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SYNOPSIS : Il est temps d’instruire le procès du régime nazi à Nuremberg. Le psychiatre américain Douglas Kelley doit évaluer la santé mentale des dignitaires du IIIᵉ Reich. Face au manipulateur Hermann Göring, il se retrouve pris dans un rapport de force. S’ouvre alors un duel avec le mal absolu.
Quand Hollywood s’empare d’un évènement aussi important que le Procès de Nuremberg, il est évidemment d’usage de douter en premier lieu. A l’origine de cet étonnant projet pas vraiment centré là où on l’attendait, il y a James Vanderbilt – scénariste d’un paquet de scripts dont le Zodiac de David Fincher, mais également The Amazing Spider-Man et Independance Day Resurgence. Pour son deuxième long-métrage en qualité de metteur en scène, Vanderbilt (et son étrange et multi-facettes carrière) se plonge dans les coulisses du procès le plus célèbre de tous les temps. La Seconde Guerre Mondiale est terminée, les hauts-gradés nazis sont traqués. Hermann Göring, surnommé le « second d’Hitler« , est arrêté par les américains. Le Juge Robert Jackson a alors l’idée d’un gigantesque procès d’ampleur mondiale : il va tenter de rallier les gouvernements Alliés pour faire comparaître 22 gradés nazis devant un tribunal international. Le psychiatre Douglas Kelley est alors appelé pour s’entretenir avec les détenus, établir leurs profils psychologiques et les empêcher de se suicider avant la tenue du procès qui s’annonce extrêmement médiatisé.

Vanderbilt raconte alors la rencontre entre Göring et Kelley, grâce au face à face impressionnant livré par Russell Crowe et Rami Malek. Le premier est spectaculaire sous le maquillage du monstrueux Hermann Göring, présenté froid manipulateur et intellectuel notoire, au phrasé référencé et au charisme écrasant, le second se montre beaucoup plus à fleur de peau, livrant un psychiatre obsédé par l’idée de comprendre ce qui a amené la « Solution Finale » dans la tête de ces hommes. Leur relation, filmée dans les intervalles de ces sessions de discussions entre un psy et son patient dans les couloirs froids d’une prison délabrée (là où Göring est toujours impeccablement apprêté dans son costume), permet au film de justifier son existence. Non comme un récit spectaculaire qui minimise l’importance de l’évènement pour livrer un divertissement fast-food à une industrie toujours plus affamée, mais comme une tentative de rentrer dans la psyché des personnes qui ont commis les pires atrocités possibles à l’intérieur (et à l’extérieur) des camps de concentration.

S’il garde évidemment un traitement simplifié de ses questions politiques (film de 2h30 oblige, nous assistons à une présentation rendue accessible au plus grand nombre plus qu’à une thèse ultra-détaillée qui aurait largué tout le monde), Nuremberg s’avère étonnamment assez impressionnant dans l’habillage de son sujet et relativement précis sur le traitement de son étude de la monstruosité. En se focalisant sur le psychiatre qui a tenté de rentrer dans la tête de ces 22 gradés nazis jugés à Nuremberg, Vanderbilt trouve le point de vue parfait, rentrant à hauteur d’humain dans cette affaire aux dimensions démesurées, qui n’est pas exempt de raccourcis faciles, mais pourtant toujours au service de ce qu’il cherche à dire de son sujet sans le prendre à la légère.

En résulte alors une reconstitution bien plus intéressante que ce que l’on pouvait craindre de prime abord, regardant frontalement les faits survenus pour remettre en perspective les personnes responsables de tout ça qui « ont simplement suivi les ordres ». Nuremberg pose des réflexions philosophiques très intéressantes sur la barrière entre le bien et le mal, en se focalisant sur la relation ambiguë entre Göring et Kelley, où chacun cherche à déstabiliser l’autre à coups de grands discours affutés. Vanderbilt découpe un drame juridique à la fois dérangeant et fascinant, où l’on est amené à regarder en face les conséquences de l’indicible. Avec cette question sous-jacente démesurément simple mais pourtant terrifiante : qu’est-ce qui différencie le commun des mortels des responsables d’un génocide ? En nous faisant regarder ça en face, Vanderbilt réussit dignement l’exercice, dans un écrin obligatoirement très américano-centré (Hollywood oblige) mais intelligemment nuancé dans ses propos et dénué d’un quelconque cynisme qui aurait fait vriller tout l’équilibre habilement construit tout au long de sa réflexion.

Titre original: NUREMBERG
Réalisé par: James Vanderbilt
Casting: Russell Crowe, Rami Malek, Richard E. Grant…
Genre: Drame, Historique
Sortie le: 28 janvier 2026
Distribué par : Nour Films

TRÈS BIEN
Catégories :Critiques Cinéma








































































































































