Critiques Cinéma

SKYFALL (Critique) *****

SYNOPSIS: Lorsque la dernière mission de Bond tourne mal, plusieurs agents infiltrés se retrouvent exposés dans le monde entier. Le MI6 est attaqué, et M est obligée de relocaliser l’Agence. Ces événements ébranlent son autorité, et elle est remise en cause par Mallory, le nouveau président de l’ISC, le comité chargé du renseignement et de la sécurité. Le MI6 est à présent sous le coup d’une double menace, intérieure et extérieure. Il ne reste à M qu’un seul allié de confiance vers qui se tourner : Bond. Plus que jamais, 007 va devoir agir dans l’ombre. Avec l’aide d’Eve, un agent de terrain, il se lance sur la piste du mystérieux Silva, dont il doit identifier coûte que coûte l’objectif secret et mortel…

Après avoir ramené la saga sur des cimes d’où elle pouvait contempler l’avenir avec sérénité grâce au Casino Royale de Martin Campbell, Marc Forster et son Quantum Of Solace lui avaient fait perdre une grande partie du crédit qu’elle avait regagnée, la faute à un film bancal et aux séquences d’action sur-découpées qui avaient achevées les yeux les plus aguerris. En rebootant la saga avec Daniel Craig dans la peau d’un nouveau 007 et en ne faisant plus simplement appel aux manettes à de vulgaires faiseurs, mais à des metteurs en scène avec un vrai univers et un vrai regard, les exécutifs de la franchise poursuivent aujourd’hui leur opération de reconstruction avec la sortie de Skyfall, 23 ème Bond du nom en forme de cadeau d’anniversaire pour les 50 ans de l’agent secret. Un 007 qui entre modernité et classicisme n’a jamais paru aussi jeune, dans un film qui se permet un nouveau regard sur un personnage que l’on pensait connaitre par cœur mais que l’on redécouvre totalement.

En faisant appel aux talents de Sam Mendes, le réalisateur oscarisé à la carrière atypique (American Beauty, Les sentiers de la perdition, Les noces rebelles…), on pouvait nourrir des doutes sur la pertinence d’un tel choix, tant le metteur en scène anglais semblait éloigné des blockbusters d’action, mais au vu du résultat, on voit qu’il a tout compris du personnage et de son univers et si sa réalisation est littéralement somptueuse, elle est l’illustration à la fois d’un scénario malin et d’une photo sublime assurée par Roger Deakins.  Le script sous ses dehors simplistes, se permet d’explorer des territoires nouveaux mais surtout il déconstruit le mythe de James Bond pour mieux le reconstruire, le fruit d’un travail précis sur la psychologie du personnage. Car si les enjeux même de l’histoire d’espionnage n’ont que peu d’importance, tout ce qui se rapporte à Bond ou à M s’avère ici prépondérant. Ils deviennent des personnages plus humains dont le background est fouillé, travaillé et sur lequel s’appuient les auteurs pour faire avancer leur histoire. Ils ne sont plus des éléments noyés dans un cahier des charges et qui assurent leur quota de présence, ils sont les catalyseurs d’un scénario qui prend ses personnages principaux à hauteur d’homme et qui les rend faillibles pour mieux rebondir et conférer à l’histoire une dimension mythologique forte.

Passé la séquence pré-générique qui place parfaitement le film en orbite, on découvre donc un Bond nouveau, qui tout au long des 2H23 de projection doit faire face à des démons tels que la trahison, la solitude, l’abandon…Si l’on explore ici des territoires peu fréquentés par la franchise habituellement, c’est tout à l’honneur des scénaristes de nous démythifier notre héros pour en faire une figure déstabilisée. Parallèlement à cela, M en prend également pour son grade, son statut étant écorné à de multiples reprises au travers de répliques réjouissantes sur son âge ou sa supposée ringardise. La grande force de Skyfall, outre sa réussite formelle flamboyante, c’est de jouer avec la saga en parsemant le film de clins d’œil sur toutes les époques, de s’amuser avec ses codes tout en les intégrant parfaitement à la dramaturgie. On n’est jamais dans la fanfaronnade ou la parodie, juste dans de plus ou moins subtiles références qui raviront les fans.

James Bond c’est quoi qu’il en soit des passages obligés et des figures imposées, quel que soit le traitement qui lui soit appliqué. Un générique somptueux interprété par une Adèle à la voix de velours, des scènes d’action spectaculaires qui sont bien là mais qui ne prédominent pas comme par le passé n’ayant pas à cacher la vacuité d’une histoire… Le film prend le temps de creuser son sillon, ce qui le conduit d’ailleurs à une baisse de régime au milieu du parcours, la faute à quelques longueurs superflues. Rien de rédhibitoire, mais suffisant pour que le film ne soit pas parfait. Et pourtant, dévidant sa bobine de fil jusqu’à un final saisissant, Skyfall démonte les codes et les us et coutumes de l’espion anglais pour mieux les recréer avec une maitrise confondante. Plus réussi est le méchant, plus réussi sera le film disait Hitchcock et la doctrine du Maître s’applique parfaitement ici. Javier Bardem campe un bad guy formidable, charismatique et d’une implacable dureté. On lui pardonnera un jeu parfois légèrement outrancier tant il semble habité par son personnage. Les James Bond Girls Bérénice Marlohe et Naomie Harris ont une présence plus anecdotique que réellement prépondérante (quoique…) et Ralph Fiennes et Albert Finney ont des seconds rôles vraiment réjouissants à défendre. Daniel Craig quand à lui est bien sûr absolument parfait. D’une classe folle, d’une animalité et d’une puissance incroyables, il confirme qu’il est le meilleur James Bond possible, aussi à l’aise dans l’action que subtil dans sa palette de jeu. Il a en face de lui une partenaire incroyable, Judi Dench, véritable James Bond Girl pour l’occasion et doté d’un tempérament de feu. Outre le fait que Skyfall s’impose comme l’un des tous meilleurs Bond, c’est surtout un grand film tout simplement. James Bond will return peut t-on lire au générique de fin. En effet, il y a intérêt!

SKYFALL DE SAM MENDES, AVEC DANIEL CRAIG, JUDI DENCH, JAVIER BARDEM, BERENICE MARLOHE, NAOMIE HARRIS, RALPH FIENNES, ALBERT FINNEY, BEN WHISHAW…SORTIE LE 26 OCTOBRE 2012

DISTRIBUE PAR SONY PICTURES RELEASING FRANCE

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6 réponses »

  1. très bonne critique, Jes suis d’accord sur tous les points, sauf un élément génant: pas d’info sur la façon dont Bond s’en sort après sa chute du train

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