Critiques

STITCHERS (Critique Saison 1) Pas de la haute couture

2 STARS PAS GENIAL

stitchersSYNOPSIS: Une jeune femme est recrutée comme agent secret pour être « piquée » dans l’esprit des personnes récemment décédées, utilisant leurs souvenirs pour enquêter sur des meurtres et déchiffrer des mystères qui autrement auraient disparus pour toujours.

Alors, commençons par une évidence : la prémisse est assez farfelue. Coudre la conscience de quelqu’un dans les souvenirs d’une victime de meurtre ? On n’est plus dans le domaine de l’investigation policière hebdomadaire genre Bones ou Castle, mais davantage dans la science-fiction pour adolescents pré-pubères genre… ben Stitchers. Certes, la chaîne ABC Family, à qui l’on doit cette série estivale, n’est pas connue pour être trop investie dans l’art du plausible (faut-il vous rappeler le point de départ de leur grand succès Pretty Little Liars ?) mais si vous voulez passer un bon moment avec Stitchers, il faut impérativement mettre votre scepticisme de côté. La scène d’ouverture où Kirsten (Emma Ishta) explique à son professeur qu’elle souffre de dysplasie temporelle, une condition fictive qui implique que le temps n’a aucune signification pour elle, donne le ton immédiatement : âmes dubitatives s’abstenir.

Dès le pilote, on sent que la série a pleinement conscience de sa mécanique saugrenue. La « maladie » de Kirsten fait d’elle un candidat de choix pour le programme Stitchers (« finisseurs », en français, référence à un terme de couture, de stitch, qui veut dire « point »). Puisqu’elle ne saisit pas la différence entre dix minutes et deux heures, remonter dans les temps par l’intermédiaire des souvenirs de cadavres ne devrait pas poser de problèmes. Ah oui, mais à cause de sa dysplasie, Kirsten a aussi du mal avec les émotions humaines. Lorsque l’inspecteur Fisher (Damon Dayoub) vient lui apprendre la mort de son tuteur légal, c’est à peine si elle réagit. On voit d’ici l’évolution du personnage : le fait de se retrouver immergée dans la tête d’inconnus va avoir les conséquences prévues : la reine des glaces va peu à peu fondre et se révéler humaine, tendre et aussi, plus que probablement d’ici une saison ou deux, folle amoureuse du spécialiste des neurosciences qui fait partie de son équipe. Parce qu’il y a l’équipe aussi : les nerds obligatoirement présents dans toute série scientifique qui se respecte. Il y a la dirigeante du programme, un femme dure et mystérieuse, le policier qui s’intéresse d’un peu trop près à Kirsten et la colocataire « normale », placée en contrepoids de Kirsten et de son génie.

stitchers 1

ABC Family est connue pour ses séries lisses que l’on peut regarder en famille. Stitchers ne déroge pas à la règle. Quoique le personnage principal soit un peu plus complexe, et nettement moins sympathique au premier abord que la plupart des protagonistes féminins du petit écran, le créateur Jeff Schechter et son équipe de scénaristes ont principalement tenu à créer une série fun et décontractée. Ils ne se font pas d’illusions et savent parfaitement que Stitchers ne sera jamais le nouveau Fringe, mais ils ont parié sur un groupe d’acteurs d’une vingtaine d’années qui prennent un tel plaisir devant les caméras qu’il est difficile de ne pas succomber à leur charme. D’une certaine manière, l’élément salvateur de la série, c’est de ne pas se prendre au sérieux. Que ce soit avec la porte secrète menant au laboratoire, cachée à l’arrière d’un restaurant chinois ou le code sortie des procédures (I heart Linus, le nom du personnage de Ritesh Rajan qui a conçu le programme), le scénario ne cesse de nous rappeler qu’il faut le prendre à la légère.

Bien sûr, l’histoire pose quelque questions censées créer un intérêt chez le spectateur : pourquoi Kirsten ne se rappelle-t-elle pas de son enfance ? Qu’est-il vraiment arrivé à son prédécesseur? Fisher va-t-il découvrir la vérité sur les activités du programme ? Cependant, la raison pour laquelle les gens reviendront vers cette série sera pour voir Kirsten et Cameron (Kyle Harris) marivauder à coup d’équations différentielles ou pour voir la colocataire faire le pitre. Il y a peu à parier que le concept de « stitching » en lui-même soit suffisamment intéressant pour tenir au-delà des huit ou dix premiers épisodes.

 

Crédits: ABC Family

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