Critiques Cinéma

LE RÊVE AMÉRICAIN (Critique)

SYNOPSIS : Personne n’aurait parié sur Jérémy, coincé derrière le comptoir d’un vidéo club à Amiens, ou sur Bouna, lorsqu’il faisait des ménages à l’aéroport d’Orly. Sans contacts, sans argent et avec un niveau d’anglais plus qu’approximatif, rien ne les prédestinait à devenir des agents qui comptent en NBA. Inspiré d’une histoire vraie, ce film raconte le parcours de deux outsiders qui, grâce à leur passion absolue pour le basket et leur amitié indéfectible, ont bravé tous les obstacles pour réaliser leur Rêve Américain.

Nous ne sommes pas forcément des inconditionnels du biopic. Trop souvent balisés, parfois tellement qu’ils en deviennent anxiogènes, souvent formatés à la manière d’un produit « fast food », ces films suivent une trajectoire prévisible : ascension, chute, rédemption, musique inspirante et carton final triomphant. Pourtant, ces derniers temps, le genre semble nous surprendre davantage. L’an passé, nous avions été séduits par Better Man, de haute volée à tous les niveaux et en premier lieu via son angle d’attaque original, et agréablement surpris par le film consacré à Milli Vanilli. Plus récemment, nous avons adoré Marty Supreme. Et nous voici à présent devant Le Rêve américain, inspiré de la trajectoire de Jérémy Medjana et Bouna Ndiaye, deux agents influents et respectés du monde du basketball. Sur le papier, le film semblait cocher toutes les cases du biopic « classique » que nous apprécions modérément, ce qui est d’ailleurs bien le cas. Et pourtant…

Il faut le dire d’emblée : Le Rêve américain adopte une structure narrative des plus traditionnelles. Deux jeunes hommes issus de milieux modestes s’accrochent à leur rêve, affrontent une pluie d’obstacles, encaissent les revers, refusent d’abandonner là où d’autres auraient plié, et finissent par conquérir les sommets de leur discipline. De l’ombre à la lumière, de la précarité à la réussite éclatante : la mécanique est connue, presque scolaire. À ce niveau, rien de foncièrement original, le film ne cherche d’ailleurs pas à déconstruire les codes du genre, il les épouse pleinement. L’ascension sociale est racontée sans détour, avec ses étapes obligées, ses tensions, ses doutes et ses moments de triomphe. Oui, le parcours est balisé. Oui, on devine souvent la direction que va prendre l’intrigue. Mais paradoxalement, cette absence de surprise structurelle n’empêche pas l’adhésion. Car si la trajectoire est classique, l’énergie qui l’anime, elle, est bien réelle.

Là où Le Rêve américain tire son épingle du jeu, c’est donc dans son souffle. Le film dégage une vitalité sincère, une envie de raconter qui dépasse le simple cadre biographique. On sent une volonté de transmettre une dynamique, une foi dans l’abnégation et dans le travail, sans jamais sombrer dans la morale pesante. Le capital « feel good » est indéniable et on ressort avec ce petit « waouw » attendu mais complice, né d’une réussite partagée. Le long métrage ne révolutionne pas le genre, mais il assume pleinement sa dimension divertissante. Les dialogues sont ponctués de petites punchlines bien senties, l’humour affleure régulièrement, et les seconds rôles apportent une respiration bienvenue.

L’une de ses grandes forces réside dans son casting. Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard portent le récit de bout en bout avec une complicité évidente. Jean-Pascal Zadi insuffle une énergie solaire, une solidité tranquille qui donne du corps au parcours raconté. Face à lui, Raphaël Quenard, habitué à des rôles où il joue sur une forme d’auto-caricature très identifiable, propose enfin ici quelque chose de légèrement différent. Pour une fois, il ne semble pas simplement se jouer lui-même. Cette nuance apporte une vraie fraîcheur et permet au film de gagner en fluidité. Le scénario, habilement écrit, met en valeur la complémentarité des deux acteurs, à l’image des personnages qu’ils incarnent ; ils se répondent, se soutiennent, se relancent. Cette dynamique nourrit le récit et renforce la crédibilité de leur ascension commune. On croit à leur amitié, à leurs désaccords et ainsi à leur ambition partagée.

Le Rêve américain n’est pas un biopic révolutionnaire, il ne casse pas les codes et ne cherche pas à déconstruire la mythologie de la réussite. Il suit un chemin familier, parfois trop sage, mais il compense largement cette structure classique par une énergie communicative, un duo d’acteurs solide et une vraie générosité dans le ton. Dans un paysage où les biopics peuvent sembler interchangeables, le film parvient à exister par sa chaleur et son enthousiasme. Il rappelle que le cinéma populaire, lorsqu’il est porté avec sincérité, peut toucher juste sans forcément surprendre à chaque détour. Au cœur de l’hiver, Le Rêve américain apparaît ainsi comme un divertissement lumineux, accessible à tous les publics, et suffisamment entraînant pour donner un peu de peps et d’optimisme. Et parfois, c’est exactement ce dont on a besoin.

Titre original: LE RÊVE AMÉRICAIN 

Réalisé par: Anthony Marciano

Casting: Jean-Pascal Zadi, Raphaël Quenard, Olga Mouak …

Genre: Comédie

Sortie le: 18 Février 2026

Distribué par : Gaumont distribution

TRÈS BIEN

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