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SYNOPSIS : Un groupe d’amis d’école se retrouvent pour passer le week-end du 1er avril dans un luxueux manoir, sur une île privée que possède l’une d’entre eux. L’un après l’autre, les invités disparaissent.
Week-end de terreur représente une œuvre intéressante dans le monde du slasher des années 80, une période foisonnante pour le cinéma d’horreur américain qui surfait sur la vague initiée, entre autre, par Halloween (John Carpenter) et Vendredi 13 (Sean S. Cunningham). Ici, le réalisateur Fred Walton (Terreur sur la ligne), suit un groupe d’étudiants invités par leur riche amie Muffy (Deborah Foreman) à passer un week-end sur son île privée pour célébrer le jour des poissons d’avril, ce qui annonce d’emblée une thématique de farces et de tromperies qui va rapidement virer au cauchemar avec des disparitions et des mises en scène macabres. Le scénario de Danilo Bach, exploite habilement cette prémisse pour créer une atmosphère de suspicion mutuelle entre les personnages.
Fred Walton qui, fort de son expérience sur des thrillers psychologiques, privilégie une mise en scène soignée avec des plans larges sur une île isolée, ce qui accentue le sentiment de claustrophobie malgré l’espace ouvert. Le film réussit à être original avec sa thématique autour du 1er avril, prouvant que l’on peut terrifier en amusant et en surprenant. C’est une approche qui manque parfois aux productions actuelles, souvent trop « formatées ». En revanche, par rapport à ces mêmes films plus récents, ici il n’y a pas de véritables scènes d’horreur viscérale, les fans de Terrifier 3 et autres films de ce genre, seront forcément déçus. Ici, et comme dans beaucoup de film des années 80, tout est dans l’atmosphère et dans la suggestion via des effets sonores et des découvertes macabres. Cela prive le film d’une intensité physique mais qui est compensé par l’aspect psychologique, contrairement au remake de 2008 (Avril sanglant) qui tentait d’ajouter plus de violence, ruinant tout le suspense et gâchant, au passage, le film complet.
L’une des ombres au tableau c’est la lenteur de la première moitié du film, qui traîne un peu en longueur avec des présentations de personnages et des farces qui s’étirent, on regrette le manque de nervosité. Du côté de la distribution, Deborah Foreman dans le rôle de Muffy apporte une ambiguïté à son personnage, elle oscille entre l’hôtesse charmante et une figure potentiellement dérangée, Clayton Rohner et Jay Baker incarnent l’archétype du groupe d’amis et contribuent à rendre les interactions naturelles et engageantes, même si certains dialogues sonnent un peu datés pour l’époque actuelle. La distribution ajoute un clin d’œil pour les fans du genre avec Amy Steel, la survivante de Vendredi 13 part 2. On rajoute à cela une bande originale composée par Charles Bernstein, collaborateur régulier du genre qui mélange des thèmes ludiques avec des montées de tension efficaces et on obtient un divertissement solide qui capture l’essence d’une époque où le genre explorait encore des territoires hybrides entre comédie et épouvante.
Bien qu’imparfait, le film de Fred Walton, nous rappelle beaucoup de souvenirs avec son film typiquement « vidéoclub » des vendredis soir durant les années 1980. Il démontre qu’avec un bon concept et une exécution maligne, on peut créer une expérience horrifique engageante sans recourir à la violence extrême, une vertu rare qui le place au-dessus de beaucoup de ses pairs oubliés. Malgré des limitations budgétaires et narratives évidentes, Week-end de terreur réussit à convaincre et à surprendre avec un twist final loin d’être prévisible (ce qui est plutôt rare de nos jours). Habitué des rééditions en tout genre, Rimini éditions nous offre la chance de revoir ce film en version restaurée sur son Édition Collector Limitée Blu-ray-DVD. Une occasion de rattraper un film trop souvent oublié et sous-estimé, qui, rappelons-le, malgré ses quelques défauts, mérite amplement de figurer dans nos plus belles vidéothèques.
Détail des suppléments :
Présentation du film par Mylène da Silva, de la chaîne Welcome to prime time bitch. (12’30)
Farces et attrapes : livret de 24 pages conçu par Marc Toullec
Catégories :Critiques Cinéma








































































































































