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SYNOPSIS : PRIMATE suit un groupe d’amis dont le séjour idyllique sur une île lointaine dégénère en un affrontement bestial.
On doit avouer que l’on n’aurait pas vraiment parié sur le film de chimpanzé tueur. Notre première rencontre avec le projet évoque d’abord, sur le papier, l’idée farfelue d’un producteur opportuniste qui aurait vu dans la scène d’introduction du Nope de Jordan Peele un potentiel inachevé de slasher nanardesque – mais l’on doit bien avouer, après visionnage, que parfois les apparences sont trompeuses… Primate suit Lucy (Johnny Sequoyah), une jeune étudiante de retour dans la villa familiale où elle retrouve sa petite sœur Erin (Gia Hunter), son père Adam (Troy Kutsur), ses amies Kate (Victoria Wyant), Nick (Benjamin Chang) et Hannah (Jessica Alexander) – et le petit dernier de la famille, Ben, un chimpanzé « de compagnie » jovial et très intelligent. Les intrigues adolescentes vont bon train – une distance entre les deux sœurs et des amourettes contrariées – avant qu’une succession d’évènements étranges ne menacent la maison : Ben commence à montrer des signes de violences, et lorsque nos protagonistes comprennent enfin que leur singe adoré a attrapé la rage, il est déjà trop tard et notre bande plonge se réfugier dans la piscine (le seul endroit où Ben ne peut pas les atteindre étant donné qu’il n’a jamais appris à nager…).

Il n’en fallait pas plus pour construire ce Primate, qui s’annonce dès son introduction par une ambition claire : nous sommes ici en territoire gore, très très gore, à tendance 100% effets spéciaux pratiques (prothèses et maquillages), dans un vrai grand défouloir de cinéma de série B. Et quelque part, on ne pouvait pas en attendre bien plus, tant le réalisateur Johannes Roberts nous offre un slasher d’une générosité débordante, assumant son attrait pour les codes simplistes du genre au service d’une efficacité graphique et narrative à toute épreuve. Primate sait exactement ce qu’il fait, que ce soit dans les comportements de ses personnages (certains de leurs choix sont illogiques ou irréfléchis, mais ils sont acculés par une menace surpuissante et imprévisible dans un terrain de chasse fermé) comme dans son imagination débordante pour ses killshots toujours plus démesurés. On aura vu récemment peu de proposition du genre s’éclatant autant à malmener ses personnages des façons les plus crades et inattendues possibles, poussant ses limites vers le bac à sable horrifique le plus enthousiasmant, résultant en une escalade foutraque et profondément jouissive de bains de sang purement calibrés pour dégainer les meilleurs effets plateaux possibles (on pense principalement à Ben, qui aurait facilement été animé en CGI autre part, mais qui est ici incarné en « chair et en os » par Miguel Torres Umba sous un impressionnant « monkey suit » auquel on croit à chaque gros plan, sans exception).

Dans le paysage horrifique moderne, lequel a tendance à se réinventer constamment et à chercher à « twister » le genre et les attentes pour surprendre toujours plus, Primate joue quelque part le puriste en rattachant un concept risible à une proposition de série B délicieusement old school derrière son casting de jeunes adultes acculés autour d’une piscine par un chimpanzé devenu psychopathe.

Purement calibré pour l’efficacité, sans un instant s’aplatir au niveau d’un nanar ayant trop peur de s’assumer, Primate est un exemple brillant de simplicité horrifique qui déborde d’amour pour le genre, une vraie boucherie animale et nerveuse, dont la générosité finit par contaminer le public au terme d’une jolie singerie qu’on n’avait franchement pas vue venir – et ça nous apprendra à juger sur les apparences…

Titre Original: PRIMATE
Réalisé par: Johannes Roberts
Casting: Johnny Sequoyah, Jessica Alexander, Victoria Wyant …
Genre: Épouvante-Horreur
Sortie le : 21 janvier 2026
Distribué par: Paramount Pictures France
EXCELLENT
Catégories :Critiques Cinéma








































































































































