Au commencement...

Au commencement… (Séries) Murder 1×01-1×04

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4 STARS EXCELLENT

SYNOPSIS: Annalise Keating possède toutes les qualités requises chez un professeur de droit pénal. Brillante, passionnée, créative et charismatique, elle symbolise également tout ce à quoi on ne s’attend pas : sexy, imprévisible et dangereuse. Que ce soit lors d’un procès ou dans une salle de classe, Annalise est impitoyable. Avocate de la défense, elle représente les criminels, des plus violents jusqu’à ceux suspectés de simple fraude. Son objectif est de faire presque tout ce qui lui est possible pour gagner leur liberté. De plus, chaque année, Annalise sélectionne un groupe d’élèves, qui se révèlent être les plus intelligents et les plus prometteurs, à venir travailler dans son cabinet. Car apprendre auprès d’Annalise est l’occasion d’une vie, celle qui peut tout changer pour ces étudiants, et cela pour toujours. C’est exactement ce qui se produit lorsqu’ils se retrouvent impliqués dans un assassinat qui fera vibrer toute l’université…

A la tête d’un empire sériel de plus en plus conséquent (Grey’s Anatomy, Scandal), Shonda Rhimes a ajouté depuis septembre 2014 une nouvelle pierre à un édifice qui a fière allure et qui lui vaut une soirée dédiée à ses séries sur ABC le jeudi soir : How to get away with a murder. Amputé de la quasi totalité de son titre, Murder débarque sur M6 ce mardi 30 juin en prime-time, avant, dès le lendemain, puis chaque mercredi, d’être diffusé aux alentours de 23h. Après avoir apposé des touches de modernité à des genres aussi distincts que la série médicale et politique, la voici qui applique sa recette on ne peut plus efficace à la série judiciaire. Et ça fonctionne d’autant mieux que Shonda Rhimes sait tirer les bonnes ficelles pour rendre le téléspectateur totalement dépendant à des intrigues parfois tirées par les cheveux, mais qui, si on s’y laisse prendre, apportent leur lot de surprises et d’adrénaline.

Si les séries de Shonda Rhimes marchent aussi bien c’est aussi parce qu’elle sait être audacieuse dans les limites de ce qu’un network comme ABC permet et que ses shows sont en phase avec les questions socio-politiques chères à l’Amérique contemporaine tout en y glissant un sens aigu de la culture populaire. Créée par Peter Nowalk, l’un de ses collaborateurs, Murder est un excellent résumé de la façon dont Shonda Rhimes conçoit ses programmes, à savoir en y mixant un sens du rythme échevelé à une myriade de cliffhangers souvent bluffants.

Autre immense qualité des séries estampillées Shonda Rhimes c’est d’offrir à des comédiennes des rôles de femmes fortes, pugnaces, maîtresses de leur destin. C’était déjà le cas dans une moindre mesure avec les femmes médecins de Grey’s Anatomy ou de Private Practice, mais avec Olivia Pope (Scandal) ou ici Annalise Keating c’est une tendance qui s’affirme que de centrer les histoires sur des héroïnes aux caractères bien trempés, à l’ambition dévorante et jouissant de postes à hautes responsabilités qui leur confèrent une grande liberté et une vraie modernité. Il y a également en commun chez les héroïnes de ces séries de souvent porter un masque de fierté et de dureté en apparence, mais de bénéficier pourtant d’un cœur bien plus tendre qu’il n’y parait ainsi que de traumas divers qui leur donnent une certaine complexité psychologique passionnante à explorer.

Comme c’est le cas dans Scandal avec Kerry Washington, Shonda Rhimes a choisi une actrice avec beaucoup de charisme. Viola Davis (La couleur des sentiments, Hacker…) déploie une palette de jeu très variée et son autorité naturelle n’élude jamais les fêlures qui semblent l’assaillir. Elle est remarquable et fait pour beaucoup dans la réussite de la série. Elle est entourée de jeunes comédiens plus standardisés mais néanmoins intéressants, même si la caractérisation des personnages secondaires s’avère bien plus stéréotypée.

Appuyé par un montage sec et syncopé, Murder est traversée par une énergie qui ne plaira pas à tout le monde. Et comme beaucoup de pistes scénaristiques sont ouvertes sans trouver de résolution immédiate, il y a fort à parier que certains se lasseront rapidement d’une série qui est constamment force de proposition sans prendre vraiment le temps de se poser. Bénéficiant de scénarios rocambolesques mais vraiment bien ficelés, Murder parvient pourtant à nous faire croire à l’invraisemblable, en utilisant le procédé des flashforwards qui avait déjà fait ses preuves dans Damages. Si la série n’a pas la finesse de celle avec Glenn Close, il s’en dégage malgré tout une véritable atmosphère propice à séduire le plus grand nombre. En prouvant à nouveau sa capacité à embrasser avec virtuosité des high concept, Shonda Rhimes signe avec Murder une série redoutable d’efficacité qui devra parvenir à ne pas rester engluer dans un pitch initial brillant mais dont on voit mal les possibilités d’évolution. A Shonda Rhimes de nous montrer que notre scepticisme est infondé!

 

Crédits: M6/ABC

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