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SYNOPSIS : Cadre dans une usine de papier You Man-su est un homme heureux, il aime sa femme, ses enfants, ses chiens, sa maison. Lorsqu’il est licencié, sa vie bascule, il ne supporte pas l’idée de perdre son statut social et la vie qui va avec. Pour retrouver son bonheur perdu, il n’a aucun autre choix que d’éliminer tous ses concurrents…
Il était attendu comme l’un des évènements cinéma de l’année, Aucun Autre Choix marque le nouveau long-métrage du réalisateur sud-coréen virtuose Park Chan-wook (Old Boy, Joint Security Area, Decision to Leave et autre Mademoiselle – quelques chefs-d’œuvre au portfolio). Le cinéaste reconvoque Lee Byung-hun pour adapter le roman Le Couperet de Donald E. Westlake – déjà passé par la case cinéma sous la caméra de Costa-Gavras en 2005. On y suit dans une Corée du Sud contemporaine la vie de famille plutôt équilibrée de Yoo Man-soo. Employé modèle de l’entreprise de papeterie Solar Paper, Man-soo vit paisiblement dans la maison de son enfance qu’il a réussi à se racheter et à entièrement retaper, où il est installé avec sa femme Mi-ri, leurs deux enfants Si-one et Ri-one, et les deux chiens bien nommés Si-two et Ri-two. Tout va pour le mieux dans la vie de Man-soo, jusqu’à ce qu’il… se fasse virer après le rachat de la compagnie par une société américaine. Désormais sans-emploi dans une Corée en pleine crise du travail sans pitié pour les chômeurs, Man-soo convoite désormais un poste hyper trusté chez les géants du papier de Moon Paper. Malheureusement, beaucoup sont dans la même situation que lui, et Man-soo va se montrer prêt à tout pour se garantir ce poste… Y compris à s’en prendre à ses concurrents directs…

Park Chan-wook s’éclate cette fois dans le registre de la comédie noire, un pitch affreusement délirant pour un réalisateur qui n’a plus à prouver son talent d’artiste visuel. Ici, la caméra voltige entre les personnages, les travellings et autres plans-séquence sont encore une fois sidérants, toute la maestria du cinéaste imprimant le scénario bien corsé signé par Lee Kyoung-mi, Don McKellar, Lee Ja-hye et Park Chan-wook lui-même. Pas si loin du Parasite de son compatriote Bong Joon-ho, Aucun Autre Choix marque la première percée claire du réalisateur dans le registre de la comédie (même si l’humour caustique arrose constamment les propositions sud-coréennes modernes), et profite d’un sensationnel duo de tête pour habiter ces deux personnages confrontés à une situation tangible mais ubuesque.

Son Ye-jin est brillante dans la peau de Mi-ri, à la fois composée intimement et crédible dans les registres les plus sensibles, et Lee Byung-hun est parfait en tout point en Man-soo, improvisé « assassin » derrière une maladresse risible et un pathétique désespéré qui lui sied à merveille. Aucun Autre Choix raconte une vision tragi-comique d’une réalité sociétale bien ancrée en Corée du Sud, où l’on suit un père de famille au pied du mur (plus de rentrée d’argent, sa maison d’enfance au bord de la vente, on ne peut plus nourrir les chiens et c’en est aussi fini des cours de violoncelle de Ri-one), armé du pistolet de la Guerre du Vietnam de son père, se lançant dans une lutte effrénée pour être le numéro 1 de Moon Paper. Park Chan-wook et ses scénaristes composent une spirale redoutable, à la fois hilarante et cruelle, une vraie comédie noire furieusement intelligente qui redouble d’inventivité dans la photographie de Kim Woo-hyung et dans une trame imprévisible aux aspérités plus sensibles que prévues.

Le cinéaste signe une excellente proposition du genre, entraînante et fataliste, une réflexion intelligente et très divertissante sur la transformation du monde du travail où le rire finit par devenir rauque. Si l’on pourrait reprocher malgré tout une structure globale du script un peu trop brumeuse par instant (on se dit régulièrement que l’exercice de style prend légèrement le pas sur la cohérence globale du récit, ce qui l’empêche d’entièrement décoller à la hauteur de ses plus gros chefs-d’œuvre), Aucun Autre Choix marque malgré tout une véritable réussite, à la fois jouissive à traverser et passionnante à analyser, une vraie bombe visuelle couplée à une masterclass de performances de comédiens, qui continue à justifier les titres de noblesse d’un réalisateur qui n’avait pourtant plus besoin de prouver qu’il est l’un des plus grands artistes du 7e art actuel.

Titre Original : EOJJEOLSUGA EOBSDA
Réalisé par: Park Chan-Wook
Casting: Lee Byung-Hun, Ye-jin Son, Park Hee-Soon …
Genre: Comédie, Drame, Thriller
Sortie le: 11 février 2026
Distribué par : ARP Sélection
EXCELLENT
Catégories :Critiques Cinéma, Les années 2020








































































































































