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MONARCH LEGACY OF MONSTERS (Critique Saison 2) Une excellente série d’humains au milieu de monstres …

SYNOPSIS : Le destin de Monarch, et celui du monde, sont en jeu. Des secrets enfouis réunissent nos héros (et leurs ennemis) sur Skull Island, l’île de King Kong, et un mystérieux nouveau village surgit de la mer. Les conséquences du passé sur le présent brouillent les liens au sein même d’une famille, mais aussi entre amis et ennemis, tout cela tandis qu’à l’horizon, un choc des titans se profile. 

Retour à Skull Island pour le MonsterVerse de Legendary Pictures. En parallèle des deux méga-blockbusters crossovers qui voyaient converger les chemins de Kong et de Godzilla (et avant de les retrouver avec SuperNova qui devrait heurter le grand écran en 2027), la saga s’est octroyé un passage remarqué vers le petit écran avec Monarch Legacy of Monsters, une série spin-off centrée sur l’agence éponyme chargée de protéger l’humanité des attaques de Kaijū. Cette saison 2 arrive avec une promesse forte : nos personnages sont de retour, Godzilla laisse sa place à Kong, et un nouveau Titan débarque.

Cette salve d’épisodes raccorde avec les évènements de la fin de la première. On suit toujours les demi-frère/sœur Kentaro et Cate, qui s’étaient rencontrés en enquêtant sur la disparition de leur père scientifique Hiroshi Randa – découvrant au passage qu’il avait bâti deux familles en parallèle. Dans le dernier épisode en date, le Colonel Lee Shaw avait décidé de se « sacrifier » pour sauver les autres, avant de tomber dans l’Axis Mundi (un monde parallèle positionné entre notre Terre et la Terre Creuse où le temps passe différemment – l’un des nombreux concepts de SF posés par la série). Cate décide de monter une expédition dans le dos de Monarch pour ouvrir une brèche vers l’Axis Mundi afin de sauver Lee dont elle est convaincue de la survie (on ne tue pas Kurt Russell aussi facilement, même dans un monde peuplé de Kaijū). En parallèle, la base de Monarch sur Skull Island est attaquée par un Kong inexplicablement en furie – alors que dans les années 50, les docteurs en cryptozoologie Bill Randa et Keiko Miura débarquent dans une tribu chilienne et découvrent une légende prédisant le retour d’une créature aquatique surnommée « El Gran Dios Del Mar », Le Grand Dieu de la Mer…

Monarch revient par la grande porte en retrouvant ce qui faisait l’identité et le charme de la première saison, à savoir son casting. Toujours porté par le duo Russell père/fils (Wyatt dans le passé en Major de l’armée pragmatique et Kurt dans le présent en Colonel dissident et un brin aigre), la série porte avec elle une très attachante galerie de personnages encore mieux composés dans ces nouveaux épisodes – on pense notamment à Keiko qui gagne drastiquement en importance, et qui permet à Mari Yamamato de livrer une performance très touchante. Les seuls bémols tiennent d’héritage de la saison 1, car les jeunes Cate et Kentaro sont toujours autant maudits par le « syndrome du personnage principal » qui conduisent (malgré les présences attachantes d’Anna Sewai et Ren Watabe) à un manque cruel de finesse dans leurs écritures qui servent surtout de fonction au déroulement des différentes intrigues. Mais Monarch traduit sérieusement l’essai en redoublant d’effort à tout point de vue, cette saison 2 augmentant à la fois les enjeux, l’ambition et l’impact émotionnel de son récit de gros monstres – ce qui continue de l’installer comme l’une des meilleures sorties du MonsterVerse. Monarch s2 gonfle son budget effet spéciaux, offrant des images et des séquences massives qui rivalisent aisément avec les long-métrages, notamment dans ses installations et dans les révélations des Kaijū qu’elle va mettre en scène (les cliffhangers des deux premiers épisodes sont sérieusement à couper le souffle en poussant sur ce nouveau Titan aquatique baptisé « Titan X« ). Cette salve d’épisodes, malgré quelques ralentissements habituels et excusables en milieu de saison, gère bien mieux son rythme que la première, gardant ses personnages humains au premier plan sans traîner des intrigues inintéressantes et franchement passables comme l’ont fait les deux précédents Godzilla/Kong. Ici, le focus est sur le parcours de ces scientifiques/militaires/hackeurs/civils qui sont confrontés à l’arrivée tonitruante de ce Titan X, et qui finissent en désaccord sur la façon de gérer la situation – encore plus lorsqu’un organisme privé appelé Apex tente de prendre le pas sur Monarch. En gardant cette échelle mondiale (les personnages voyagent aux quatre coins du Monde), et cette multiple temporalité (le présent avec Cate/Kentaro/Lee version Kurt et le passé avec Keiko/Bill/Lee version Wyatt), Monarch améliore ce qui marchait déjà en première saison tout en montrant encore plus d’ambition visuelle et narrative, un souffle épique très impressionnant et de vraies trouvailles d’écriture de personnages assez remarquables. On pense notamment à cet épisode 7 qui met le personnage de Lee Shaw au centre du récit, offrant une performance en parallèle des deux Russell au top de leurs formes respectives, et qui profite d’une pirouette de SF en apparence un peu grossière pour montrer que la série a compris ce qu’elle doit faire de ses personnages et comment permettre à ses comédiens de se livrer à 100% de leurs talents.

Monarch saison 2 est alors un vrai régal le long de ses 10 épisodes, un step-up global par rapport à la première qui vient s’affirmer comme une excellente série d’humains au milieu de monstres, doté d’un casting investi qui semble s’amuser à slalomer entre les attaques de Kaijū et à s’improviser Ethan Hunt pendant des séquences d’infiltration bien tendues, et d’une maîtrise sensationnelle de ses effets spéciaux qui en font voir de toutes les couleurs dans des séquences à l’ambition démesurée. Malgré encore quelques petites ficelles scénaristiques, habituelles de ces grosses productions censées rentrer dans les codes d’une franchise lucrative, Monarch Legacy of Monsters continue d’être un succès à grande échelle qui ne se contente pas passivement d’être un spin-off prétexte, mais s’impose comme une vraie exploration de la charpente de l’univers qu’elle adapte, se révélant petit à petit comme un ajout indispensable à la bonne tenue de son MonsterVerse – lequel semble pourtant parier pour le moment sur les gros spectacles pyrotechniquo-délurés où les gros monstres se battent entre nos monuments historiques que sur le charme d’une intrigue familiale bien écrite naviguant entre les traumatismes génération après génération. Donc on savourera Monarch le temps que ça dure, car le futur Godzilla x Kong SuperNova devrait, à priori, plus tirer sur l’absence de subtilité.

Crédits : Apple TV

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