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SYNOPSIS : Maria élève seule ses deux fils, Ryan et Dario. À eux trois ils tiennent le stand de tir dans une petite fête foraine. Après une balade en moto avec son grand frère, Dario disparait et reste introuvable. C’est seulement le lendemain qu’il réapparait blessé et muré dans le silence. Vingt ans plus tard, à la mort de leur mère, les deux frères se retrouvent. Dario a reconstruit sa vie au Canada, alors que Ryan est lui, resté à Ferris Wheel, vivant du stand et de petites combines. Dario redécouvre cette vie foraine, presque oubliée, et la famille qui la compose. Mais un soir, parmi l’entourage de Ryan, il se retrouve par hasard, face à l’un de ses ravisseurs. De ce jour, les deux frères doivent composer avec d’un côté la vengeance, et de l’autre, le pardon…
Premier long-métrage piloté par le réalisateur Julien Hosmalin, le bien nommé Sans Pitié nous plonge en plein décor de fête foraine typiquement française pour s’inventer une esthétique de polar américain – et cette fusion trouve vite son sens dans l’énergie singulière de cet unique début de carrière sur grand écran. On y rencontre Maria, gérante d’un stand de tir à la carabine, élevant seule ses deux fils Rayan et Dario dans une modeste caravane. Vingt ans plus tard, Dario – parti s’installer au Canada depuis plusieurs années – est contraint de revenir sur ses terres d’enfance et de se réunir avec son frère. Ensemble, ils vont démêler un ancien traumatisme et se lancer malgré eux dans un effroyable et inarrêtable cycle de vengeance.

A travers un premier film étonnamment rugueux, Hosmalin dégaine un thriller aux ambitions sèches à travers cette quête de sens au-delà d’une enfance marquée par un évènement traumatisant – dont les visions nous sont révélées au compte-goutte par des violents flashbacks tout au long du film. Loin d’en faire un énième polar franco-français désespérément semblable aux milliers qui ont précédé, Sans Pitié propose une parenthèse de cinéma bien singulière, autant par son esthétique âpre délivrée par la très belle photographie de Florian Solin que par l’interprétation habitée d’un casting à fleur de peau dans leur approche de la radicalité.

En tête de proue, le duo Adam Bessa/Tewfik Jallab est épatant, tous deux dans une harmonie impeccable au service d’un « face à face » d’une propreté très impressionnante. En résulte alors un polar sombre et violent, hautement stylisé dans ses zones d’ombre et dans son traitement de la lumière à l’écran, pourtant souvent pesé par un montage un peu trop mordant pour parvenir à entièrement saisir l’entièreté des propos du film. Sans Pitié s’impose comme une excellente note d’intentions pour un réalisateur d’ores et déjà très prometteur, bien qu’il s’affaisse dans sa seconde moitié à cause d’un scénario qui manque de souffle pour faire monter l’ensemble à la hauteur des classiques indiscutables du genre.

Mais Hosmalin livre malgré ces quelques défauts formels un premier film saisissant, un impact lourd de sens qui imprime déjà un potentiel cinématographique certain dans un paysage francophone parfois bien terne. En plongeant à l’intérieur d’un décor lourd d’imaginaire enfantin (les contours d’une fête foraine et de ses stands remplis de cadeaux) pour représenter la lourdeur d’un traumatisme qui va retourner une petite ville, et en étudiant les rapports de force qui régissent cette communauté, Sans Pitié saisit une certaine approche de la violence, jamais spectaculaire mais plutôt incarnée dans une série de choix qui semblent trop importants pour être ignorés. Hosmalin (au scénario avec Olivier Torres, Kamel Guemra et Myriam Dupuis) capte une énergie et une rage singulières, dissimulés dans les non-dits, qui – en menaçant d’exploser – fait vriller l’équilibre d’une fratrie qu’on voit se lier dans une surprenante tragédie au-delà de l’adversité. En résulte un long-métrage structurellement encore imparfait qui surprend autant qu’il cogne dur, signes d’un potentiel radical qui nous mène déjà à attendre avec impatience sa prochaine excursion sur grand écran.

Titre original: SANS PITIÉ
Réalisé par: Julien Hosmalin
Casting: Adam Bessa, Tewfik Jallab, Jonathan Turnbull…
Genre: Drame, Thriller
Sortie le: 14 janvier 2026
Distribué par : Moonlight films distribution
TRÈS BIEN
Catégories :Critiques Cinéma, Les années 2020








































































































































