Critiques Cinéma

POLICE FLASH 80 (Critique)

SYNOPSIS : 1984. Yvon Kastendeuch, flic à l’ancienne et fan de Michel Sardou est propulsé malgré lui à la tête d’une « unité d’élite » : la Police Flash 80. Il doit désormais faire équipe avec Guilaine, maman surmenée et cerveau du groupe, Marfoud, geek du Minitel et Roberto, l’infiltré à la coupe mulet. Ensemble, ils vont tenter de démanteler un trafic de drogue en devenant une brigade si improbable, que même les années 80 n’étaient pas prêtes.

Direction les eighties pour le réalisateur Jean-Baptiste Saurel. Police Flash 80, imaginé par Thomas Ngijol et co-écrit avec Giulio Callegari et Yohan Zaoui, renoue avec les classiques du polar frenchie décomplexé, avec héros qui font fi de la hiérarchie et de la politesse, gangsters exubérants et scènes de fusillade haletantes. Le film suit, sous une patine qui sent bon la nostalgie douce du ciné et des séries policières des années 80, l’inspecteur de police Yvon Kastendeuch (François Damiens), un flic « à l’ancienne », à qui l’on colle une brigade d’élite lorsque l’un de ses collègues est mystérieusement abattu pendant son enquête. Sa nouvelle équipe : Guilaine (Audrey Lamy), surmenée mais cerveau de la bande, Roberto (Xavier Lacaille), roi du déguisement et de l’infiltration, et Marfoud (Brahim Bouhlel), habile avec toutes les nouvelles technologies (de l’époque, on s’entend). Ensemble, cette escouade Police Flash 80 va devoir apprendre à cohabiter, tout en enquêtant sur une étrange affaire autour de l’exubérant patron de MJC Luc Le Timal (Thomas Ngijol).

Ce Police Flash 80 aurait pu tourner à la parodie, retournant les tropes du genre pour gentiment s’en moquer, raccrochant avec des ambitions purement esthétiques pour recréer l’atmosphère des années 80. Mais, grâce à une direction artistique très soignée et un casting savoureusement investi, Saurel et Ngijol s’appliquent à faire de leur projet une satire habilement nostalgique, racontant les 80s dans leurs contradictions, regardant avec tendresse leur ringardise et avec malice leur liberté de ton. Police Flash 80 est une pure comédie situationnelle, maîtrisée formellement, qui manque pourtant cruellement d’épaisseur dans sa trame narrative, se contentant d’un certain minimum qui aurait mérité plus d’acidité ou de précision.

Le film ressemble surtout à une grande excuse pour s’amuser avec l’ombre des icônes auxquelles ils rendent hommage, le flic de François Damiens jouant des archétypes de gros bras qui se pensent bien plus malins et bien plus charismatiques qu’ils ne le sont vraiment, et confronté à une toute nouvelle brigade qui titille son égo bien comme il faut. Son duo avec Audrey Lamy est savoureux, entre blagues potaches, mesquineries en tout genre et rivalité maladroite, c’est probablement elle qui gagne le plus au sein de ce gentil bazar.

Car Police Flash 80 est une sympathique proposition de jeu, une parenthèse nostalgique barrée et judicieusement stylisée, toujours limitée scénaristiquement et un brin trop maigre pour entièrement emporter (le film se termine très vite, et l’on se dit que l’intrigue principal et les gags situationnels auraient pu être plus consistants). Saurel signe une petite drôlerie, plaisante et appliquée, sans aucune autre ambition que de la pure comédie bien française – et franchouillarde comme il faut – qui donne un terrain de jeu délicieux à ses comédiens sans jamais réinventer quoi que ce soit au sein de son cinéma. On se contentera de ce petit bonbon, à défaut d’un plat principal, réjouissant dans son décalage comique constant et habile dans sa reconstitution méticuleuse – qu’on aurait malgré tout espéré un peu plus abouti.


Titre Original: POLICE FLASH 80

Réalisé par: Jean-Baptiste Saurel

Casting : François Damiens, Audrey Lamy, Xavier Lacaille .…

Genre: Comédie, Policier

Sortie le : 18 mars 2026

Distribué par: Pathé Films

BIEN

Laisser un commentaire