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THE LAST OF US (Critique Saison 2 Episode 1) Une adaptation diablement fidèle qui promet une richesse d’émotions…

SYNOPSIS : Cinq ans après les événements de la première saison, Joel et Ellie sont rattrapés par leur passé, les poussant dans une confrontation difficile l’un avec l’autre. Ils devront faire face à un monde encore plus périlleux et imprévisible que celui qu’ils pensaient avoir laissé derrière eux.

ATTENTION: Si vous n’avez pas vu la saison 1, cet article contient des révélations sur cette saison

C’est l’un des évènements télévisuels majeurs de cette année 2025 : The Last of Us, version série, est de retour pour sa saison 2 tant attendue. Après le succès de sa première salve d’épisodes, saluée par la critique et pas les publics néophytes et fans du matériau d’origine (fait rare pour une adaptation vidéoludique), les deux showrunners Craig Mazin et Neil Druckmann refont équipe pour rebalancer Pedro Pascal et Bella Ramsey dans le futur zombiesque de l’une des sagas de jeux vidéo les plus populaires au monde. Dans leur saison 1, Druckmann et Mazin ont mené à bien une mission auparavant présumée infaisable : faire naître dans la petite lucarne les aventures de Joel et Ellie dans les contours de The Last of Us premier du nom, un mythe vidéoludique comme on en fait peu. La mission à l’orée de cette saison 2 ressemble encore plus à une mission impossible. En adaptant les évènements du second jeu de la saga – beaucoup plus sombre, beaucoup plus nihiliste, beaucoup plus cruel – les deux showrunners se lancent dans une grande promesse : ce The Last of Us part II sera découpé en plusieurs saisons qui couvriront l’histoire du jeu, le récit morcelé de deux quêtes de vengeance qui se heurtent dans un jeu cruel de tragédies humaines et de violence morale. Et les fans de The Last of Us le savent : les choses qui attendent les spectateurs dès cette saison 2 risquent de laisser quelques traumatismes au passage, certains évènements immanquables de cette nouvelle salve d’épisodes risquent de relancer les dés d’une série qui n’est peut-être pas encore prête à lâcher ce qui a fait son succès.


Pour ce premier épisode de la saison 2, Craig Mazin (qui écrit et réalise) comble les trous – et se permet donc de ne pas débuter avec les déclencheurs tragiques qui « ouvrent » le jeu. On se retrouve la veille de la scène d’introduction d’Ellie dans le pendant PlayStation : Joel et Ellie vivent désormais à Jackson, une ville de survivants menée par Tommy (le frère de Joel) et sa femme Maria. Joel, désormais préposé aux travaux de la ville, reste sur le mensonge qu’il a construit pour Ellie lorsqu’il l’a sauvée des Lucioles en fin de saison 1. Alors qu’Ellie part en patrouille avec sa « meilleure amie » Dina, une fille de son âge sorti d’une rupture avec Jesse, Joel s’offre les services d’une thérapeute mais peine à exprimer ses émotions. Autre part, un groupe, mené par une certaine Abby, se lance à la recherche de la personne qui a massacré le laboratoire des Lucioles…




Car à la différence du jeu vidéo qui joue à dévoiler progressivement les vérités sur ses personnages par procédés de flashbacks narratifs stupéfiants, ici la série prend une tangente qui risque de heurter quelques fans. Dès la scène d’introduction, présentant la Abby du show (habitée en deux plans par une Kaitlyn Dever qui risque bien d’être époustouflante dans le rôle le plus ardu  de la saga), le spectateur comprend qui elle est et ce après quoi elle se met en route. Par ce désamorçage, Mazin et Druckmann (qui savent certainement ce qu’ils font) rebattent les cartes, se laisse la possibilité d’explorer plus profondément l’identité d’Abby, son désir de vengeance et sa relation avec son groupe (on rencontre pour l’instant en coup de vent Owen, Mel, Nora et Danny, mais pas d’inquiétude, ils reviendront plus tard). Il nous tarde de savoir ce que les deux showrunners réservent au WLF et au sensationnel personnage d’Abby – certainement l’un des personnages les plus passionnants et controversés de toute l’histoire du jeu vidéo. De l’autre côté, à Jackson, Pedro Pascal continue de faire glisser son Joel sur le nuancier, le rendant plus vulnérable, plus à fleur de peau mais tout aussi bourru que son alter-ego vidéoludique. Les scènes qui le présentent dans cet épisode le détachent de l’intrigue des jeux vidéo, permettant une relecture habile du personnage, promettant de belles choses pour le futur de la série. Mais ce premier épisode de la saison 2 est surtout l’occasion de découvrir la Dina d’Isabela Merced via ce duo de fortune formé avec la Ellie de Bella Ramsey, racontant les prémices de leur relation par une alchimie déjà évidente entre les deux actrices. La scène du bal en fin d’épisode, transposition parfaite du flashback du jeu, assure déjà une adaptation diablement fidèle qui promet une richesse d’émotions évidente.


Si ce premier épisode vient titiller le fan du jeu d’origine en remplissant un « filler » absent des jeux pour encore plus plonger le spectateur dans les rues de Jackson (le jeu nous fait visiter la ville dans l’introduction avant de nous lâcher dans d’autres nombreux décors), Craig Mazin et Neil Druckmann cachent encore leurs cartes dans leurs manches. Si on sait déjà l’ampleur que l’intrigue des futures saisons est censée prendre, avec ce qu’elle implique de dimension tragique et de retournements de situations redoutables, les deux showrunners passent par l’étape obligatoire de la recontextualisation après les quelques années qui nous ont séparé du final de la saison 1. Il est certain que ce premier épisode, très satisfaisant tout de même, sera le plus faible de la saison (et pour avoir vu la bande-annonce teasant le futur des épisodes, une grande salve nous attend), et l’on savourera grandement le retour de ces personnages tant appréciés – et dire qu’on a hâte de voir les futures performances de Bella Ramsey, de Kaitlyn Dever et d’Isabela Merced serait un doux euphémisme.

Crédits : Max

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