![]()

SYNOPSIS : Au nord du Mexique, un village de paysans reçoit régulièrement la visite de Calvera et ses bandidos. Ils décident d’acheter des armes pour tenter de leur résister. Puis leur vient une nouvelle idée : louer les services de mercenaires pour se défendre…
Il est des films qui, par leur audace et leur sincérité, transcendent leur genre pour devenir des mythes. The Magnificent Seven, réalisé par John Sturges en 1960, appartient à cette catégorie rare. Adaptation américaine du chef-d’œuvre japonais Les Sept Samouraïs d’Akira Kurosawa, ce western ne se contente pas de transposer une intrigue : il réinvente un langage cinématographique, forge une esthétique, et inscrit son empreinte dans l’histoire du cinéma. Le projet de The Magnificent Seven naît d’une fascination profonde pour le cinéma japonais. John Sturges, déjà reconnu pour ses westerns (Gunfight at the O.K. Corral, Last Train from Gun Hill), voit dans Les Sept Samouraïs une structure narrative universelle : celle de héros marginaux unis par une cause juste. Le producteur Walter Mirisch acquiert les droits d’adaptation, et confie à Sturges la tâche de transposer cette épopée dans le Far West mexicain. Le scénario, attribué officiellement à William Roberts, est en réalité le fruit d’un travail collectif, notamment celui de Walter Newman, dont les dialogues incisifs et les caractérisations marquées ont façonné l’âme du film. Le contexte de production, marqué par une grève des scénaristes, a contribué à une attribution controversée des crédits, mais n’a en rien entamé la cohérence du récit.

Sturges, artisan du western classique, trouve ici l’occasion d’explorer une dimension plus mythique du genre. Là où ses précédents films s’ancrent dans des conflits historiques, The Magnificent Seven s’élève vers une abstraction héroïque. Le réalisateur y déploie une maîtrise du cadre Panavision, magnifiant les paysages mexicains et orchestrant les scènes d’action avec une précision chorégraphique. Ce film marque une étape décisive dans sa carrière : il passe du western réaliste au western stylisé, prélude à La Grande Évasion (1963), où il retrouvera certains de ses acteurs fétiches. Le style de Sturges, fait de plans larges et de coupes mesurées, offre une respiration au récit et permet aux personnages d’exister pleinement dans l’espace.

Le casting de The Magnificent Seven est une constellation de talents en devenir. Yul Brynner, dans le rôle de Chris Adams, impose une autorité calme et magnétique. Vêtu de noir, crâne rasé, il incarne une figure de chef stoïque, presque biblique. Steve McQueen, en Vin Tanner, joue de son charme désinvolte et de ses gestes subtils pour capter l’attention, au point de provoquer la jalousie de Brynner sur le plateau. Charles Bronson, James Coburn, Robert Vaughn, Brad Dexter et Horst Buchholz complètent cette galerie de mercenaires, chacun avec une personnalité distincte. Bronson, notamment, apporte une tendresse inattendue dans ses scènes avec les enfants du village, conférant à son personnage une humanité touchante. Eli Wallach, en Calvera, bandit affable et cynique, offre une performance nuancée, loin du méchant caricatural. Son charisme et son humour en font un adversaire fascinant, et son influence se prolongera jusque dans Le Bon, la Brute et le Truand, où Sergio Leone lui offrira le rôle de Tuco. Impossible d’évoquer The Magnificent Seven sans saluer la partition d’Elmer Bernstein. Son thème principal, vibrant et entraînant, est devenu l’un des plus reconnaissables du cinéma. Inspiré par Aaron Copland et les traditions musicales américaines, Bernstein compose une musique qui transcende le film : elle incarne l’héroïsme, la camaraderie, et l’élan épique. Le rythme de la musique, plus rapide que celui du montage, crée une tension dynamique qui soutient les scènes d’action. Utilisée plus tard dans les publicités Marlboro, la bande-son a acquis une vie propre, devenant emblématique du western hollywoodien.

The Magnificent Seven n’est pas seulement un remake : c’est un pont entre deux cultures cinématographiques. Kurosawa lui-même admirait les westerns américains, et son œuvre s’inspirait de John Ford. En retour, Sturges adapte Les Sept Samouraïs en respectant sa structure, tout en l’inscrivant dans les codes du western. Le film a popularisé le schéma du “groupe de professionnels en mission”, repris dans The Wild Bunch, The Dirty Dozen, ou encore Ocean’s Eleven. Il a aussi influencé des œuvres animées comme A Bug’s Life, qui reprend la trame narrative dans un univers enfantin.À sa sortie, The Magnificent Seven ne rencontre pas un succès immédiat au box-office américain. Les studios le considèrent comme un semi-échec. Mais le bouche-à-oreille, les rediffusions télévisées et l’accueil enthousiaste à l’étranger lui offrent une seconde vie. Le film devient culte, et ses répliques entrent dans la légende : “We deal in lead, friend” ou “I never rode shotgun on a hearse before”. Aujourd’hui, il figure régulièrement dans les classements des meilleurs films de tous les temps. Conclusion : The Magnificent Seven est plus qu’un western : c’est une célébration du courage, de la solidarité et du sacrifice. Par son esthétique soignée, ses personnages charismatiques, sa musique envoûtante et son héritage durable, il s’impose comme un jalon du cinéma mondial. John Sturges y signe une œuvre à la fois populaire et profonde, accessible et érudite. Et si l’on devait résumer son essence en une phrase, ce serait celle-ci : The Magnificent Seven est un hommage vibrant à l’héroïsme ordinaire, magnifié par le langage universel du cinéma.

Titre Original: THE MAGNIFICENT SEVEN
Réalisé par: John Sturges
Casting : Steve McQueen, Yul Brynner, Eli Wallach …
Genre: Western
Sortie le : 1er février 1961
Distribué par: –
CHEF-D’ŒUVRE
Catégories :Critiques Cinéma, Les années 60








































































































































