Critiques Cinéma

SCREAM 7 (Critique)

SYNOPSIS : Lorsqu’un nouveau Ghostface surgit dans la paisible ville où Sidney Prescott a reconstruit sa vie, ses pires cauchemars refont surface. Quand sa fille devient la prochaine cible, Sidney n’a d’autre choix que de reprendre le combat. Déterminée à protéger les siens, elle devra affronter les démons de son passé pour tenter de mettre fin une bonne fois pour toutes au bain de sang.

L’année 2026 s’ouvre sous le signe d’une nostalgie assumée pour les grandes licences horrifiques. Tandis que la saga vidéoludique Resident Evil remet en avant Leon dans son nouvel opus Requiem, le cinéma répond avec un mouvement similaire : Scream 7 choisit de faire revenir deux figures tutélaires, Sidney Prescott et Gale Weathers. Derrière ces personnages mythiques, ce sont évidemment Neve Campbell et Courteney Cox qui reprennent du service, incarnant à nouveau l’âme d’une saga qu’elles ont façonnée depuis 1996. Mais ce retour aux sources n’a rien d’un long fleuve tranquille. La production de ce septième volet a été particulièrement chaotique puisque l’arc narratif amorcé autour des personnages incarnés par Jenna Ortega et Melissa Barrera a été brutalement interrompu pour des raisons sur lesquelles nous ne reviendrons pas. Il a donc fallu rebondir en catastrophe. Et quoi de mieux, dans un moment de crise, que de revenir à la figure fondatrice ? Après une offre financière à la hauteur de son aura, Neve Campbell a accepté de revenir, consciente d’être l’emblème de la franchise, et non sans rappeler que les producteurs ne lui ont pas toujours rendu la pareille par le passé.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Scream 7 ne cherche pas à introduire une nouvelle génération pour remplacer l’ancienne. Le film a bien vocation à remettre les vétérans en première ligne, et heureusement. On peut d’ailleurs distinguer deux groupes très nets de personnages. D’un côté, le noyau dur : Sidney, Gale, Mark (le mari de Sidney, incarné par le sympathique Joel McHale, bien connu des fans de Community) et Tatum, la fille de Sidney, jouée par Isabel May. Ce premier camp, plus restreint, est aussi le mieux écrit. Les interactions entre Sidney et Gale provoquent en effet une véritable émotion chez les fans de la première heure. Leurs retrouvailles sonnent justes, sont touchantes, et rappellent combien leur relation, faite de rivalité, d’ironie et de respect, a structuré l’identité de la saga. La façon dont Gale est réintroduite à l’écran est d’ailleurs particulièrement réussie : avec classe, panache et charisme, elle est extrêmement plaisante. Courteney Cox en impose. Le film rappelle ainsi que ces personnages ont toujours la prestance et la densité nécessaires pour porter l’intrigue. Sidney, quant à elle, demeure une héroïne marquée par les épreuves, mais debout. Si l’on peut regretter que les costumes ne mettent pas davantage Neve Campbell en valeur (contrairement à Brendan Fraser dans Rental Family, elle est littéralement fagotée n’importe comment durant tout le film, à se demander quelle était l’intention de la costumière), sa présence suffit à donner du poids à l’ensemble.
Là où le bât blesse, c’est dans le traitement du reste du casting. Tous les autres personnages, constituant le second camp, apparaissent globalement mal écrits. Coincés entre leur statut de suspects potentiels, puisque chacun peut être Ghostface, et celui d’adolescents superficiels destinés à servir de chair à canon, ils peinent à exister quand ils n’ont pas des attitudes ou répliques tout simplement débiles. Cette faiblesse scénaristique accentue le sentiment d’un film à deux vitesses. Scream 7 est en effet profondément schizophrène dans ses intentions. D’un côté, il tente d’être généreux, d’inverser le concept habituel : cette fois, Ghostface nargue ouvertement ses proies, supposément à visage découvert, allant jusqu’à leur donner rendez-vous à plusieurs reprises. Le film surfe aussi sur l’actualité, notamment l’intelligence artificielle, pour semer le doute et invoquer un vieil ennemi du passé. L’idée est habile et, par moments, fonctionne réellement en instillant une paranoïa bienvenue. Mais de l’autre, le long métrage ne nous épargne pas des passages déjà-vus ou bancals. La scène d’ouverture, en partie gâchée par la bande-annonce, illustre cette hésitation : voulant naviguer sur plusieurs registres à la fois, elle sacrifie le naturel des personnages et tombe en partie à plat. Peut-être est-ce aussi simplement le signe d’une recette qui commence à s’user. La révélation finale, moment clé attendu dans chaque épisode, laisse également un goût mitigé. Sans sombrer dans la direction grotesque et désespérée avec laquelle le scénario joue un temps, elle apparaît malgré tout capillotractée. Le résultat laisse le spectateur circonspect, presque détaché, là où l’on espérait un choc ou une sidération. Heureusement le running gag de la balle dans la tête aura eu le mérite de nous amuser. Car oui parfois Scream 7 en fait aussi trop, mais il le fait avec la complicité du spectateur.
On ne passe donc pas un mauvais moment devant Scream 7. Le film ne trahit pas la saga, ne la ridiculise pas, et offre même de beaux instants aux fans historiques. Il démontre surtout que ses personnages iconiques ont toujours la classe mais qu’ils ont aussi déjà suffisamment enduré. Mais précisément : peut-être est-il temps de les laisser en paix. Ce septième volet a des qualités indéniables, notamment dans son recentrage sur l’amitié de Sidney et Gale et sur l’exploration des conséquences physiques et mentales des épisodes précédents sur Gale (notamment la mort de Dewey) mais il apparaît aussi comme un épisode dispensable. Arrêter la saga ici serait sans doute une décision judicieuse, une manière élégante de refermer la porte sans l’esquinter davantage. Scream 7 pourrait alors devenir non pas un nouveau départ, mais une conclusion.

Titre Original: SCREAM 7

Réalisé par: Kevin Williamson

Casting : Neve Campbell, Courteney Cox, Isabel Mayox

Genre: Epouvante-Horreur, Thriller

Sortie le: 25 février 2026

Distribué par: Paramount Pictures France

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Catégories :Critiques Cinéma

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