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SYNOPSIS : Hank Thompson a été un joueur de baseball prodige au lycée, mais désormais il ne peut plus jouer. À part ça, tout va bien. Il sort avec une fille géniale, il est barman la nuit dans un bar miteux à New York, et son équipe préférée, donnée perdante, est en train de réaliser une improbable remontée vers le titre. Quand Russ, son voisin punk lui demande de s’occuper de son chat pendant quelques jours, Hank ignore qu’il va se retrouver pris au milieu d’une bande hétéroclite de redoutables gangsters. Les voilà tous après Hank, et lui ne sait même pas pourquoi. En tentant d’échapper à leurs griffes, Hank doit mobiliser toute son énergie et rester en vie assez longtemps pour comprendre.
Projet passion pour Darren Aronofsky, composé en tandem avec Charlie Huston – auteur du roman d’origine et désormais scénariste de l’adaptation – ce Pris au Piège ressemble à la fois à un pur plaisir cinéphile conséquent (un réalisateur chevronné signe une comédie noire flamboyante avec un casting 4 étoiles) et à une rupture sèche avec les habitudes de son metteur en scène (Aronofsky nous avait laissé avec notamment Requiem for a Dream, The Fountain, Mother! et dernièrement The Whale, on ne l’attendait pas vraiment sur ce terrain-là). En bon catalyseur contemporain de cinéma à la fois foutraque et habilement maîtrisé, le cinéaste propose avec Pris au Piège une comédie d’action démesurée et jubilatoire.

Le film suit Hank, barman de nuit dans un petit pub du East Village londonien. Après un grave accident qui l’a empêché de suivre son rêve, le jeune homme s’est réfugié dans le déni et dans l’alcool, tentant difficilement de garder sa nouvelle relation avec la charmante Yvonne à flot. Un soir, son voisin de palier Russ part en urgence et lui demande de garder son chat Bud pendant son absence. Hank accepte, mais ne va pas tarder à voir une étrange galerie de personnages défiler devant la porte fermée de l’appartement de Russ. Lorsque deux russes énervés, un mafieux portoricain, un duo de gangsters juifs et une flic perspicace rentrent sans frapper dans sa vie, Hank découvre qu’il est pris malgré lui au cœur d’une série de règlements de compte – et c’est avec un chat pas très affectueux qu’il va devoir lutter pour se sortir de cette étrange situation.

En invoquant les codes de la comédie noire à tendance punk des années 90 new-yorkaises, Aronofsky et Huston balisent leur Pris au Piège d’une vraie énergie palpitante, à mi-chemin entre le film d’action débridé et le thriller intimiste électrisant. Radical même si sa volonté reste toujours populaire, ce Caught Stealing (dans son titre original) réussit parfaitement à tenir ses promesses, assurant le spectacle en embarquant un casting absolument savoureux pour les malmener joyeusement tout au long des quasi 2h de cavalcades qui composent le film. En tête de gondole, Austin Butler est absolument parfait – on avait déjà saisi sa capacité folle à tenir l’affiche, il parvient à transformer l’essai pour de bon en composant un personnage fragile et morcelé, un anti-héros très perfectible et traumatisé qui tranche avec ce qu’on a l’habitude de le voir faire depuis qu’Elvis lui a transformé la voix. Une ribambelle de gros noms partage l’affiche avec lui, dont on citera notamment Zoë Kravitz en love interest complexe, Regina King en policière passionnée, un délicieux et improbable duo Leiv Schreiber/Vincent d’Onofrio en frères gangsters juifs orthodoxes, Matt Smith en petite frappe à l’iroquoise flamboyante et Benito « Bad Bunny » Ocasio en sadique homme de main portoricain.

En jouant les cartes de la comédie noire palpitante, saisissant l’énergie grunge et déglinguée de ses protagonistes pour justifier ses décisions absurdes, Aronofsky et Huston (aidés par une BO électrique pulsée par les compositions originales du groupe IDLES) proposent un divertissement nerveux et maîtrisé, parfois trop sage narrativement là où l’imagerie punk aurait pu amener à des excès d’autant plus tranchés, mais assurément efficace dans son énergie limpide, dans son humour noir survolté et dans ses moments de bravoure scéniques. Le cinéaste semble s’éclater à manier le récit classique, tranchant avec ses œuvres précédentes en gardant son appétit pour les propositions palpitantes et les personnages tortueux. Son Hank en modèle d’imperfection, un monsieur-tout-le-monde malchanceux et déprimé, pris au cœur d’une tempête criminelle dans laquelle il n’a rien à voir, Pris au Piège assure un grand spectacle démesurément plaisant, une bizarre odyssée crade et électrique qui marque les oreilles et les rétines pour le plus grand plaisir des amateurs du genre. Car, étonnement ou non, le fun débridé va comme un gant à Darren Aronofsky.

Titre Original: CAUGHT STEALING
Réalisé par: Darren Aronofsky
Casting: Austin Butler, Regina King, Zoë Kravitz …
Genre: Thriller, Comédie
Sortie le : 27 août 2025
Distribué par: Sony Pictures Releasing France
EXCELLENT
Catégories :Critiques Cinéma, Les années 2020








































































































































