Critiques Cinéma

28 ANS PLUS TARD : LE TEMPLE DES MORTS (Critique)

SYNOPSIS : Dans ce nouveau volet de la saga, le docteur Kelson noue une relation aussi troublante qu’inattendue dont les répercussions sont susceptibles de bouleverser notre monde. De l’autre côté, la rencontre entre Spike et Jimmy Crystal tourne au cauchemar. Dans LE TEMPLE DES MORTS, ce ne sont plus les infectés qui représentent la plus grande menace pour la survie de l’espèce humaine – c’est l’absence d’humanité des rescapés qui se révèle être le danger le plus terrifiant…

Avec 28 Ans plus tard : Le Temple des Morts, la saga initiée par Danny Boyle et Alex Garland poursuit sa mue ambitieuse. Pensé dès l’origine comme une trilogie, ce retour se poursuit via un deuxième long métrage, tourné coup sur coup avec le précédent, qui arrive en salles avec une mission délicate : approfondir un univers qui avait déjà surpris, divisé, et parfois dérouté. Si Alex Garland reste solidement accroché au scénario, Danny Boyle laisse cette fois la caméra à Nia DaCosta, un choix qui, sur le papier, pouvait inquiéter. Pourtant, loin de simplement assurer une transition, Le Temple des Morts s’impose comme un film radical, dense et bouleversant, au point de redéfinir l’ampleur de toute la saga.

Le premier choc de ce nouveau volet tient à son changement de réalisatrice. Connue pour son remake de Candyman et pour l’accident industriel qu’a été The Marvels (qui objectivement, indépendamment de son bide critique et économique, était assez affligeant à tous les autres niveaux), Nia DaCosta ne semblait pas forcément l’option la plus rassurante pour reprendre une franchise aussi marquée par la patte de Danny Boyle. D’autant plus que le premier 28 Ans plus tard, malgré notre enthousiasme l’année dernière, avait reçu un accueil pour le moins divisé auprès des spectateurs. Exit ici les expérimentations à l’iPhone : DaCosta opte pour une mise en scène plus classique en apparence, mais d’une redoutable efficacité. Visuellement mais aussi via un énorme travail réalisé sur le son (à ce titre, allez impérativement voir ce film dans une salle de cinéma pour en profiter de la meilleure des façons possibles), le film frappe sans détour, enchaînant les moments coup de poing avec une virtuosité impressionnante. Loin d’être un simple épisode de transition, Le Temple des Morts apparaît rapidement plus abouti, plus maîtrisé, et surtout plus dense, développant enfin des idées que le précédent volet n’avait fait qu’esquisser.

Là où ce deuxième film surprend véritablement, c’est ainsi dans son approche narrative et thématique. Plus radical, plus poétique, voire plus philosophique, il ne cherche jamais à rassurer le spectateur. La violence y est plus frontale, plus dérangeante, notamment à travers la secte de Jimmy et de ses Jimmies, l’un des véritables cœurs incandescents du récit. Mais réduire le film à cette seule brutalité serait une erreur. En parallèle, Le Temple des Morts développe un autre versant, encore plus important, presque lyrique, porté par Kelson (Ralph Fiennes) et Samson (Chi Lewis-Parry), l’Alpha gigantesque introduit dans le premier volet. Si Spike (Alfie Williams) fait le lien entre ces deux mondes avant leur collision inévitable, le film prend le temps d’explorer chacun avec une intelligence remarquable. Le traitement réservé à Samson, en particulier, s’avère aussi inattendu qu’émouvant, offrant l’un des arcs les plus marquants de toute la saga.

Sans révéler ses enjeux précis, il est clair que Le Temple des Morts fonctionne comme une forme de clôture interne au sein de la trilogie. En ce sens, les détracteurs du premier film pourraient bien être amenés à le réévaluer, tant cette suite agit comme un aboutissement narratif et thématique. Plus généreux, plus direct, il reprend quasiment là où son prédécesseur s’arrêtait et met immédiatement les pieds dans le plat, sans temps mort. Cette montée en puissance est également portée par un casting absolument hallucinant. Ralph Fiennes irradie le film de bout en bout, apportant une ampleur spirituelle et symbolique qui donne une profondeur nouvelle à l’univers. Jack O’Connell, qui en a fait du chemin depuis Skins, s’est certainement dit à l’issue du tournage qu’il n’était jamais allé aussi loin, tandis que Chi Lewis-Parry impressionne par la subtilité et la présence physique et émotionnelle qu’il confère à Samson.

En clôturant un flux narratif tout en amorçant un autre dans ses toutes dernières minutes, 28 Ans plus tard : Le Temple des Morts s’impose comme le meilleur volet de la saga à ce jour. Plus fourni, plus violent, mais aussi plus émouvant et réfléchi, il ose des propositions que l’on n’avait encore jamais vues à l’écran, conférant à un genre éculé et malmené un nouveau souffle, bien loin des débilités ressassées n’importe comment durant des années dans les séries The Walking Dead. Certes, cette nouvelle approche ne plaira pas à tous, tant elle exige une adhésion totale à sa poésie sombre, à sa brutalité décalée assumée, qui se détachent davantage qu’elles ne poursuivent celles initiées dans 28 Jours plus tard et 28 Semaines plus tard. Le troisième volet de 28 Ans plus tard risque toutefois de rebattre les cartes mais nous n’en dirons pas plus. En somme pour celles et ceux qui acceptent le voyage, le résultat de ce Temple des Morts est une claque monumentale, une véritable bombe atomique avec une apogée qui contient d’ores et déjà l’une des meilleures scènes de cinéma de l’année 2026. Magistral, atypique, audacieux, et profondément marquant, ce deuxième volet confirme que la saga n’a jamais été aussi qualitative et passionnante que durant cette nouvelle trilogie. Et une chose est sûre : nous serons de nouveau en salle cette semaine pour le revoir.

 

Titre Original: 28 YEARS LATER : THE BONE TEMPLE

Réalisé par: Nia DaCosta

Casting:  Ralph Fiennes, Alfie Williams, Jack O’Connell …

Genre: Epouvante-Horreur

Sortie le: 14 janvier 2026

Distribué par: Sony Pictures Releasing France

CHEF-D’OEUVRE




Laisser un commentaire