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SYNOPSIS : Les origines de Zatoichi – Le bandit aveugle (inédit) : Avant de devenir Zatoïchi, Shintaro Katsu incarne Suginoichi, un bandit aveugle froid et ambitieux, prêt à tout pour s’emparer du pouvoir, au détriment de ceux qui l’entourent…
La légende de Zatoichi – Le masseur aveugle : Le masseur aveugle Zatoïchi rend visite à un chef yakuza. Bientôt entraîné dans un conflit avec un clan rival, il se lie d’amitié avec un samouraï malade du camp adverse, tandis que la guerre entre les deux factions devient inévitable.
La légende de Zatoichi – Le secret (inédit) : Les tensions entre deux gangs rivaux éclatent au grand jour. Chaque chef désigne son champion : un ancien samouraï devenu pêcheur, porteur d’un lourd secret, et Zatoïchi, joueur invétéré et masseur, dont le sabre frappe avec la fulgurance de l’éclair.
La légende de Zatoichi – Un nouveau voyage (inédit) : Zatoïchi tente de se retirer dans son village natal, mais la violence le rattrape lorsqu’il se retrouve mêlé à un conflit entre un clan de yakuzas et des villageois opprimés.
La légende de Zatoichi – Le fugitif (inédit) : À son arrivée dans la ville de Shimonita, Ichi apprend qu’un chef yakuza local a mis sa tête à prix. Pris au piège, il découvre qu’un ancien amour a été assassiné. Dévoré par la colère, il part affronter les meurtriers : un ronin mercenaire et son clan.
Zatoïchi le sabreur aveugle est l’une des icônes du jidai-geki (film historique japonais) et du film de sabre (chanbara). Popularisé dès les années 1960, le personnage, incarné par Shintarō Katsu, a donné naissance à l’une des séries les plus longues et les plus influentes de l’histoire du cinéma japonais, avec 26 films officiels et plusieurs séries télévisées. La saga des cinq premiers films de Zatoïchi, centrée sur le personnage du masseur aveugle et épéiste interprété par Shintaro Katsu, représente une entrée magistrale dans le genre chanbara des années 1960, une période où le cinéma japonais explorait encore les codes du samouraï. Le coffret Zatoïchi, Les Années Daiei Volume 1 rassemble 5 films essentiels, avec pour la première fois une restauration en Blu-ray incluant les versions noir et blanc et couleur. Cette édition rend justice à la texture originale des films, en respectant l’esthétique et en fournissant une expérience visuelle et sonore très supérieure aux éditions antérieures.

Dans ce coffret, on retrouve en premier lieu Le Bandit aveugle. Ce film de 1960 nous offre une version pré-figurative du personnage, encore plus brutal que dans les épisodes qui suivront. Il a servi à mesurer l’intérêt narratif autour d’un marginal, armé d’une épée dissimulée dans une canne, évoluant sans clan. Ce premier volet délivre l’énergie brute qui annonce une légende à venir tout en misant sur une mise en scène directe et dramatique. En revanche, le scénario est moins affiné, on ressent l’aspect prototype du film, le personnage n’est pas encore pleinement incarné dans une logique de morale. Le deuxième film, La Légende de Zatoïchi : Le masseur aveugle (1962) marque le lancement officiel de la série telle que le public la connaît aujourd’hui. Ici, Zatoïchi est introduit comme un anti-héros associant marginalité avec un sens aigu de l’honneur, dans une narration plus structurée. L’intrigue met en place la division entre justice personnelle et survie sociale, à l’intérieur d’un Japon féodal traversé de tensions. Shintarō Katsu impose une présence forte, oscillant entre humour discret et maîtrise aiguisée du sabre. Ce film est souvent considéré comme l’un des piliers d’autres grandes œuvres japonaises. Le troisième volet intitulé Zatoïchi : Le Secret, réalisé par Kazuo Mori la même année, approfondit la psychologie du héros en le ramenant sur les lieux du premier film. Le scénario développe davantage l’univers narratif, explorant des thèmes de trahison, de lutte des clans et de loyauté incertaine. L’histoire prend une tournure plus criminelle et intrigante, avec une plus grande profondeur psychologique des personnages secondaires. Ce film est plus court et rythmé, tout en intensifiant l’action avec des chorégraphies de combat améliorées et une cinématographie plus dynamique. Le quatrième film de la série, Zatoïchi : Un nouveau voyage (1963) réalisé par Tokuzo Tanaka adopte une tonalité plus introspective. Le héros revient dans son village natal oublié, ce qui donne une narration plus réfléchie et mélancolique. L’aspect pèlerin devient central, renforçant l’idée que le héros n’est pas seulement un combattant, mais un vagabond en quête de sens. Le passage à la couleur apporte une nouvelle vitalité avec des teintes vives qui contrastent avec la noirceur thématique, grâce à cela les combats sont plus stylisés et mettent en valeur les éclaboussures de sang et les paysages. Ce volet est souvent salué pour son équilibre entre action et philosophie, une réussite narrative qui le distingue de films de sabre plus linéaires. Le dernier film de ce coffret s’intitule La Légende de Zatoïchi : Le Fugitif, toujours réalisé par Tokuzo Tanaka la même année. Dans ce film, Zatoïchi est poursuivi par des yakuzas, ce qui introduit une dynamique de fuite et de survie constante. L’urgence de la fuite donne au récit un rythme effréné et une intensité dramatique qui fait contraste avec les épisodes précédents. Ce cinquième film conclut sur une note de tension maximale, offrant une synthèse des éléments narratifs et emblématiques de la saga.
Ces cinq premiers films constituent une base exceptionnelle pour la saga, avec Shintarō Katsu qui incarne bien plus qu’un simple héros de film d’action. Il incarne une forme de résilience marginale, souvent associée à un code moral interne très fort malgré ses défauts apparents. Sa cécité devient une force symbolique renversant la hiérarchie sociale japonaise féodale, où un paria surpasse les samouraïs arrogants par son humilité, son intelligence sensorielle et son code moral inflexible. On peut pointer une répétitivité naissante dès le troisième film avec la formule du héros errant sauvant une femme en danger face à des yakuzas corrompus, ce qui dilue parfois l’originalité et rend certains personnages secondaires sans nuance. Les intrigues secondaires comme les romances souvent non abouties et les vengeances prévisibles peuvent sembler forcées. De plus les budgets modestes se voient dans des décors parfois théâtraux et des effets limités, mais cela confère tout de même un charme authentique. Ces défauts restent mineurs face à l’intelligence narrative, en faisant d’un aveugle le plus grand épéiste, une métaphore puissante sur la perception de la justice. Ces films vieillissent remarquablement bien grâce à leur humanité et leur subtilité.
Les cinq premiers films offrent une saga cohérente et mémorable portée par un acteur légendaire et méritent d’être redécouverts comme un pilier du cinéma japonais populaire qui allie divertissement et réflexion, prouvant que l’on peut captiver avec un héros imparfait sans recourir à la surenchère.
Crédits : Roboto Films
Catégories :Critique Blu-Ray, Sorties Vidéo








































































































































