![]()

SYNOPSIS : La fascinante et incroyable histoire vraie d’Ann Lee, fondatrice du culte religieux connu sous le nom de Shakers. Cette prophétesse passionnée, qui prêchait l’égalité entre les genres et la justice sociale et était adorée par ses fidèles.
Forts du succès de The Brutalist l’an passé, le duo de scénaristes Brady Corbet/Mona Fastvold récidive. Cette fois sous la caméra de Fastvold, Le Testament d’Ann Lee se veut aussi biopic plus grand que nature, remplaçant l’esthétique brutaliste des créations de László Toth par la transe des cérémonies des Shakers à la fin du 18ème siècle. Le destin d’Ann Lee nous est ici conté par son amie Mary Partington (Thomasin McKenzie), et nous ramène à son enfance à Manchester. Ann grandit avec son grand frère William (Lewis Pullman) et sa nièce Nancy (Viola Prettejohn), quand elle fait un jour la rencontre des Quakers, un groupe de prêcheurs croyant que Jésus reviendra sur Terre sous les traits d’une femme. Ann Lee, désormais adulte (exceptionnelle Amanda Seyfried), va alors devenir la nouvelle Messie des Shakers, jusqu’à leur arrivée à New York City où leur nombre de fidèles sera le plus important.

Mona Fastvold dessine dès son ouverture un film qui s’abandonne entièrement à son atmosphère. On rencontre nos personnages dans la forêt, chantant à la gloire de leur Mother Ann, tirant les traits du biopic vers ceux du film historique musical pour raconter le parcours hors du commun de son héroïne. En laissant son rythme lanciner, vagabonder comme bon lui semble entre des séquences de chansons et d’autres de transcendances christiques, Fastvold compose un long-métrage aussi ébouriffant qu’il est épuisant, une valse démesurément incarnée mais qui s’avère finalement un peu vaine en limitant ses enjeux à une paire de scènes clés éparpillées au milieu de l’exaltation. Le Testament d’Ann Lee est un projet ambitieux sur plein d’aspects différents, à la fois biopic religieux, célébration enflammée, fable féminine et explosion musicale – emballé par les compositions de Daniel Blumberg qui rempile dans le grandiloquent après The Brutalist.

Avec son ampleur christique, son récit spirituel, sa démarche narrative rugueuse et le parcours dispersé de ses personnages, racontant à la fois le dogme imposé par la parole d’Ann Lee (égalité entre les hommes et les femmes, refus du sexe et du mariage, communion avec la nature…) et les frictions que ses prêches font naître à l’intérieur de sa communauté et au sein des différents endroits où ils s’installent, Le Testament d’Ann Lee s’impose comme une proposition complexe et extrêmement stylisée, un portrait exalté qui gagne en ambiance ce qu’il perd en sens au terme d’un scénario pas suffisamment incarné pour tenir tout au long de ses presque 2h20.

Mona Fastvold et Brady Corbet composent un film démesurément unique, un conte hypnotisant qui plie sous un manque de structure narrative mais qui existe par un casting habité et par une direction artistique d’une maîtrise folle (la photographie gigantesque de William Rexer et les chorégraphies virevoltantes de Celia Rowlson-Hall sont d’une puissance impressionnante). Le Testament d’Ann Lee est une exploration sans balises, une communion transcendantale et ébouriffante qui brille plus par ses apparences que par sa structure, laissant ses faiblesses scénaristiques sous un voile hypnotique aussi fascinant que lessivant, dont la grande gagnante semble, sans grand doute, être Amanda Seyfried que l’on pourrait, malgré tout, suivre jusqu’au bout du monde.

Réalisé par: Mona Fastvold
Casting : Amanda Seyfried, Lewis Pullman, Tim Blake Nelson …
Genre: Biopic, Drame, Historique, Musical
Sortie le: 11 mars 2026
Distribué par: The Walt Disney Company France
![]()
BIEN
Catégories :Critiques Cinéma








































































































































