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SYNOPSIS : Avec pour toile de fond un monde rétro-futuriste inspiré des années 1960, “ Les 4 Fantastiques : Premiers pas ” de Marvel Studios présente la première Famille Marvel : Reed Richards/M. Fantastique, Sue Storm/La Femme Invisible, Johnny Storm/La Torche Humaine et Ben Grimm/La Chose alors qu’ils affrontent leur plus grand défi.
C’est l’heure du renouveau chez Marvel Studios. La fusion de la 20th Century Fox au sein de Disney permet désormais à la firme de s’octroyer de nouveaux jouets à installer dans le bac à sable de leur MCU. D’abord Wolverine dans le dernier Deadpool, bientôt tous les X-Men de la trilogie originale dans le prochain Avengers, la place est cette année à une réinvention de la première famille de l’univers Marvel. Après plusieurs tentatives de faire des 4 Fantastiques une saga pérenne – d’abord en 2005 et 2007 dans deux volets au casting mémorable, puis en 2015 avec une relecture plus « dark » qui se soldera par un colossal échec créatif et industriel – on retrouve désormais Reed Richards, Ben Grimm, Susan et Johnny Storm dans les contours du MCU avec l’objectif annoncé de les propulser au sein de leurs deux prochains Avengers. Et pour ce faire, Marvel fait table rase. Nous ne sommes plus sur la Terre que l’on connaît : bienvenue sur Terre-828, dans les années 60.

Lorsqu’on débarque dans Premiers Pas, Les 4 Fantastiques sont déjà installés. Astronautes à la célébrité mondiale, revenus changés d’une mission dans l’espace, super-héros dès lors – les seuls super-héros de ce monde, d’ailleurs… Leur popularité grandissante fait de la Future Fondation l’endroit vers lequel tous les yeux se tournent. D’autant plus que… la famille s’apprête à accueillir un nouveau membre ! Alors que tout semble aller pour le mieux, une Surfeuse d’Argent se pose en plein Times Square pour annoncer la venue d’une entité destructrice que rien ni personne n’arrêtera… Les Quatre Fantastiques amorcent alors une lutte contre le surpuissant Galactus pour la survie de leur monde… C’est Matt Shakman que l’on retrouve derrière la caméra, déjà réalisateur pour Marvel sur WandaVision – prenant la place d’un Jon Watts initialement annoncé (le metteur en scène des Spider-Man avec Tom Holland) mais qui se désistera pour mettre en pause son activité super-héroïque. Ce changement s’accueille avec le sourire tant Shakman semble maîtriser totalement sa vision, dessinée sous une impeccable direction artistique qui renvoie aux origines des comics de Jack Kirby et Stan Lee (dont la première occurrence date de 1961). Direction les 60s pour faire (re)naître la Famille sur grand écran, habité visuellement par les décors rétrofuturistes impressionnants composés par Kasra Farahani et les costumes classiques d’Alexandra Byrne qui ose les couleurs vives et les traits simples pour réconcilier le film de super-héros avec les tons chauds racontés par les comics. Dans un parallèle assez réjouissant, on retrouve dans ces Premiers Pas les mêmes qualités formelles que le Superman de James Gunn dans l’amour qu’il trouve dans son matériau d’origine, une façon de montrer que les studios et les réalisateurs n’ont désormais plus peur d’être fidèle aux propositions visuelles singulières des comic-books. Mais si Superman osait le trop-plein, l’excès jouissif et savoureux d’idées redoutables, ce 4 Fantastiques se centre pour l’instant essentiellement sur ses 4 protagonistes, quitte à rester quelque peu sur des sentiers déjà battus. On accepte alors rapidement que la trame de cet opus, écrite à 4 par Josh Friedman, Eric Pearson, Jeff Kaplan et Ian Springer, va rester à hauteur de la trajectoire de ses personnages, occasionnant quelques redites thématiques, un rebond sur certains codes attendus du film de super-héros, et quelques dynamiques plutôt prévisibles qui ne font pas nécessairement briller son scénario. Mais loin de se montrer inintéressante, cette économie laisse surtout la place à sa direction artistique maîtrisée sous la photographie propre de Jess Hall, portée également par la Bande-Originale enthousiasmante de Michael Giacchino et un excellent casting à l’alchimie étincelante.

