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SYNOPSIS : Une jeune femme, Macy, lutte pour survivre après avoir été enlevée par une créature monstrueuse bien décidée à l’élever comme sa propre enfant.
Réalisé par Rod Blackhurst (Blood for Dust et Night Swim), ce long-métrage se présente comme un hommage revendiqué et crasseux aux slasher grindhouse des années 1970, en particulier Massacre à la tronçonneuse (Tobe Hooper). Produit par IFC Films et la plateforme internationale horrifique Shudder, Dolly est le genre de film qui ravira instantanément les amateurs de film d’horreur, un slasher rétro qui mise tout sur le viscéral. Le scénario écrit par Rod Blackhurst et Brandon Weavil est plutôt squelettique. L’intrigue est d’une simplicité consternante : un couple de randonneurs, Macy (Fabianne Therese) et Chase (Seann William Scott), s’aventure trop loin dans les bois du Tennessee. Ils tombent alors sur une clairière entourée de poupées brisées, puis sur Dolly elle-même (Max the Impaler). Doté d’une silhouette massive, masquée d’une tête de poupée en porcelaine fissurée avec une expression figée et terrifiante, Dolly ne parle pas, elle veut un enfant, elle l’enlève et elle punit, son rôle s’arrête à ça.
Là où le film se distingue, c’est dans son refus total de donner des explications sur le passé de Dolly ou encore d’expliquer ses défaillances psychologiques. Il n’y a pas de traumatisme expliqué en flash-back, pas de monologue, juste de la brutalité pure et dure. Dolly est une force de la nature dérangée, un monstre qui agit par pur instinct. Cette économie narrative est à double tranchant d’un côté elle donne au film une urgence viscérale, on ne perd pas de temps, de l’autre elle prive aussi le spectateur de toute une profondeur thématique.

Tourné avec des rayures volontaires et une photographie qui sent la pellicule usée, Dolly refuse toute sophistication moderne pour plonger tête la première dans une esthétique sale, brute et sans concessions. Les décors sont plutôt basiques : une forêt, un bout de maison et on a fait le tour. En revanche, l’une des belles réussites c’est le masque en porcelaine que porte Dolly. Il contient des fissures et son œil manquant, fonctionne parfaitement, il n’est pas réalisé avec des effets visuels, c’est un objet artisanal, imparfait, qui renforce l’impression d’un film fait main. Cela peut parfois nous faire penser à Art le Clown (Terrifier), mais Dolly est moins théâtrale, plus animale, plus silencieuse. C’est une tueuse qui ne performe pas pour un public : elle vit sa démence. Et c’est là, le vrai atout du film c’est la présence physique et la gestuelle de Max the Impaler. Sans dialogue intelligible, avec seulement des grognements, des respirations rauques et des mouvements d’une précision troublante, il transforme ce qui aurait pu être un tueur lambda en figure iconique potentielle. Quand Dolly caresse les cheveux de Macy comme on console un enfant, ou quand elle ajuste une robe déchirée sur un corps encore chaud, on sent une horreur qui dépasse le simple gore. Face à Dolly, on retrouve une habituée des seconds rôles, mais qui explose ici véritablement, Fabianne Therese. Elle passe de la terreur contenue à une rage animale crédible, et sa performance physique dans les scènes finales est impressionnante. Même Seann William Scott, souvent cantonné à des rôles comiques, surprend en jouant la vulnérabilité sans caricature. En revanche les personnages secondaires (Ethan Suplee et Kate Cobb) sont trop peu utilisés et presque décoratifs.
Dolly souffre du syndrome classique du « trop fidèle ». En effet Rod Blackhurst admire tellement Massacre à la tronçonneuse qu’il en oublie de créer quelque chose qui lui appartienne vraiment. Un manque d’originalité et de substance qui reste malheureusement trop proche de son modèle. Il n’en reste pas moins efficace dans ce qu’il veut être, c’est-à-dire un hommage sans complexe à une époque où l’horreur ne s’excusait pas d’être sans raison et violente. Avec un style et une énergie brute, il délivre du gore généreux, filmé en gros plans sans filtre avec des meurtres brutaux, charnus, et des craquements d’os qui rappellent les meilleurs moments du cinéma d’exploitation des années 70.

Titre original : DOLLY
Réalisé par: Rod Blackhurst
Casting: Fabianne Therese, Seann William Scott, Ethan Suplee …
Genre: Epouvante – Horreur
Sortie le: 1er avril 2026
Distribué par : ESC Films
TRÈS BIEN
Catégories :Critiques Cinéma, Les années 2020








































































































































