Critiques Cinéma

SOUND OF FALLING (Critique)

SYNOPSIS : Quatre filles de quatre décennies différentes grandissent ensemble dans une ferme et semblent être liées les unes aux autres.

Deuxième long métrage de Mascha Schillinski, Sound Of Falling se veut une véritable fresque qui se déroule sur un siècle. Le communiqué de presse entourant le film qui va concourir en sélection officielle au Festival de Cannes 2025 parle d' »une œuvre visuellement saisissante qui explore la mémoire, l’identité et la nature poétique du temps en faisant du cinéma à partir des douleurs fantômes qui traversent les époques. » Une grande espoir du cinéma européen avec cette cinéaste dont on devine la folle ambition formelle. Mais c’est aussi tout le problème de cet épuisant Sound of falling. Car clairement c’est de l’artillerie trop lourde ! Si on comprend l’intention, le résultat final est bien trop indigeste. La volonté de démonstration de cinéma est présente à chaque seconde et ça se voit tellement que ça en devient très vite agaçant. Alors tout va prendre du temps, le moindre geste, mais vraiment parfois beaucoup de temps. L’option est bien sûr celle de la radicalité, mais si comme si elle était au service d’elle-même. Ce qui nous amène à nous questionner sur la réelle la finalité de Sound of falling !

La contemplation peut très souvent être un art particulièrement bouleversant mais la façon dont elle est ici filmée, avec ce grain plombant en permanence, si elle matérialise comme une certaine image de la fatalité que veut faire passer ce film, cette contemplation devient un irritant puissant si d’emblée on n’adhère pas, et il y a de quoi ne pas prendre sa carte !! Un cinéma expérimental, conceptuel qui semble déployer sans jamais déplier.

Car quand même, c’est très prétentieux et disons-le assez archétypal d’une façon de vouloir faire du cinéma et parfois plus spécifiquement à Cannes. Un film comme profilé, et qui si l’intention artistique est évidente, et même le talent plastique de Mascha Schillinski pas à démontrer, ne suffit pas pour un rendu de cinéma qui manque cruellement de générosité. Elle montre beaucoup mais ne partage à peu près rien et c’est bien là tout le problème. Le spectateur est sciemment perdu entre les époques et ça après tout, pourquoi pas, c’est plaisant de ne pas toujours tout comprendre.

Mais tout le monde n’est pas David Lynch, car ici nous sommes laissés dans des failles spatio-temporelles hyper plombantes et très vite on n’a qu’une envie, c’est d’en sortir. Être malmené comme spectateur à nouveau oui, on peut en redemander, ça peut même être très vite fun !! Mais ici, on a un peu le sentiment d’être surtout pris à témoin, voir pire, et où on devrait se taire et se pâmer devant autant de talent formel, et ainsi écrire en bon critique que « Sound of Falling explore comme la quintessence de la fatalité à souffrir, nous rappelant ainsi notre précaire condition de non immortel « . Mais en fait non, juste, c’est trop et du coup totalement impossible à absorber sans en mettre partout !! Et c’est profondément regrettable car évidemment que l’on en perçoit toute la grâce et la puissance de ce cinéma-là !! Même sil existe de grands moments de gênance quand même… Quand notamment, il est dit « on est ce qu’on pense« . On se situe là entre la philosophie baroque de platitude façon enchaînement de lapalissades douteuses et inutiles qui nous rappelle cette terrible souffrance que fut Mégalopolis en 2024 ou la réponse de la psy du supplément dimanche de Fémina au courrier des lecteurs. Grand respect par ailleurs, mais aucune prétention artistique.

C’est toute la question de la sincérité d’une œuvre qui manque cruellement d’empathie, entre les images mentales, les fantômes et autres enchaînements d’époques sans aucune trame narrative et en plus pendant 2H39, c’est quand même une addition salée. La mise en scène est donc sublime mais parfaitement inutile, car au service du vide en terme d’histoire et du sens qu’on veut bien lui donner. Juste pour la prochaine fois, faire un peu vivre l’histoire, le récit, les personnages… Une fois n’est pas coutume, il est quasi impossible de sortir quelque chose du casting. Tout est trop froid, figé et livide, et l’ensemble du jeu des actrices en est pleinement empreint. Au-delà de la dimension trop souvent incompréhensible, Sound of Falling manque trop d’humanité pour précisément en ressortir des êtres vivants, des gens comme dirait l’autre, qui s’animent et nous animent. Sound of falling, ni fait ni à faire. Vu et pas à voir.

Titre Original: IN DIE SONNE SCHAUEN

Réalisé par: Mascha Schilinski

Casting: Hanna Heckt, Lena Urzendowsky, Laeni Geiseler

Genre: Drame

Sortie le: Prochainement

Distribué par: Diaphana Distribution

PAS GENIAL

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