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SYNOPSIS : Lorsque le Grand Schtroumpf est mystérieusement kidnappé par les vilains sorciers : Razamel et Gargamel, la Schtroumpfette et son meilleur ami Le Schtroumpf Sans-Nom partent en mission pour le retrouver ! Commence alors une aventure délirante où nos héros bleus vont croiser la route de nouveaux amis hauts en couleur comme Mama Poot et ses petits. Les Schtroumpfs doivent prendre en main leur destin pour sauver celui du monde entier !
Il y a des licences qui nous accompagnent depuis l’enfance, des univers familiers que l’on retrouve toujours avec un mélange de nostalgie et d’exigence. Pour nous, les Schtroumpfs en font partie. Nourris aux albums de Peyo, dont Le Schtroumpfissime reste sans doute notre préféré, et bercés par le dessin animé culte, nous avons longtemps espéré voir les petits lutins bleus retrouver leur éclat au cinéma. Malheureusement, les adaptations des années 2010, entre hybrides live/animation sans âme et un Village perdu fade et sans relief, nous avaient franchement refroidis. Pire encore, la licence semblait condamnée à servir d’outil commercial sans ambition. Alors, quand a été annoncé un nouveau film réalisé par Chris Miller (LX) (connu notamment pour Shrek le troisième et le Chat Potté), le scepticisme était de mise : la bande-annonce promettait une overdose de gags calibrés à la Moi, Moche et Méchant, et laissait craindre un nouvel avatar sans âme des Schtroumpfs. Et pourtant, contre toute attente, ce nouveau Les Schtroumpfs réussit un petit miracle : celui de réconcilier nostalgie, modernité et créativité, tout en redonnant à la licence une identité digne de ce nom.

Passées les premières minutes du film, qui débutent sur une séquence dansée tapageuse et franchement dispensable (on y reviendra), le long métrage révèle très vite une âme, une volonté artistique sincère, et surtout un respect bienvenu pour l’univers original. On sent que Chris Miller (LX) et son équipe n’ont pas simplement cherché à recycler des recettes qui marchent ailleurs. Au contraire, ils prennent le temps de reposer les bases d’un monde cohérent, avec un lore enrichi, des personnages attachants, et une atmosphère fidèle à ce qui faisait le charme des BD : mélange de naïveté, de comédie absurde et de petites touches satiriques. Les dialogues sont bien écrits, les situations souvent cocasses, et plusieurs moments montrent un humour à double lecture, capable de faire sourire les plus jeunes tout en faisant un clin d’œil aux adultes. On n’échappe pas à la tentation des super-héros, mais à la surprise générale, ça fonctionne. L’animation soutient ces séquences avec beaucoup d’inventivité, et les détours que prend le récit leur donnent une certaine légitimité. On rit, on s’amuse, et on retrouve même, par moments, la fantaisie de l’univers original.

Dès les premières scènes (malgré leur nature très commerciale), contrairement aux précédentes tentatives, l’animation a un certain cachet, ici, le style est harmonieux, identifiable, et respectueux du trait de Peyo, tout en étant indéniablement moderne. Mais ce qui donne au film son vrai relief, ce sont ses personnages. Les Schtroumpfs retrouvent leur individualité, leur caractère propre (ce qui est d’ailleurs l’un des enjeux du film pour le Schtroumpf sans nom), loin des archétypes trop appuyés des films précédents. Et que dire de Razamel, le frère de Gargamel ? Véritable révélation comique du film, ce personnage inédit apporte une fraîcheur inattendue. Hilarant, imprévisible, il devient rapidement un élément moteur de l’intrigue, sans voler la vedette aux protagonistes. Ce genre d’ajout prouve que les créateurs n’ont pas seulement cherché à réutiliser ce qui existait déjà, mais à élargir l’univers de manière pertinente. Le rythme est bien géré, les séquences d’action sont lisibles et inventives, et la bande-son (notamment plusieurs chansons très qualitatives) soutient parfaitement l’ensemble sans devenir envahissante (exception faite des scènes d’introduction et de conclusion comme nous le disions qui sont franchement putassières). Il faut surtout saluer le soin porté à la narration qui prend le temps de construire une histoire équilibrée entre humour, aventures et enjeux émotionnels.

Contre toute attente, Les Schtroumpfs version Chris Miller (LX) réussit là où ses prédécesseurs ont échoué. Après des années de tâtonnements et de films plus embarrassants qu’enthousiasmants, la franchise semble enfin avoir trouvé son nouveau souffle. Le film parvient à réconcilier les fans de la première heure avec un univers qu’ils pensaient avoir définitivement perdu, tout en séduisant une nouvelle génération grâce à une animation haut de gamme et une écriture pleine de malice. Certes, tout n’est pas parfait. Les séquences musicales d’introduction et de fin, tape-à-l’œil et artificielles, donnent l’impression que le film doute encore de sa propre valeur et cède trop facilement aux codes du film d’animation standardisé. On espère vraiment que ces moments-là seront abandonnés dans une potentielle suite, tant ils tranchent avec le reste du film, sincère, soigné et inventif. Mais en dépit de ces faiblesses, le cœur du film est solide. Il y a une vraie patte, une vraie vision artistique, et surtout un respect de l’univers d’origine, ce qui semblait jusqu’ici inatteignable. On ressort de la séance avec le sourire, une pointe de nostalgie, et surtout l’envie de retrouver ces personnages au plus vite. En somme, Chris Miller (LX) redonne aux Schtroumpfs leur dignité cinématographique, et pour la première fois depuis longtemps, on croit à nouveau à l’avenir de la franchise.

Titre Original: SMURFS
Réalisé par: Chris Miller (LX)
Casting: Sofia Essaïdi, Rihanna, Jérôme Commandeur…
Genre: Animation, Comédie, Famille, Musical, Comédie musicale
Sortie le: 16 juillet 2025
Distribué par: Paramount Pictures France
TRES BIEN
Catégories :Critiques Cinéma








































































































































