Critiques Cinéma

CARTEL (Critique)

3 STARS BIEN

cartel affiche française

Le tweet de sortie de projo:

tweet cartel

SYNOPSIS: La descente aux enfers d’un avocat pénal, attiré par l’excitation, le danger et l’argent facile du trafic de drogues à la frontière américano-mexicaine. Il découvre qu’une décision trop vite prise peut le faire plonger dans une spirale infernale, aux conséquences fatales.

Depuis l’annonce du projet, de ce casting de rêve et de cet attelage somptueux en coulisses, Cartel faisait fantasmer toute la planète ciné. Après son Prometheus qui avait fait de nombreux sceptiques malgré ses indéniables qualités, Ridley Scott revenant aux affaires avec un thriller de haut vol sur un scénario original écrit par le romancier Cormac McCarthy (à l’origine du No Country for Old Men des Frères Coen), il faut bien dire que ça avait de la gueule. Et si le film est par moments extrêmement brillant et fait la part belle à des dialogues somptueux, c’est aussi disons le, très alambiqué et difficilement accessible à un public plus habitué à ce qu’on lui simplifie la tâche avec des blockbusters boursouflés. Par ailleurs, le rythme lancinant et le caractère relativement froid de Cartel en font un objet particulier mais assez fascinant si on s’y laisse prendre.

CARTEL 1

Si on se laisse aller dans la toile de ce script tortueux, il y a vraiment matière à y trouver son bonheur car Cormac McCarthy livre une histoire très audacieuse qui évite les poncifs d’un énième récit de gangsters et propose une variation autour d’une manipulation très complexe. Prenant pour cadre un univers où la richesse la dispute à l’opulence, Cartel distille également un humour très fin, très second degré, qui tranche avec la noirceur du propos. Une photographie très lumineuse, très clinquante à certains moments qui contraste avec d’autres où l’image est plus granuleuse, plus en clair-obscur rappelant par instants l’atmosphère plastique d’un film comme Traffic, concourent à donner au film une identité visuelle très travaillée. La photographie due au travail de Dariusz Wolski et en parfaite concordance avec la mise en scène de Ridley Scott, confèrent à Cartel un supplément d’âme qui fait que le film développe sa propre personnalité complètement assumée.

CARTEL 2

Mais au fil d’une intrigue très alambiquée, le film a le défaut de nous perdre en circonvolutions philosophiques et se retrouve nimbé dans un récit dont la trame narrative est très compliquée à suivre. Très voire trop littéraire et délivrant des scènes décalées à la violence esthétisante, on se retrouve parfois à réfléchir à une séquence alors que l’on est déjà passé à la suivante. Malgré la pression qui monte petit à petit et la tension qui s’installe, difficile de prendre véritablement du plaisir à se triturer les méninges de la sorte. Car Cartel n’est pas un film facile à aimer, sa noirceur prenant souvent le pas sur un confort auquel le public est plus souvent habitué (d’où sans doute le violent rejet du film aux USA). Scott assure pourtant en terme de réalisation qui bénéficie d’une vraie élégance (que l’on retrouve également dans des costumes impeccables), mais le côté abrupt et malsain du film en laissera plus d’un sur le bord de la route.

CARTEL 3

Et est-ce que le casting permet alors de se raccrocher aux wagons? Pas vraiment, même si les acteurs sont très bons, mais la présence de certains est parfois réduite à la portion congrue (les seconds rôles interprétés par d’excellents acteurs comme Dean Norris en font notamment les frais). Si Michael Fassbender n’est clairement pas le plus convaincant , si Javier Bardem est parfait, tout comme Brad Pitt avec son look de cow-boy, c’est Cameron Diaz qui tire la couverture à elle dans un rôle incroyable où elle n’hésite pas à faire preuve de beaucoup d’audace. Cartel est donc une expérience assez aride, visuellement splendide, mais dont la profusion de longues séquences dialoguées qui peuvent faire penser au Cogan de Andrew Dominik pourra déstabiliser. Reste par exemple cette scène du poisson-chat, qui à elle seule prouve que Cartel est un film atypique qui sous son apparat classique est d’une furieuse modernité qui tantôt nous échappe ou nous agrippe.

cartel affiche mini

Titre original: THE COUNSELOR

Réalisé par: Ridley Scott

Casting: Michael Fassbender, Penelope Cruz, Cameron Diaz,

Javier Bardem, Brad Pitt, Dean Norris…

Genre: Drame, Policier, Thriller

Sortie le: 13/11/2013

Distribué par :Twentieth Century Fox France

3 STARS BIENBIEN

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6 réponses »

  1. Je ne veux pas entrer dans un débat sans fin mais pour moi le style d’écriture du scénario n’est pas adaptée pour le cinéma, tout simplement.

    Pour ma part, j’apprécie les blockbusters et pour autant je peux également apprécier l’écriture d’un Alabama Monroe ou d’un Inside Llewyn Davis.
    Maintenant, quand je ne parviens pas à comprendre les différents éléments de l’intrigue ou le rôle des personnages dans celle-ci, ce n’est pas forcément que je suis trop habitué à ce qu’on me simplifie la tâche; mais peut-être plus simplement que le rendu n’est pas clair du tout…

    • Oh tout doux 🙂 Je comprends très bien qu’on puisse ne pas aimer le film et je m’inclue dedans, mon avis, étant je pense, tempéré! Ta remarque concernant les blockbusters m’étonne car tu sais très bien que je les apprécie tout autant! Ce que j’ai voulu souligner peut être maladroitement c’est que le grand public est habitué à des récits linéaires et simplistes et que un scénario ultra littéraire comme celui-ci est sans doute plus difficile d’accès. Nulle attitude hautaine de ma part. Mais que tu ais trouvé ça flou et incompréhensible ne veut pas dire pour autant que c’est un mauvais film, car heureusement il y a plusieurs vérités et ni toi, ni moi, ne la détenons!

      • oui aucun souci;)! La comparaison avec les blockbusters vient pour ma part que ce film promettait par son casting une approche beaucoup plus populaire ce qui au final n’est pas du tout le cas!: Et oui on nous facilite la tâche avec des histoires simplistes mais ce n’est pas pour ça que je ne les apprécie pas au contraire, seulement comme toi, j’aime aussi parfois plus d’exigence, même si le risque de se perdre est bien plus important!

  2. ah ben moi, hein, je ne veux pas entrer dans le débat, mais je sais déjà que je ne vais pas aimer ce film. J’me suis déjà fait chier comme un rat mort devant Trafic…et devant No country for old men, alors, v’savez… ^^

  3. Ho non, Trafic et No country for old men sont de très bons films. A l’inverse de celui là, beaucoup trop dialogués et au rythme difficile. Les personnages sont peu approfondis et il est difficile de se prendre d’émotions pour ce récit nihiliste qui perturbe par son fatalisme. J’explique tout cela ici http://bit.ly/1bdMMrc en approfondissant tout cela. Bien joué ta critique.

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