Critiques Cinéma

WEDDING NIGHTMARE : DEUXIÈME PARTIE (Critique)

SYNOPSIS : Peu après avoir échappé à l’attaque sans merci de la famille Le Domas, Grace découvre qu’elle vient d’atteindre un nouveau niveau dans ce jeu cauchemardesque – et elle aura à ses côtés sa sœur dont elle s’était éloignée, Faith. Elle n’aura qu’une seule chance pour à la fois survivre, protéger sa sœur et revendiquer le Haut Siège du Conseil qui gouverne le monde. Cette fois, quatre familles rivales la traquent pour s’emparer du trône, et celle qui l’emportera aura le pouvoir absolu.

Sorti en 2019 (que le temps passe vite…), Wedding Nightmare avait été une excellente surprise : un petit bonbon horrifique aussi drôle que brutal, porté par une Samara Weaving absolument irrésistible. Sans grandes attentes à l’époque, le film avait su séduire grâce à son concept déjanté et une montée en puissance jubilatoire, jusqu’à un final aussi excessif que mémorable. C’est donc avec autant de curiosité que de scepticisme que l’on a accueilli cette suite en 2026. Le premier film se suffisait à lui-même ; fallait-il vraiment y revenir ? Pourtant, cette deuxième partie fait un choix radical : reprendre exactement là où tout s’était arrêté (c’est une deuxième partie au sens propre et non une façon de parler, nous reprenons les évènements à la seconde où s’était terminé le premier film), comme pour mieux prolonger le cauchemar.

Cette suite assume pleinement son statut : elle ne cherche pas à réinventer la formule, mais à approfondir la mythologie introduite précédemment. Car non, l’éradication de la famille sataniste n’était pas aussi totale qu’on aurait pu le croire. Le film développe ainsi cet univers avec une certaine cohérence, relançant les enjeux autour de la survie de Grace. Bien sûr, l’effet de surprise du premier opus ne peut être reproduit, mais le film compense en misant sur une mécanique bien huilée : un savant mélange d’humour noir, de tension, de scènes de mise à mort plus ou moins inventives et de situations absurdes. Le rythme est soutenu, et l’ensemble fonctionne suffisamment bien pour maintenir l’attention du spectateur. L’une des principales nouveautés réside dans l’introduction de Faith, la sœur de Grace, interprétée par Kathryn Newton. Ce personnage permet d’explorer un pan du passé resté dans l’ombre et d’apporter une dynamique différente. Leur relation conflictuelle devient progressivement un moteur narratif, les obligeant à dépasser leurs différends pour survivre. Si cette idée est un peu un prétexte, on peut y voir de la pertinence même si son traitement reste parfois un peu convenu voire légèrement ennuyeux.

Le film peut également compter sur un casting particulièrement riche. Face aux deux sœurs, une galerie d’adversaires charismatiques vient étoffer l’intrigue. On retrouve notamment Sarah Michelle Gellar, toujours aussi plaisante à voir à l’écran (surtout depuis l’annonce de l’annulation de Buffy : New Sunnydale), Shawn Hatosy (que nous avions connu dans Southland et que nous aimons revoir dans The Pitt), Néstor Carbonell (inoubliable pour son rôle de Richard dans Lost, ou dans Bates Motel), ou encore Elijah Wood, qui propose ici une interprétation plus subtile et en décalage avec le reste de la distribution de par la posture particulière qu’il doit tenir. Tous participent à créer une galerie de personnages prêts à tout pour accéder au pouvoir, quitte à sacrifier celle qui a survécu. Malgré cette richesse, le film n’échappe pas à quelques faiblesses. Les échanges entre Grace et sa sœur peuvent sembler redondants, et leur relation, bien que centrale, n’est pas toujours aussi captivante qu’espéré. De plus, l’absence d’effet de surprise, inévitable pour une suite, atténue légèrement l’impact global. Mais ces réserves n’empêchent pas le film de remplir son contrat. Il ne trahit jamais l’esprit du premier et parvient même à justifier son existence, ce qui n’était pas gagné d’avance. L’ensemble est généreux, rythmé, souvent drôle, et parfois même étonnant. Et surtout, Samara Weaving confirme une nouvelle fois tout son talent. Elle livre une performance nuancée, capable d’exprimer une large palette d’émotions, y compris dans les moments où son personnage est réduit au silence. Une présence qui, à elle seule, suffit à porter une grande partie du film.

Sans atteindre la claque du premier opus, ce Wedding Nightmare 2 s’impose comme une suite solide et efficace. Moins surprenant, mais toujours aussi ludique, il prolonge intelligemment l’univers sans donner l’impression d’être superflu. Porté par un casting investi et une héroïne toujours aussi charismatique, le film offre un divertissement dense qui devrait largement satisfaire les fans. Une bouffée d’air frais bienvenue, même si la magie de la découverte, elle, ne se produit qu’une seule fois.

Titre original : READY OR NOT 2 : HERE I COME

Réalisé par: Matt Bettinelli-Olpin, Tyler Gillett

Casting: Samara Weaving, Kathryn Newton, Sarah Michelle Gellar …

Genre: Epouvante-Horreur, Thriller

Sortie le: 8 avril 2026

Distribué par : The Walt Disney Company France

TRÈS BIEN

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