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SYNOPSIS : Jeff est un tueur professionnel. Lors de l’exécution d’un contrat, il blesse accidentellement aux yeux une jeune chanteuse, Jenny. Rongé par le remords, il accepte d’éliminer un parrain des Triades afin de réunir la somme nécessaire à la transplantation de cornée dont Jenny a besoin. L’affaire tourne mal et Jeff se retrouve à la fois poursuivi par ses employeurs et par un policier acharné, l’inspecteur Li.
The Killer de John Woo est sorti en 1989 à Hong Kong et demeure l’un des sommets absolus du cinéma d’action asiatique et, plus largement, l’une des œuvres les plus influentes de la fin du 20ème siècle en matière de mise en scène cinématographique. Et pourtant la production du film fut semée d’embuches, le réalisateur, déjà auréolé avec son film Le Syndicat du crime (1986) et de sa suite controversée, est en rupture avec son producteur historique Tsui Hark. Ce dernier refuse de financer The Killer, qualifiant le projet de « film sur un tueur que personne ne veut voir « . John Woo, obstiné, obtient un financement partiel via les sociétés de production de ses deux stars principales. L’histoire s’inspire explicitement du film Le Samouraï (Jean-Pierre Melville) avec un tueur solitaire et de Mean Streets (Martin Scorsese), pour sa culpabilité catholique et ses rues nocturnes. En effet, nous suivons Ah Jong (Chow Yun-fat), un tueur à gages pour les triades, qui décide de prendre sa retraite après un dernier contrat. Lors d’une fusillade dans une boîte de nuit, il rend accidentellement aveugle la chanteuse Jennie (Sally Yeh) son arme ayant tiré à quelques centimètres de ses yeux. Rongé par la culpabilité, il veille sur elle à distance pendant des mois, le temps qu’elle se rétablisse et apprenne à vivre avec son handicap. Pour financer une greffe de cornée coûteuse, il accepte un ultime contrat qui tourne mal. Le détective Li Ying (Danny Lee), flic obsédé par la moralité du tueur, se lance à sa poursuite. Entre trahisons, amitiés improbables et fusillades baroques, les deux hommes, miroir l’un de l’autre, vont finir par s’allier contre le mal absolu.
The Killer est un film qui représente l’esprit humain et la pureté paisible au milieu de la violence brutale. Chow Yun-fat est habitué aux rôles de policier (City on Fire), il apporte une intensité brute et livre ici sa performance la plus nuancée. Ce n’est pas un tueur de marbre à la John Wick, c’est plutôt un samouraï moderne, élégant, mélancolique, qui pleure en secret. Sa culpabilité est palpable dès la scène où il observe Jennie chanter. Il est magnétique, il incarne la rédemption, tuer pour sauver une innocente, mourir pour la protéger. Son alchimie avec Danny Lee est électrique. Sally Yeh, alors star de pop, incarne avec brio son personnage, elle n’est pas une victime, elle gagne en force morale. Ses chansons apportent également une fragilité gracieuse.

Crédits photos : ©️ Metropolitan Films
John Woo n’a jamais été aussi pur, aussi sincère, aussi sensationnel, il nous livre un véritable opéra de sang, d’honneur et de rédemption. Ce film rassemble beaucoup d’éléments, l’action, les larmes, l’honneur, la rédemption et les colombes blanches qui sont un motif récurrent représentant un cœur symbolique. Au milieu de ce drame intense et explosif, deux âmes pures se reconnaissent et sont attirées l’une à l’autre. Les histoires sont présentées avec force et une émotion captivante. Dans un monde tiraillé et émotionnellement perturbé, voir quelqu’un communiquer aussi clairement ses sentiments est toujours agréable.
D’une fluidité exceptionnelle, le réalisateur soigne particulièrement ses plans, cherchant à cadrer son personnage de la manière la plus dramatique et stylisée possible. C’est sans doute l’un des meilleurs scénarios de son réalisateur qui tisse des liens entre les thèmes de la loyauté, de la compassion, des allégeances et, bien sûr, de l’amitié, hissant ce film d’action brutal au-dessus du lot. En 2024, John Woo réalise lui-même un remake américain de son film avec Nathalie Emmanuel et Omar Sy qui restera très loin de l’original. The Killer mêle avec brio le drame et la virtuosité de l’auteur en matière d’action, avec un équilibre remarquable, voire inhabituel. Une succession de scènes de poursuite, de fusillades et de dialogues s’enchaînent avec une efficacité redoutable. Sa beauté formelle, sa profondeur morale, son émotion brute et sa chorégraphie révolutionnaire en font un monument.

Détail des suppléments :
Inclus le film en UHD et Blu-ray remasterisés 4K + un Blu-ray de suppléments, le livret de 20 pages, la reproduction de l’affiche dédicacée par le réalisateur et de 5 photos d’exploitation.
SUPPLÉMENTS INÉDITS (VOST – VF)
Montage taïwanais (129’) et montage taiwanais étendu (136’- disponible uniquement sur l’UHD) de The Killer en Haute Définition – Commentaire Audio de John Woo et du journaliste Drew Taylor – The Hero of Heroic Bloodshed : documentaire avec John Woo, Bruce Law et de nombreux intervenants – Bullet Ballet : interview du réalisateur John Woo – My Kind of Hero : interview du producteur Terence Chang – Editing The Killer : interview du monteur David Wu – Interviews de l’actrice Sally Yeh, de l’acteur Tsang Kong et du directeur de la photographie Peter Pao – Hong Kong Confidential avec Grady Hendrix – Scènes coupées et alternatives – Galerie d’images – HK revisited, épisode 03 avec Christophe Gans, David Martinez, Léonard Haddad et Julien Carbon.
SUPPLÉMENTS D’ÉPOQUE (VOST)
Naissance d’un tueur romantique : documentaire avec John Woo et Tsui Hark – Bande-annonce originale.

Titre original: THE KILLER
Réalisé par: John Woo
Casting: Chow Yun-Fat, Danny Lee, Sally Yeh …
Genre: Action, Drame, Policier
Sortie le: 3 mai 1995
Date de reprise : 26 novembre 2025
Sortie en : ÉDITION COLLECTOR 4K/BLU-RAY : 12 mars 2026
Distribué par : Metropolitan FilmExport
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Catégories :Critique Blu-Ray, Critiques Cinéma, Les années 80, Sorties Vidéo








































































































































