![]()

SYNOPSIS : Quatre graines de pissenlit rescapées d’explosions nucléaires qui détruisent la Terre, se trouvent projetées dans le cosmos. Après s’être échouées sur une planète inconnue, elles partent à la quête d’un sol propice à la survie de leur espèce.
Planètes, de Momoko Seto a été présenté en clôture de la semaine de la critique au Festival de Cannes en 2025 et a remporté le prix Paul Grimault au Festival international du film d’animation à Annecy en 2025. Planètes est le premier long-métrage réalisé par la cinéaste japonaise Momoko Seto qui s’est essentiellement fait connaître jusqu’à présent avec ses différents courts-métrages tels que Planet A (2009), Planet Z (2011), Arekara (2012) ou encore Planet Sigma (2014). Avec ce long, disons-le d’emblée, elle touche ici au Graal.

Planètes est une expérience immersive, à vivre absolument en salles. Un film qui nous ramène à notre si précaire condition de mortel bien sûr, mais aussi et surtout de locataire, d’une nature, qui quand elle reprend ses droits face aux fracas de nos multiples et constantes attaques en règle, nous remet dans notre universelle et originelle condition de vulnérabilité. Pour autant, Planètes n’est jamais moralisateur ou punitif, mais réussit le pari de conjuguer une exposition factuelle de ce qui nous pend au nez avec une poésie tellement vibrante. Oui, Planètes est un grand film d’animation ! Les images sont simples mais folles en réalité car d’une furieuse beauté. La force de Planètes est bien de rendre la nature vivante et parlante sur grand écran. Bien plus qu’un défilement de la somptueuse et magistrale nature, mais une véritable mise en scène qui nous raconte une prenante histoire planétaire. Du visuel, de l’émotion et une véritable dramaturgie ! Les surprenants mais jamais excessifs effets sonores et visuels n’y sont pas étrangers. C’est aussi une véritable démarche sincère avec une authenticité souvent bluffante. Pas étonnant quand on sait que dans l’équipe du film, on retrouve une botaniste, un décorateur, des ingénieurs, des naturalistes, des chercheurs, des apiculteurs, des pépiniéristes ou encore des menuisiers.

Planètes, c’est aussi un authentique scénario, la cinéaste voulant en effet créer une réelle narration. L’hostilité et le caractère autodestructeur comme constitutif de la nature humaine vont permettre aux 4 graines de pissenlit de s’aventurer en territoire inconnu et seront notre seul rapport au vivant, aux émotions, au peu d’humanité qui tient encore debout. C’est ici la question de la migration environnementale, mais au-delà et par une évidente extrapolation, la douloureuse question de trouver une terre d’accueil quand la sienne s’est effondrée. Très vite, tout peut à nouveau faire barrage, violence et fermeture. Avec toujours les mêmes sombres geôliers de l’inhumanité, de l’indifférence et de la peur de l’autre. Une des nombreuses magies de Planètes est qu’on en arrive à avoir drôlement peur quand les graines de pissenlit sont en danger. C’est une plongée dans l’empathie, et même un grand film de réconciliation avec la nature, dans ses personnages qui paraissent pourtant les plus élémentaires, voir même anecdotiques. Planètes, c’est une véritable invitation à vivre, à aimer. Avec Planètes, l’émerveillement devient comme un de nos sens les plus actifs. C’est une poésie de couleurs avec des tableaux bouleversants, mis en musique avec une puissante émotion toute vibrante. C’est un rappel hautement salutaire à l’humilité qui ne fait plus vraiment partie de notre quotidien. La grâce que l’on retrouve parfois uniquement en temps de crise, comme une véritable amnésie planétaire. Justement, Planètes nous réapprend à regarder, magnifie l’altérité, et remet l’essentiel au centre et surtout au cœur. C’est finalement tout aussi fort que Flow (2024), car si les seules paroles sont les bruits du souffle du vent, de l’air, du battement d’ailes des animaux qui passent par là et du son finalement très humain des graines de pissenlit, ces dernières sont moins choupinou et attendrissantes que le matou de son cousin animé, et pourtant on vit et vibre avec elles dans la même force.

Planètes est une expérience microcosmique, qui place précisément le spectateur à cette place, et ça fera du bien à tout le monde ! Au casting, les quatre graines de pissenlit sont bien plus humaines que bien des terriens. Au-delà de l’histoire d’amour entre la graine et le sol, elles incarnent un éloge précieux d’une forme de lenteur, car parfois à dos de limaces, c’est suffisant, tant qu’on est ensemble. On est tous aussi fragiles que ces 4 graines, sauf que nous, on ne le sait plus. Avec Planètes, sans rien dévoiler de la conclusion de son intrigue, qui en est vraiment une, finalement on se prend à rêver, à espérer, et ce cinéma-là, c’est juste la vie !

Titre original: PLANÈTES
Réalisé par: Momoko Seto
Casting: – …
Genre: Animation, Science fiction
Sortie le: 11 mars 2026
Distribué par : Gebeka Films
![]()
TOP NIVEAU
Catégories :Critiques Cinéma








































































































































