Critiques Cinéma

SPY (Critique)

2 STARS PAS GENIAL

spy afficheSYNOPSIS: Susan Cooper est une modeste et discrète analyste au siège de la CIA. Héroïne méconnue, elle assiste à distance l’un des meilleurs espions de l’agence, Bradley Fine, dans ses missions les plus périlleuses. Lorsque Fine disparaît et que la couverture d’un autre agent est compromise, Susan se porte volontaire pour infiltrer le redoutable univers des marchands d’armes et tenter d’éviter une attaque nucléaire…

A côté de la classique franchise des Y a-t-il un flic, l’approche outrancière mais ravageuse d’Austin Powers et le potentiel inépuisable d’un OSS 117, que reste-t-il de la comédie d’espionnage aujourd’hui ? Par définition, terrain de jeu dont l’utilité même consiste à prendre un malin plaisir à étirer et retourner les codes d’un genre préexistant et où chutes cartoonesques, gadgets et jeux de mots foireux complètent la parfaite panoplie du James Bond du dimanche. Quand Matthew Vaughn s’en sert tout récemment pour amorcer un petit virage socio-politique hyper stylisé en forme de tribune (Kingsman : Services Secrets), Paul Feig en propose maintenant sa petite variation sobrement intitulée Spy. Après le jeune prolo banlieusard, au tour de la femme de sortir de l’ombre et d’enfiler le smoking de l’espion international en étrennant le dangereux Beretta de l’homme viril. Puisque la caractérisation progressiste est à la mode en ce moment (cf. Mad Max : Fury Road), on y voit aux premiers abords une belle occasion de plus de confier la partition principale à une minorité du cinéma mainstream. Et peut-être même y délivrer un message militant. Seulement voilà, en optant pour une protagoniste corpulente, Feig condamne d’avance la porte misogyne à l’objectification facile (Charlie’s Angels) mais tombe dans une représentation non moins aguicheuse et problématique. Bien que l’analyste de la CIA se montre bien plus débrouillarde sur le terrain que les acteurs qu’elle a pour habitude de diriger, il n’en demeure pas moins que le ressort comique principal du film s’avère salement douteux. L’accent est constamment mis sur le poids de Melissa McCarthy et soigneusement moqué, ou comment être en dehors des standards imposés se transmute en une blague ponctuelle. En résulte une ribambelle d’épisodes humoristiques plus que limites (le scooter qui tombe/ l’hélicoptère) où il est difficile d’y voir autre chose que du fat-shaming pur et simple, rendant compte au passage d’une grossophobie ordinaire certainement inconsciente mais bel et bien banalisée. Si l’on tente de faire fi des logorrhées verbales pas toujours drôles de McCarthy, le spectateur n’est pas gâté côté humour même si la mise est bien rattrapée par une autodérision efficacement portée par les personnages de Jude Law et surtout de Jason Statham. Action-hero magnifiquement démystifié en une sorte de générateur de Chuck Norris Facts  sur pattes excessivement con et décidément voué, après Fast & Furious 7, à servir de figure caricaturale au cinéma d’action. Ce qui n’est pas pour nous déplaire tant voir les pros de la gâchette se ridiculiser vire à la satisfaction proche du délice fantaisiste. Mais malheureusement loin de suffire à masquer toute une brochette de lacunes techniques.

spy 1Sur une réalisation manquant cruellement de rythme, le réalisateur du pourtant réussi Mes Meilleures Amies multiplie les maladresses en terme de découpage, de montage et d’écriture, s’asseyant sur un nombre exaspérant de facilités (la combinaison magique : establishing shot + musique supposément branchouille) pour combler des transitions véhiculant une atmosphère lourdement artificielle. Usant des pires clichés sans s’encombrer d’aucune valeur ajoutée (le générique Bondien, les combats en slow-motion, la séquence de l’avion…) et souffrant de rôles soit trop excessifs (Susan et Nancy), soit trop fade (Rose Byrne en bad-guy) pour être convaincants, Spy n’en récolte finalement qu’une aura faussement cool et vulgaire en ne manquant pas de desservir son idée de départ. Triste échec pour cette comédie d’espionnage dont la seule bravoure réside dans la parodie de symboles mythiques, là où celle-ci aurait mieux fait de s’injecter dans une démarche anti-populiste, pas tant casse-gueule que ça pour du blockbuster (l’unanimité sur Fury Road est là pour le rappeler) mais plus valorisante sur un plan éthique et artistique.

spy afficheTitre Original: SPY

Réalisé par: Paul Feig

Casting: Melissa McCarthy, Jason Statham, Jude Law ,

Rose Byrne, Miranda Hart, Bobby Cannavale …

Genre: Comédie, Action

Sortie le: 17 juin 2015

Distribué par: Twentieth Century Fox France

2 STARS PAS GENIALPAS GÉNIAL 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s