Critiques Cinéma

LA RÉPARATION (Critique)

SYNOPSIS : Quelques heures avant l’attribution de sa 3ème étoile, le célèbre chef Paskal Jankovski disparait avec son second lors d’une partie de chasse. A 20 ans, sa fille Clara se retrouve seule aux commandes du restaurant. Deux ans plus tard, elle reçoit une mystérieuse invitation pour Taïwan.

Invitation de Régis Wargnier (le réalisateur d’Indochine), La Réparation joue sur un double tableau, entre France et Taïwan. Nous sommes dans le restaurant du chef renommé Paskal Jankovski, en attente fébrile de l’annonce de sa troisième étoile. Dans l’effervescence, sa fille Clara lui annonce sa relation avec Antoine, son second, et son désir de ne pas reprendre son restaurant comme il le souhaitait. Mais Paskal et Antoine disparaissent mystérieusement le jour même, et c’est à Clara d’assumer le restaurant pour les années qui suivent. Jusqu’à ce qu’un jour elle reçoive une mystérieuse invitation à Taïwan…


Pardonnez le piètre jeu de mot, mais on comprend vite qu’il va y avoir à boire et à manger dans cette Réparation. A la fois drame familial, thriller culinaire et portrait culturel, à la fois breton et taïwanais, à la fois récit d’une fille et celui d’un père qui ont un mal fou à communiquer… Le scénario de Wargnier (co-écrit avec Manon Feuvray et Thomas Bidegain) joue sur plusieurs tableaux à la fois et semble – au fil du développement de l’intrigue – ne pas vraiment savoir sur quel pied danser. L’aura mystérieuse découpée autour de cette histoire prend le dessus, faisant muter ce drame intimiste en un thriller naturaliste qui s’enlise dans les couches de ses intrigues au lieu de les resserrer autour de l’essentiel.


A l’intérieur, le casting est pourtant impeccable, en commençant par Julia de Nunez, Clovis Cornillac et Julien de Saint Jean, rejoints plus tard par le taïwanais J.C. Lin dans un excellent second rôle. La mise en scène délicate de Régis Wargnier, filmant ses personnages comme il raconte sa brigade de cuisine, capte l’intimité autant que les émotions fortes, et propose une base solide pour un long-métrage d’abord prometteur. En assurant cet équilibre certain entre les performances de ses comédiens et la photographie pittoresque de Renaud Chassaing, Wargnier trouve d’abord une prémisse très efficace pour un drame aux embouchures mystérieuses : une jeune cheffe dépassée, une invitation venue d’on-ne-sait-où, quelques années après la disparition de son père et de son compagnon, un restaurant à Taïwan à la carte familière… Un excellent thriller pourrait s’y cacher, mais malheureusement La Réparation retombe complètement dans sa dernière partie et dans ses révélations diablement prévisibles qui anesthésient les enjeux initiaux du film. Au final, l’exploration semble plutôt vaine malgré les qualités formelles indéniables de l’ensemble, ce qui est d’autant plus dommage tant cette intrigue initiale avait de quoi réussir complètement son coup.

On ressort quelque peu déçus de La Réparation, certes jolie carte postale à la gloire des paysages français et de la culture taïwanaise, mais qui manque d’un certain équilibre dans ses dynamiques narratives et d’une écriture de dialogues bien trop verbeuse dans lesquels on a bien du mal à se plonger. En manquant son exploration dans les profondeurs de ses personnages, dont on perçoit seulement la surface, La Réparation envoie des signaux mitigés, peut-être pas suffisamment certain de ce qu’il veut raconter pour qu’on se joigne au récit et qu’on soit emporté dans ses émotions. En résulte une proposition bien emballée et à l’interprétation impeccable, pesée par son scénario trop tentaculaire et son manque d’ampleur finissant par alourdir l’ensemble du service.

Titre Original: LA REPARATION

Réalisé par: Régis Wargnier

Casting : Clovis Cornillac, Julia de Nunez, Julien de Saint-Jean

Genre: Drame

Sortie le: 16 avril 2025

Distribué par: Nour Films

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