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SYNOPSIS : D’après sa mère, Noé serait le fils caché de Kadhafi. Devenu chasseur de trésors, Noé n’a donc plus qu’une obsession, retrouver l’or de son père éparpillé dans le Sahel après sa mort. Pour y arriver il va avoir besoin des connexions de Zoulika (anciennement Louise), aussi attachante qu’incontrôlable et fraîchement sortie d’un centre de réinsertion civique, ainsi que de Ryan, puceau malvoyant de 52 ans participant au « Marathon des sables »… Une parfaite couverture pour passer la frontière discrètement !
Nous faisons partie de ces spectateurs qui suivent fidèlement Jérémy Ferrari depuis ses débuts dans l’émission On n’demande qu’à en rire. Au fil des années, nous avons vu tous ses spectacles, parfois même plusieurs fois et souvent en présentiel (on se souviendra longtemps du début de ses représentations post attentats de Paris, tant il fallait oser écrire et jouer ce qu’il avait concocté malgré l’actualité), attirés par son style décapant et caustique : un humour noir, acide, souvent provocateur, mais toujours solidement appuyé sur une documentation minutieuse. Nous étions également présents lorsque le film Roqya, réalisé par Saïd Belktibia, est sorti en salles : une proposition audacieuse qui marquait les débuts de Jérémy Ferrari au cinéma. C’est donc naturellement avec curiosité que nous attendions la sortie de Les K d’Or. Pourtant, dès la bande-annonce, le doute s’est installé : celle-ci ne fonctionnait pas vraiment, et l’affiche, pour être honnête, était tout simplement hideuse. Malgré ces signaux peu engageants, notre attachement à l’artiste nous a bien évidemment poussés à laisser une chance au film.

Il faut d’abord reconnaître que Les K d’Or n’est pas la catastrophe que nous pouvions craindre après la bande-annonce. Au contraire, le film possède plusieurs qualités indéniables. Le casting fonctionne plutôt bien et les personnages se révèlent globalement amusants, parfois même attachants. L’ensemble avance à un rythme honorable, sans véritable temps mort, ce qui permet au spectateur de rester engagé dans l’histoire. Le film parvient également à arracher de véritables rires ; juste les commentaires sous le live du personnage de Ryan qui tente de réunir de l’argent provoquent des éclats spontanés. Ces instants témoignent d’un réel sens du timing comique et rappellent par moments la verve que l’on connaît à Ferrari. Ce constat est d’ailleurs assez révélateur : pris individuellement, de nombreux éléments du film fonctionnent. Les scènes sont souvent bien pensées, les dialogues comportent quelques répliques savoureuses et certains personnages possèdent un potentiel comique évident. Pendant la projection, on passe donc objectivement un bon moment. Le public rit, l’histoire avance correctement et le film remplit, au minimum, sa fonction de divertissement.

Mais c’est précisément là que se situe le problème principal du film. Si chaque petite pièce fonctionne à peu près correctement, l’ensemble, lui, manque cruellement de relief. Le produit final donne l’impression d’un assemblage qui ne parvient jamais à atteindre une véritable ampleur. Il manque de matière, d’aspérités, de surprises, et surtout de panache. Ce qui frappe le plus, c’est l’absence de cette force satirique qui caractérise habituellement le travail de Jérémy Ferrari. Dans ses spectacles, l’humoriste pousse toujours ses idées jusqu’au bout, quitte à déranger ou provoquer. Ici, le film semble souvent rester en surface, comme s’il n’osait jamais pleinement exploiter les thématiques qu’il effleure. On sent parfois l’envie d’aller vers quelque chose de plus mordant, mais le récit ne franchit jamais complètement le pas. Le résultat est paradoxal : on sort de la salle en ayant passé un moment agréable, mais l’expérience s’efface presque immédiatement de la mémoire. Le film divertit sur l’instant, sans véritablement marquer durablement l’esprit. Cette impression s’est même accentuée pour nous le lendemain, lorsque nous avons vu deux autres films, LOL 2.0 et Is This Thing On? Très différents dans leur ton et leur ambition, ces deux œuvres se sont révélées redoutablement efficaces dans leur registre respectif. Par contraste, Les K d’Or a soudain semblé encore plus léger, comme si le peu d’aura qu’il possédait s’était encore un peu dissipé. Cela ne signifie pas que le film soit raté, mais plutôt qu’il reste à mi-chemin. On sent une volonté d’explorer autre chose, de sortir du cadre habituel de Ferrari. La bande-annonce laissait déjà entrevoir quelque chose qui ne lui ressemblait pas vraiment ; en voyant le film, on retrouve finalement davantage sa patte (comme celle qui manque au chien, oui elle était facile, même si l’amour de Ferrari pour les chiens est donc bien aussi présent), mais aussi l’impression qu’il tente d’aller ailleurs. Cette démarche est intéressante et même courageuse, mais elle n’aboutit ici que partiellement.

Au final, Les K d’Or laisse un sentiment très mitigé. D’un côté, il est rassurant de constater que le film n’est pas le fiasco que laissait craindre sa promotion. Il possède un casting sympathique, quelques scènes réellement drôles et une énergie qui permet de passer un moment plaisant au cinéma. De l’autre, l’ensemble manque d’ambition et de personnalité pour vraiment s’imposer. En tant qu’admirateurs de longue date de Jérémy Ferrari, nous restons néanmoins heureux de le voir tenter des choses nouvelles et s’aventurer dans des territoires différents. Le cinéma demande souvent plusieurs essais avant de trouver la bonne formule. Les K d’Or ressemble ainsi davantage à une étape, imparfaite mais intéressante, dans cette exploration. Espérons simplement que la prochaine tentative saura retrouver toute la puissance satirique et le mordant qui font habituellement la singularité de son humour.

Titre Original: LES K D’OR
Réalisé par: Jérémy Ferrari
Casting : Jeremy Ferrari, Laura Felpin, Eric Judor …
Genre: Comédie
Sortie le: 11 mars 2026
Distribué par: StudioCanal
MOYEN
Catégories :Critiques Cinéma, Les années 2020








































































































































