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CROSS (Critique Saison 2) En demi-teinte …

SYNOPSIS : Le magnat des affaires milliardaire Lance Durand contacte le FBI pour obtenir une protection après avoir reçu une menace de mort — une menace qui le lie au meurtre d’un playboy milliardaire. Le détective Alex Cross et l’agent du FBI Kayla Craig mènent une nouvelle mission conjointe pour protéger Durand et retrouver le tueur, qui laisse derrière lui des indices macabres. Pendant ce temps, John Sampson, le partenaire et meilleur ami de longue date de Cross, établit un lien inattendu.

Le retour d’Alex Cross sur Prime Vidéo s’était fait un peu attendre, fort d’un petit succès après sa première saison. Aldis Hodge remet les crampons pour cette nouvelle salve d’épisodes à la saveur particulière. Après être parvenu à arrêter les meurtres sadiques du « Fanboy » Ed Ramsey en saison 1, Cross est désormais une petite célébrité parmi les rangs de la police de Washington D.C. Cette fois, c’est un tout autre genre de tueur face auquel il va se retrouver : des hommes et femmes d’affaires influents sont retrouvés morts et/ou mutilés partout à travers les Etats-Unis. Le détective Cross va être contraint de mener l’enquête, en binôme avec l’agente Kayla Craig du FBI (toujours habitée par Alona Tal, les deux comédiens nourrissent une alchimie palpable pour construire leur relation, l’un des points les plus réussis de cette saison). Leur première mission : protéger Lance Durand (super second rôle pour l’excellent Matthew Lillard, brillamment détestable), PDG d’une colossale entreprise d’agroalimentaire portant l’ambition de mettre fin à la faim dans le monde, et visé par une bien étrange menace de mort…

Cette nouvelle saison retrouve les réussites initiales de sa première : avec son casting investi (Aldis Hodge en tête, toujours aussi entraînant dans sa partition de flic intègre et charismatique) et ses prémices originales, Cross saison 2 pose des bases intrigantes. Exit le tueur en série maniaque et cruel, notre nouvelle antagoniste est le fruit d’un désir de vengeance calculé. Portée dans ces épisodes par la très bonne performance de Jeanine Mason (la nouvelle recrue qui gagne le plus le long des 8 épisodes), Luz est la menace face à laquelle vont se retrouver Cross et Craig, moins une assassine sadique qu’une justicière visant les puissants pour venger leurs victimes enterrées derrière leurs succès financiers. En ça, cette saison 2 vient trancher avec la première en apportant encore plus de nuances grâce à la construction d’une zone grise. Les intentions sont compréhensibles (délivrer une justice que le système n’a pas voulu donner en laissant les crimes de ses élites impunis), les méthodes plus questionnables. Cette bonne idée sur le papier s’avère, sur l’entièreté de la saison, manquer de justesse en donnant à ces « justiciers » un modus operandi un brin exagéré. Pour garder les aptitudes de Cross dans le déroulé de l’intrigue et dans la résolution de l’enquête, ses antagonistes doivent avoir des motivations psychologiques singulières (Cross est un psychologue hors pair qui rentre à distance dans la tête des tueurs qu’il traque) – et la base intéressante de ces méchants « qui n’ont peut-être pas tout à fait tort » finit par devenir une énième chasse au serial killer sadique qui joue avec ses victimes selon un mode opératoire radical.

Cette initiale nuance, intéressante dans ses premiers développements, devient vite assez laborieux lorsque les différents points de vue se croisent, menant à la fois à des facilités scénaristiques un peu ridicules (Cross et ses collègues devinent le plan de leur adversaire en regardant des indices au hasard et en tombant pile poil sur les solutions dont ils avaient besoin pour avancer) et à des incohérences narratives plutôt dommages (Luz, par exemple, finit par être peu crédible à cause d’une écriture qui a du mal à définir sa personnalité entre l’Ange de la Mort en soif de vengeance, la justicière au cœur pur, l’âme en peine qui cherche la paix ou le bourreau sadique qui découpe des doigts et monte des plans capillotractés pour assassiner de sang-froid ses victimes et les innocents qui se mettent sur son chemin). On passera également l’intrigue centrée sur John Sampson dans cette saison qui, malgré le personnage toujours attachant campé par Isaiah Mustafa, ne fait que ralentir le flot global de l’intrigue centrale pour vraiment pas grand-chose.

Cette saison 2 de Cross se révèle en demi-teinte, moins savoureuse que la première en sacrifiant la cohérence de sa construction au profit d’une efficacité plutôt assurée (malgré les défauts détaillés plus haut, Luz et son équipe sont des « méchants » plutôt intéressants à suivre, et les thématiques levées par ces épisodes s’accordent très bien à l’atmosphère de la série). Toujours menée par son showrunner Ben Watkins, qui dégaine une BO léchée pour suivre son flic casse-cou et méthodique dans ses réflexions, à la fois un peu redondantes dans le traitement de ses intrigues romantiques, mais aussi terriblement attachantes par les mouvements de ses personnages, Cross manque de transformer l’essai en livrant une saison 2 en deçà de son aînée mais jamais honteuse par une poignée de bonnes idées qui manquent de l’aboutissement global que la série mériterait.

Crédits : Prime Video

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