Critiques Cinéma

DU VENT DANS MES MOLLETS (Critique)

SYNOPSIS: Prise en sandwich entre des parents qui la gavent d’amour et de boulettes, Rachel, 9 ans, compte les minutes qui la séparent de la liberté. Jusqu’au jour où son chemin croise celui de l’intrépide Valérie.

C’est parfois lorsqu’on s’y attend le moins qu’un film parvient à nous cueillir. A nous laisser ce sentiment que les meilleures choses se cachent parfois derrière les histoires les plus simples, sous l’écorce d’un récit qui, loin de faire montre d’apparat, révèle une sensibilité peu commune. Du vent dans mes mollets, adapté du roman éponyme de Raphaële Moussafir, c’est du cinéma loin de tout cynisme, qui se frotte à l’amour, à l’amitié, à l’enfance, à la famille, bref, à la complexité des rapports humains, aux liens intimes que l’on noue et qui quelque part s’impriment en nous pour toujours. Jamais ici on ne se sent obligé de nous seriner que la vie est dure, difficile, exigeante, jamais l’on ne va voir le film verser dans le pathos. Car Du vent dans mes mollets charrie l’innocence de la jeunesse dans ses gênes, c’est ce qui fait palpiter le film, ce qui lui confère sa beauté, sa douceur, sa fraicheur, en un mot, sa spécificité. Par le truchement des regards de ces deux petites filles qui vont s’apprivoiser l’une l’autre, se nourrir mutuellement de leur personnalité propre, on assiste à leur éveil à la vie, la vie sous toutes ses formes. Et de la tentative pour leurs parents de revenir à l’innocence qu’ils ont perdue en chemin vers leur vie d’adultes.

Transposée dans les années 80, l’histoire ajoute le capital nostalgie à l’énorme empathie qui se dégage de l’ensemble, et permet au film de tutoyer des sommets d’émotion sans pour autant que le scénario soit didactique. Au contraire, chacun a le libre arbitre d’y puiser de sa propre expérience, de s’y retrouver, de s’y perdre même, le sourire aux lèvres, les larmes au bord du cœur, à se souvenir comment c’était pour nous… Comment, à l’instar de Rachel et Valérie, on montait entre amis nous aussi des petits sketches que l’on présentait aux parents, comment en classe, on subissait une réprimande pour bavardage intempestif alors que c’est son voisin qui parlait, comment notre mère nous surprotégeait… Mille et un détails aussi pour croquer la vie des années 80, le générique de Dallas chanté à tue-tête, l’effaceur d’encre qu’on utilise à mauvais escient, le Goldorak au nombre des cadeaux cultes, le tout sur fond d’arrivée des socialistes au pouvoir…

La mise en scène de Carine Tardieu (La tête de maman) est conforme à son propos, fraiche et douce sans se déparer d’élégance. Son film est servi par un merveilleux casting, d’où bien sûr émergent les deux fillettes, Juliette Gombert et Anna Lemarchand qui démontrent une palette de jeu étonnamment mature pour leur âge. Autour d’elles, les adultes sont tout aussi formidables, de Agnès Jaoui en maman poule qui se laisse aller à Isabelle Carré en mère divorcée en passant par un Denis Podalydès drôle et touchant. Ajoutez-y Judith Magre et Isabella Rossellini dans de très jolis rôles périphériques et vous obtenez un film rempli de poésie et de tendresse. Plus qu’une belle surprise, un vrai beau film!

Titre Original: DU VENT DANS MES MOLLETS

Réalisé par: Carine Tardieu

Casting : Juliette Gombert, Anna Lemarchand, Agnès Jaoui

Genre: Comédie

Sortie le : 22 août 2012

Distribué par:  Gaumont Distribution

EXCELLENT

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