Critiques Cinéma

LUPIN THE IIIRD THE MOVIE : LA LIGNÉE ÉTERNELLE (Critique)

SYNOPSIS : Lupin III et ses compagnons se dirigent vers la mer des Bermudes, à la recherche d’une « île mystérieuse » absente de toutes les cartes du monde. Leur objectif : découvrir l’identité du cerveau qui envoie des assassins à leurs trousses, et mettre la main sur son immense trésor. Mais alors qu’ils approchent de leur destination, leur avion est pris pour cible par des snipers et s’écrase sur l’île de la mort.

Depuis sa création en 1967 par Kazuhiko Kato (sous le pseudonyme de Monkey Punch), Lupin III est l’une des franchises les plus durables et influentes de l’animation japonaise. De la série télévisée aux films devenus cultes (The Castle of Cagliostro, The Mystery of Mamo), le maître cambrioleur a traversé les décennies en se réinventant. Lupin the IIIrd, The Immortal Bloodline marque ici un moment charnière de cette saga, en effet il s’agit du premier long métrage qui adopte une animation traditionnelle en 2D depuis près de 30 ans (Dead or Alive en 1996). Ici, le film est présenté comme le chapitre définitif du réalisateur Takeshi Koike dans l’univers Lupin III, concluant ainsi une décennie autour de son personnage fétiche.

L’histoire place Lupin et sa bande, Daisuke Jigen, Goemon Ishikawa, Fujiko Mine ainsi que l’inspecteur Zenigata dans une aventure imprévisible : après avoir reçu une mystérieuse invitation, ils se rendent sur une île inconnue, où leur avion est abattu. Sur place, ils doivent survivre face à des habitants hostiles, d’anciens ennemis et face à une menace surnaturelle incarnée par une entité immortelle nommée Muom. Contrairement aux autres films, la quête d’un trésor se transforme ici progressivement en exploration où il est plutôt question d’une quête d’identité pour Lupin qui va rechercher son héritage, explorant des thèmes rarement aussi explicites dans la saga comme la famille et la mortalité. Une véritable confrontation entre fiction et réalité. Cette métaphore narrative s’inscrit dans une réflexion sur l’existence des mythes et sur la manière dont les récits façonnent les identités culturelles. Cette évolution, bien intégrée à l’intrigue, permet de renouveler le regard sur Lupin, il ne s’agit plus simplement d’une série d’exploits, mais bien d’une quête identitaire. Malgré ce changement de cap, notre héros conserve sa personnalité acquise depuis Le château de Cagliostro (Hayao Miyazaki -1979), c’est-à-dire charismatique, audacieux, cynique et imprévisible. Mais, ce n’est plus seulement le voleur enjôleur de toujours, il est plus réfléchi, c’est un homme confronté à une force surhumaine voire inhumaine, qui le pousse dans ses retranchements.

La présence d’un antagoniste insaisissable introduit un questionnement sur la mort. Ce n’est pas seulement Lupin qui doit survivre physiquement, mais c’est aussi symboliquement son propre mythe. Cela donne au film une dimension qui n’est pas fréquente dans les films de la franchise. Lupin est confronté à l’idée que toute légende finit par devenir une contrainte, la liberté ne peut-être qu’une illusion si elle n’est pas figée dans le souvenir collectif. Les compagnons Jigen, Goemon, Fujiko et même Zenigata ne sont pas laissés pour compte. Leur présence enrichit le récit sans jamais diluer l’attention portée à Lupin. Chaque interaction révèle un pan du passé ou une dynamique ancienne, ce qui renforce leur rôle collectif face à l’adversité. Cette approche donne une dynamique qui met en valeur les mouvements des personnages. Il y a également le visuel du film qui marque une rupture nette avec les précédentes adaptations, d’habitude plus légères et humoristiques, ici l’ambiance est plus sombre, plus mature, elle utilise des contrastes forts et une palette souvent terne pour souligner l’atmosphère hostile de l’île. En effectuant tout cela, le réalisateur Takeshi Koike ose une direction artistique qui n’hésite pas à s’éloigner du style rétro nostalgique pour adopter une esthétique plus granuleuse, accentuant l’intensité des enjeux et la brutalité des confrontations.

Lupin the IIIrd: The Movie se distingue comme une œuvre majeure dans l’histoire de la franchise. Ce film offre un équilibre entre hommage et innovation, ce qui va satisfaire les fans de longue date, tout en proposant une expérience cinématographique significative. Avec une narration exigeante et sa puissance visuelle, il offre une conclusion ambitieuse qui fera de ce film une œuvre indispensable pour comprendre l’évolution contemporaine du personnage et de son univers.

Titre Original: RUPAN SENSEI ZA MÛBI FUJIMI NO KETSUZOKOU

Réalisé par: Takeshi Koike 

Casting :  Kanichi Kurita, Akio Ôtsuka, Daisuke Namikawa …

Genre: Action, Animation, Aventure, Policier, Thriller

Sortie le: 25mars 2026

Distribué par: Eurozoom

EXCELLENT

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