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B.R.I (Critique Saison 2) Un vrai régal …

 

SYNOPSIS : À la suite d’une fusillade entre trafiquants de drogue et policiers, l’équipe de jeunes flics d’élite dirigée par Saïd se retrouve au cœur d’une vaste enquête qui s’avère bien plus complexe que prévue. Alors que le groupe tente par tous les moyens de faire tomber l’un des plus gros trafiquants européens, un mystérieux gang de braqueurs sans foi ni loi se met en travers de leur chemin…

Après une première saison prenante et remarquablement maîtrisée, B.R.I confirme avec éclat son statut de série policière majeure du paysage audiovisuel français. Diffusée à partir du 12 janvier 2026 sur Canal+, cette saison 2, créée par Jérémie Guez et Erwan Augoyard, et réalisée par Jérémie Guez et Nicolas Guicheteau, ne se contente pas de reproduire une formule gagnante : elle l’approfondit, la densifie et la rend encore plus âpre.

La série prend le temps de poser ses enjeux dans ses premiers épisodes, laissant l’intrigue évoluer en douceur, presque insidieusement. Puis survient un épisode 3 de très haut vol, véritable point de bascule où la tension atteint un paroxysme saisissant. À partir de là, B.R.I saison 2 devient plus mordante, plus sombre et totalement addictive, sans jamais relâcher la pression jusqu’à son terme.

Au moment de la saison 1, nous disions ceci : « C’est rare dans la fiction française cette manière de filmer, percutante et intense, sans discontinuer, doublée d’une tension et d’une électricité qui innerve aussi bien les séquences d’action et de filatures que les scènes d’entrainement ou de bureau. » Force est de constater que ce postulat est à nouveau tenu haut la main. La mise en scène reste sèche, nerveuse, immersive, et c’est toujours un vrai régal de retrouver cette signature visuelle et narrative si singulière dans le paysage des séries françaises. Côté intrigue, la saison 2 repose sur un synopsis solide et implacable : « Le meurtre de deux policiers des stups met la BRI sur la piste d’un commissaire corrompu… l’enquête devient personnelle pour Socrate qui démêle un fil qui pourrait le mener à Seedorf, l’homme responsable de la mort de ses parents. Mais rapidement, un mystérieux groupe armé ultra-violent vient se mettre en travers de leur chemin. »

Si les membres de la BRI faisaient corps en saison 1, le groupe est cette fois violemment confronté à ses propres failles : la peur, l’échec, la perte, et parfois la mort. Ces nouveaux épisodes mettent clairement l’équipe en grand danger, aussi bien physiquement que psychologiquement, renforçant encore l’attachement aux personnages. La distribution, quasi intégralement reconduite atteint un niveau de justesse remarquable. Sofian Khammes, Ophélie Bau, Théo Christine, Rabah Naït Oufella, Waël Sersoub et Emmanuelle Devos sont tous à nouveau investis, profonds et excellents, donnant une épaisseur humaine rare à cette plongée dans la violence institutionnelle et morale. Il faut également saluer la prestation à nouveau saisissante de Nina Meurisse, absolument impressionnante dans le rôle de cette trafiquante à la fois inconsciente, vulgaire et, contre toute attente, parfois profondément touchante. L’actrice parvient à faire exister un personnage borderline sans jamais tomber dans la caricature, trouvant un équilibre subtil entre brutalité, fragilité et humanité. Par ses choix audacieux et la diversité de ses interprétations — de Cœurs noirs à La Fièvre, en passant par 37 secondes Nina Meurisse poursuit un parcours exemplaire qui confirme, projet après projet, qu’elle est aujourd’hui l’une des comédiennes les plus brillantes et les plus passionnantes du paysage audiovisuel français.

Deux nouveaux personnages majeurs viennent enrichir cet équilibre déjà solide. Léa Catania, dans le rôle de Jill, impose un tempérament fort et une présence impressionnante. Quant à Vincent Perez, toujours aussi charismatique, il apporte une densité supplémentaire à l’intrigue, notamment à travers une confrontation avec Emmanuelle Devos qui s’annonce – et se révèle – loin d’être de tout repos.

Il faut également souligner que la violence de cette saison 2 est encore plus crue et frontale. Jérémie Guez ne cherche ni l’édulcoration ni la complaisance : il enfonce le clou, assumant pleinement une vision sombre, radicale et sans concession. Plus que jamais, il s’inscrit dans le sillage d’un Olivier Marchal, et pour nous, c’est l’un des plus beaux compliments que l’on puisse lui faire. Si cette saison 2 offre une conclusion solide et maîtrisée, elle n’en demeure pas moins terriblement stimulante. B.R.I a su élever son niveau d’exigence, de tension et d’émotion, au point de nous laisser sur des charbons ardents. On espère désormais très vivement une saison 3, tant cette série s’impose comme l’une des propositions les plus fortes et les plus cohérentes du polar français contemporain.

Crédits : Canal Plus

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