Critique Blu-Ray

PROJECT X (Critique Blu-Ray)

SYNOPSIS : An 2118. Le climat géopolitique de la Terre a beaucoup changé. Lors d’une mission en Asie, Hagen Arnold, espion américain, a envoyé à ses supérieurs un message indiquant que l’Occident sera détruit dans quatorze jours. Mais lorsqu’il rentre aux États-Unis, il a perdu la mémoire. Le gouvernement doit trouver un moyen d’accéder aux informations enfouies dans sa mémoire

Sorti en 1968, Project X représente l’unique incursion sérieuse dans le domaine de la science-fiction pure de son réalisateur William Castle, lui, l’un des rois incontestés du cinéma d’horreur à petit budget des années 50-60 (La nuit de tous les mystères, 13 fantômes). Après ses tentatives ratées dans le monde de la parodie (13 filles terrorisées), il se voit confier (pour son dernier projet) par les studios Paramount une sorte de lot de consolation après avoir raté la réalisation de Rosemary’s Baby, laissant le fauteuil à Roman Polanski. Project X en ressortira comme un film plutôt étrange sous quelques aspect, ambitieux dans ses idées, mais souvent limité dans son exécution, il oscille entre audace et pur film de série B.

L’intrigue se déroule en 2118 dans une Terre surpeuplée, qui se retrouve divisée entre un Occident et un bloc oriental menaçant. Hagen Arnold (Christopher George), un agent des services secret, revient d’une mission en territoire ennemi où il a découvert que l’Orient prépare la destruction totale de l’Occident dans quatorze jours. Pour éviter la torture après sa capture, il ingéré un puissant médicament qui le plonge dans le coma tout en effaçant sa mémoire. Placé en hibernation cryogénique, il est réveillé par une équipe de scientifiques dirigée par le docteur Crowther (Henry Jones) dans le but d’extraire de son cerveau des informations importantes sur l’arme secrète ennemie. Pour ce faire, ils vont créer une réalité alternative dans son esprit. Ils le projettent mentalement dans le Los Angeles de 1968, époque plus violente et chaotique (émeutes, criminalité, ambiante), où il devient un braqueur de banque poursuivi par la police. L’idée du projet est que le stress et les situations extrêmes déclencheront des souvenirs de sa mission réelle, que les observateurs pourront capter pendant qu’il dort dans la réalité.

La première partie du film et l’idée de base sont incroyablement riches, on en retrouvera d’ailleurs beaucoup dans des classiques ultérieurs où le cerveau est manipulé dans une réalité fabriquée de toute pièce. On pense forcément à Matrix (1999), Dark City (1998), Total Recall (1990) ou même encore certains épisodes de la série Black Mirror.

Malheureusement pour Project X l’exécution de ce très bon scénario n’est à la hauteur de nos espérances. Les moyens très modestes du film n’auront pas eu le dernier mot. Tourné en grande partie en plateau et dans un ranch de la Paramount, le futur de 2118 ressemble davantage à des bureaux administratifs mal éclairés, tandis que la capsule d’hibernation évoque des lavabos futuristes plutôt que de la haute technologie.

Visuellement, le film a mal vieilli mais garde tout de même un charme rétro futuriste kitsch. La mise en scène est bien huilée et le rythme est plutôt soutenu malgré quelques longues séquences dans le laboratoire futuriste, où Henry Jones et les autres acteurs secondaires (Harold Gould, Phillip Pine) débitent des dialogues pseudo scientifiques. Christopher George, lui est parfait dans son rôle charismatique et viril.

Sorti en 1968, le film a souffert de la concurrence et des comparaisons en faisant face à deux mastodontes de la science –fiction : 2001, l’Odyssée de l’espace (Stanley Kubrick) et La Planète des singes (Franklin Schaffner), qui eux faisaient preuve de grandeur philosophique pour l’un et de satire acérée pour l’autre. Ces deux films l’ont malheureusement complètement éclipsé.

C’est un film bancal, foisonnant d’idées brillantes noyées dans une réalisation digne de série B et des décors cheap. Pourtant, il mérite d’être redécouvert pour son idée originale, un prototype de Matrix croisé avec des films à la James Bond, le tout saupoudré de psychédélisme. Project X se classe dans la catégorie des nanars fascinant, un véritable chaînon manquant dans la science-fiction des années 1960. Même si le résultat reste imparfait, l’idée de départ était ambitieuse et nous ébloui par ses défauts autant que par ses éclairs de génie.

Titre original: PROJECT X

Réalisé par: William Castle

Casting: Christopher George, Greta Baldwin, Henry Jones…

Genre: Science fiction

Sortie en Combo DVD – Blu-Ray le 3 décembre 2025 chez Rimini Editions

TRÈS BIEN

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