Critiques Cinéma

QUÉ VIVA EISENSTEIN ! (Critique)

1 STARS TRES MAUVAIS

que viva eisenstein affiche

SYNOPSIS: En 1931, fraîchement éconduit par Hollywood et sommé de rentrer en URSS, le cinéaste Sergueï Eisenstein se rend à Guanajuato, au Mexique, pour y tourner son nouveau film, Que Viva Mexico ! Chaperonné par son guide Palomino Cañedo, il se brûle au contact d’Éros et de Thanatos. Son génie créatif s’en trouve exacerbé et son intimité fortement troublée. Confronté aux désirs et aux peurs inhérents à l’amour, au sexe et à la mort, Eisenstein vit à Guanajuato dix jours passionnés qui vont bouleverser le reste de sa vie.

Eisenstein, cinéaste russe, est aujourd’hui un monument. Ses films et ses écrits sont étudiés dans les universités et les écoles de cinéma. Son cinéma est interprété, souvent imité, et le réalisateur a posé les bases de l’art cinématographique au début du 20ème siècle. Derrière le cinéaste on ne connait pas forcément l’homme qui a traversé la Russie tsariste puis soviétique, l’homme qui a voyagé à travers l’Europe puis le monde malgré le régime de Staline et a même failli travaillé en Amérique avant de retourner en Russie. Personnage assez incroyable, l’idée d’un biopic pouvait faire rêver les cinéphiles pour mieux comprendre ce révolutionnaire du cinéma. Mais Peter Greenaway ne va pas forcément faire plaisir à tout le monde. Un biopic peut prendre beaucoup de formes, racontant toute une vie ou un épisode autour d’une personnalité ou encore en nous faisant découvrir un pan inconnu de celle-ci. Si le biopic se concentre sur un seul épisode de la vie d’une personne, c’est souvent pour nous amener à réfléchir sur cette personnalité et sur un thème particulier. Peter Greenaway a choisi de raconter un court épisode de la vie du cinéaste russe, celle de son escapade mexicaine pendant laquelle, après l’échec de son projet américain, le cinéaste doit tourner un documentaire. Ensuite il choisi de parler de cinéma un petit peu, de sexe et de philosophie beaucoup plus. Si le cinéma et l’art de l’époque sont évoqués c’est à coup de name dropping à peine compréhensible durant les vingt premières minutes du film. S’ensuit un voyage initiatique pour le cinéaste qui va entretenir une relation charnelle et intellectuelle avec l’un de ses admirateurs brésiliens. Le film est formellement assez audacieux, mélangeant collages, images fixes, splitscreens, plans poétiques et quasi fantasmatiques mais il s’embourbe assez vite dans des dialogues ininterrompus entre Eisenstein et son amant. Beaucoup trop bavard, le film s’offre même une scène centrale de dépucelage homosexuel interminable ou l’ennui pèse beaucoup plus lourd que la moindre sensualité ou tout autre sentiment qu’aurait voulu faire passer le réalisateur.

qué viva eisenstein 1
La performance d’Elmer Bäck qui incarne Eisenstein laisse dubitatif. Le comédien prouve qu’il a certainement un grand potentiel ais le personnage finit par être quasi pénible à force de bavardages incessants et on ne ressent rien pour cette incarnation d’un génie. Les artistes brillants et révolutionnaires dans leur art sont souvent des personnages hauts en couleurs et pas forcément sympathiques mais là Peter Greenaway arrive à nous désintéresser totalement de l’histoire d’Eisenstein. Ou plutôt des histoires, car tout en parlant sans cesse il semble qu’Eisenstein ne cesse de raconter son passé, son travail aux États-Unis, ses relations avec le régime soviétique… Mais voilà, rien n’est montré, tout est raconté, suggéré. Reste des morceaux de bravoures visuelles qui, faute d’une histoire trop construite ou pas assez, sonnent creux. Usant et abusant des artifices cinématographiques, Peter Greenaway réussi le tour de force de ne pas parler de cinéma pendant 1h45 en filmant un des pères fondateurs du 7ème art. On ressort du film assez fatigué par tant de dialogues et tant d’effets de manche mais sans vraiment savoir ce qu’à voulu raconter le cinéaste sur cet autre réalisateur et sur le cinéma en général.

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Titre Original: QUE VIVA EISENSTEIN !

Réalisé par: Peter Greeenaway

Casting:  Elmer Bäck, Luis Alberti, Maya Zapata 

Rasmus Släti, Jakob Öhrma, Lisa Owen…

Genre: Biopic

Sortie le: 08 juillet 2015

Distribué par: Pyramide Distribution

1 STARS TRES MAUVAISTRÈS MAUVAIS

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