Il est partout sur grand et petit écran, ce n’était qu’une question de temps avant qu’il trouve le chemin du MCU : Pedro Pascal enfile le costume de Mr Fantastique, son Reed Richards trouvant aisément sa place dans ce monde compliqué avec une efficacité assez impressionnante, surtout lorsqu’il partage l’écran avec Vanessa Kirby, notre nouvelle Femme Invisible, probablement le point émotionnel culminant du film et au centre d’une poignée de scènes mémorables. Joseph Quinn embarque Johnny « La Torche Humaine » Storm vers de nouveaux horizons, son personnage étant marqué par une écriture plus nuancée que son homologue précédemment interprété par Chris Evans. Et – last but not least – Ebon Moss-Bachrach se plante derrière l’impeccable CGI de La Chose, qui s’octroie une écriture plutôt bien pensée bien que le film nous laisse surtout avec l’envie d’en voir plus à son sujet. A travers ses 4 têtes d’affiche indiscutablement fantastiques, ces Premiers Pas posent leurs protagonistes avec juste ce qu’il faut d’alchimie et de charisme, leur donnant dès lors une place d’outsiders magiques dans la trame de leur MCU (même si ce poids sur leurs épaules pourrait poser problème assez vite si le virage futur s’avère mal géré).

Avec cette réinvention de la Première Famille Marvel, Matt Shakman ose le déracinement de son univers partagé pour regarder vers les comics et vers les séries animées, dans le but de proposer un divertissement peuplé par les effets plateaux jubilatoires et les décors conçus avec un œil concerné. Au terme d’un grand spectacle qui tire son épingle du jeu dans quelques scènes d’action excellentes (on notera particulièrement la fuite en vaisseau, qui réussit une prouesse de suspense et de chaos extrêmement maîtrisée), porté également par deux antagonistes au diapason – Julia Garner incarne Shalla-Bal, pendant féminin du Surfeur d’Argent habituel, et s’en sort à merveille grâce à son charisme impeccable et les effets visuels très impressionnants qui lui donnent des séquences de surf purement jouissives, et Ralph Ineson compose avec le mythique Galactus, cette fois représenté sous sa forme humanoïde dans une exécution déconcertante d’efficacité – on pense notamment à toute la séquence du climax. S’il pêche à certains égards par son économie assez radicale et par un souci global de rythme (notamment dû à un montage qui a été obligé de couper quelques scènes pour rester fluide), ce nouveau Quatres Fantastiques réussit son coup par son amour affiché pour son matériau d’origine, la puissance formelle de ses trouvailles visuelles et l’alchimie évidente de son casting de tête. On aurait aimé voir le scénario pousser encore plus ses enjeux mondiaux et son équilibre de ton pour véritablement appuyer sa singularité au sein de la récente vague super-héroïque accueillie plus tièdement, mais l’on se laisse tout de même surprendre par une approche émotionnelle plutôt habile, racontant à la fois les liens qui unissent cette bien curieuse famille mais aussi dans ce que ces personnages s’apprêtent à apporter dans les prochains volets déjà titanesques d’Avengers. En espérant qu’ils ne perdent pas en chemin cette singularité ni cette envie de rester aux racines du genre…

Titre Original: THE FANTASTIC FOUR : FIRST STEPS
Réalisé par: Matt Shakman
Casting : Pedro Pascal, Vanessa Kirby, Joseph Quinn…
Genre: Action, Fantastique
Sortie le: 23 juillet 2025
Distribué par: The Walt Disney Company France
TRÈS BIEN
Catégories :Critiques Cinéma, Les années 2020








































































































































