal à la tête si on avait affaire à une actrice de moindre calibre. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle n’aura pas volé sa nomination aux Emmys.

Orphan Black est une de ces séries qui s’impose petit à petit, à coup de détermination et de talent. Pas de grandes stars au générique ou de promotion assourdissante, mais une campagne de bouche à oreille qui se révèle foncièrement efficace. La quatrième saison est actuellement en cours de pré-production et les fans attendent des nouvelles avec la plus grande impatience. Maintenant que Sarah et ses sœurs ont mis la main sur le génome d’origine, la vraie bataille peut enfin commencer.

Crédits: BBC America/Syfy France/Netflix

 

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