Critiques Cinéma

LE MONDE PERDU: JURASSIC PARK (Critique)

5 STARS CHEF D'OEUVRE

LE MONDE PERDU AFFICHESYNOPSIS: Quatre ans après le terrible fiasco de son Jurassic Park, le milliardaire John Hammond rappelle le Dr Ian Malcolm pour l’informer de son nouveau projet. Sur une île déserte, voisine du parc, vivent en liberté des centaines de dinosaures de toutes tailles et de toutes espèces. Ce sont des descendants des animaux clônes en laboratoire. D’abord réticent, Ian se décide à rejoindre le docteur quand il apprend que sa fiancée fait partie de l’expédition scientifique. Il ignore qu’une autre expédition qui n’a pas les mêmes buts est également en route.

Il est rare qu’à Hollywood, un carton au box office ne soit pas suivi d’une suite. Surtout quand ce carton est historique comme Jurassic Park. Et, pour la première fois de sa carrière, c’est Spielberg en personne qui se colle à donner une suite à l’une des ses œuvres (Indiana Jones est une trilogie, mais c’est autant un film de Spielberg que de Lucas). Jurassic Park est sorti depuis quatre ans quand Le Monde Perdu débarque sur les écrans. Entre temps, Steven Spielberg a créé son petit studio, Dreamworks, remporté 8 oscars pour La Liste de Schindler (tournage pendant lequel il terminait le montage de Jurassic Park, soit dit en passant), et convaincu Michael Crichton de donner une suite à son best-seller, afin de puiser des idées pour un nouvel opus sur grand écran. The Lost World, le livre, sortira en 1995, et fourmillera de nouvelle trouvailles. Il en résultera une histoire qui parle toujours de dinosaures, mais qui inverse le principe de départ : dans Le Monde Perdu (référence au classique littéraire de Sir Arthur Conan Doyle du même nom, paru en 1912), ce sont les hommes qui débarquent sur l’île des dinosaures, et non ceux-ci qui sont enfermés dans un zoo géant. Plus adulte, Le Monde Perdu est aussi plus désenchanté que Jurassic Park. John Hammond n’est plus le jovial milliardaire habité par un rêve d’enfant, mais le prisonnier d’intérêts financiers qui veulent s’approprier sa plus grande œuvre. Les dinosaures, toujours superbement montrés comme des animaux, et non comme des monstres, sont harcelés sans vergogne par des chasseurs équipés des dernières technologies. L’ambiance est certes toujours boueuse et pluvieuse, mais aussi plus sombre. Les dinosaures n’émerveillent plus, ils font peur, et le plus grand danger n’est pas l’inconséquence des hommes à vouloir dompter la Nature, mais leur folie de vouloir l’exploiter pour le pur profit. 

le monde perdu 1Exit les docteurs Grant et Settler, piliers du premier épisode : c’est désormais le cynique Ian Malcolm qui mène la danse. Traumatisé depuis la déroute d’Isla Nublar, il est traité de fou par l’opinion publique. L’époque est au complot, à la paranoïa, et tout le film traitera de cette défiance que les hommes ont les uns des autres : les scientifiques face aux chasseurs, les saboteurs face à la multinationale, le rêve utopique face au pouvoir de l’argent. Si le film a du fond, il a surtout de la forme. Portant toujours la mise en scène à des niveaux stratosphériques, Spielberg joue de son montage, encore plus maitrisé peut-être que dans Jurassic Park. Le cri d’une petite fille attaquée par des bébés dinosaures se perd dans un bâillement intempestif de Ian Malcolm posté dans le métro devant une affiche d’île paradisiaque. Dès les premières scènes, le spectateur est prévenu, Jurassic Park était un film ennuyeux : des attaques de dinosaures telle qu’on en a vues n’ont plus leur place ici. En effet, le bestiaire est multiplié, les scènes d’action sont soignée, millimétrées. Le bâillement de Ian Malcolm sur un décor de plage de sable fin et de ciel bleu rappelle évidemment l’île du premier opus : on comprend immédiatement qu’on ne se prendra plus autant au sérieux, à l’image d’un personnage principal désabusé, sorte de Cassandre qui se retrouvera perdu au milieu même du danger qu’il annonce vainement : les dinosaures déchainés. Le Monde Perdu est plus drôle et plus dynamique que son auguste prédécesseur. L’action, une fois démarrée, ne souffre d’aucune pause. Les scènes s’enchainent avec toujours autant de fluidité, mais sans temps mort contemplatif sur la beauté de la vie, qui trouve toujours un chemin. Pas besoin de s’ébaudir face aux merveilles de la génétique : c’est un jeu de prédateur et de proies qui s’engage, une fois dans un sens, une fois dans l’autre. Les chasseurs sont chassés, et inversement. Jusqu’à un final dantesque, rappelant les Godzilla et King Kong des années 50, où un T-Rex est lâché en plein centre ville de San Diego. Spielberg fait plaisir à l’enfant qu’il est toujours, et ne nous oublie pas en route. Jurassic Park impressionnait par sa technologie, la puissance de son histoire. Le Monde Perdu se joue des références dont il hérite, au service du spectateur. C’est LE film pop-corn de 1997, seulement battu au box office par le raz de marée Titanic. Un classique, que l’on oublie trop souvent de regarder, à cause de son illustre devancier. Si ce n’est pas fait, à rattraper d’urgence.

 

LE MONDE PERDU AFFICHETitre Original: THE LOST WORLD: JURASSIC PARK

Réalisé par: Steven Spielberg

Casting: Sir Richard Attenborough, Jeff Goldblum, Pete Postlethwaite,

Arliss Howard, Julianne Moore, Vince Vaughn…

Genre: Aventure, Fantastique

Sortie le: 22 octobre 1997

Distribué par: United International Pictures (UIP)

5 STARS CHEF D'OEUVRECHEF-D’ŒUVRE

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