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SYNOPSIS : Lors d’un week-end à la campagne, Laura, étudiante à Berlin, survit miraculeusement à un accident de voiture. Physiquement épargnée mais profondément secouée, elle est recueillie chez Betty, qui a été témoin de l’accident et s’occupe d’elle avec affection. Peu à peu, le mari et le fils de Betty surmontent leur réticence, et une quiétude quasi familiale s’installe. Mais bientôt, ils ne peuvent plus ignorer leur passé, et Laura doit affronter sa propre vie.
Passé par la dernière sélection de la Quinzaine des Cinéastes, le nouveau long-métrage du réalisateur allemand Christian Petzold se pare d’une bien étrange esthétique pour conter un récit brumeux dessiné autour des comédiennes Paula Beer et Barbara Auer. La première est Laura, jeune apprentie pianiste berlinoise. Lors d’une visite à la campagne avec son compagnon, ce dernier perd le contrôle de sa décapotable écarlate et se plante non loin de la petite maison isolée de la seconde, Betty. La police intervient : le petit ami de Laura vient de perdre la vie. En état de choc et blessée, cette dernière est recueillie par Betty qui lui offre une place dans son charmant foyer. Mais la situation semble troublée par un non-dit : Betty lui prête des vêtements parfaitement à sa taille, un beau piano désaccordé traîne dans le salon et les passants regardent d’un air curieux Laura aider son hôte à repeindre en blanc sa clôture. Quelque chose de l’ordre du mythe se dessine sur cette histoire banale, cachant toutes ses intentions pour laisser le spectateur tirer ses propres conclusions sur les évènements, ce qui finit pourtant par décharger le film d’un potentiel sentimental déchirant au profit d’un récit brumeux pourtant habité par son excellent casting.

En tête, Paula Beer crève l’écran. Sa Laura, taiseuse, observatrice, en recherche d’affection (et peut-être d’une famille ?), raconte la sidération face au traumatisme. La jeune femme prend petit à petit sa place dans le foyer (elle répare le lave-vaisselle, le vélo et le piano), comblant une absence que l’on comprend très vite écrasante lorsque Betty invite son mari et leur fils – qui semblent vivre séparés depuis quelques temps – à manger pour la soirée.

L’apparition impromptue de Laura, comme un fantôme au sourire élégant et à l’innocence limpide, sert de catalyseur à un récit fracturé. Petzold dessine son film comme à travers un prisme, imposant une certaine délicatesse qui finit pourtant par faire perdre un certain charme à l’ensemble en faisant tourner à vide la machine à son terme. Lorsque l’on comprend – très vite – les tenants à aboutissants du « secret » de Betty (la raison de ce sentiment lourd d’absence au sein du foyer et de la séparation de cette famille en apparence ordinaire), Miroirs n°3 s’essouffle dans une énergie mystérieuse un peu vaine et seulement relevée par l’élégance de ses interprètes et la délicatesse de sa mise en scène. La photographie doucereuse captée par Hans Fromm, pointant des couleurs vives qui laissent planer le doute sur la nature des évènements à l’écran (nos personnages ne seraient-ils pas des âmes en peine dans un monde fabriqué de toute pièce ?), permet notamment à Petzold de construire un récit flottant autour de ses deux héroïnes taiseuses, dessiné sur l’importance du silence et sur les secrets qu’il semble cacher.

Parfois trop austère et parfois en manque d’audace struturelle, Miroirs n°.3 reste déséquilibré de nature mais emporte pourtant par la curiosité de sa proposition, autour de Beer et d’Auer qui épatent dans une valse sentimentale légère et évanescente, et d’une mise en scène d’une étonnante délicatesse qui tisse sur ses personnages une étrange impression de monde-fantaisie plus complexe qu’en apparence… En résulte une impression mitigée, partagée entre la présence planante d’une émotion diffuse que l’on capte dans les non-dits et l’absence de repères clairs qui déséquilibre le film par une certaine légèreté un peu dommageable.

Titre Original: MIROIRS N°.3
Réalisé par: Christian Petzold
Casting : Paula Beer, Barbara Auer, Matthias Brandt.…
Genre: Drame
Sortie le : 27 août 2025
Distribué par: Les Films du Losange

BIEN
Catégories :Critiques Cinéma, Les années 2020








































































































































