Critiques Cinéma

MA MÈRE, DIEU ET SYLVIE VARTAN (Critique)

SYNOPSIS : En 1963, Esther met au monde Roland, petit dernier d’une famille nombreuse. Roland naît avec un pied-bot qui l’empêche de se tenir debout. Contre l’avis de tous, elle promet à son fils qu’il marchera comme les autres et qu’il aura une vie fabuleuse. Dès lors, Esther n’aura de cesse de tout mettre en œuvre pour tenir cette promesse. À travers des décennies d’épreuves et de miracles de la vie, ce film est le récit d’une histoire vraie, drôle et bouleversante, celle d’un destin incroyable et du plus grand amour qui soit : celui d’une mère pour son enfant.

Pour son nouveau film, le réalisateur canadien Ken Scott (à qui l’on doit notamment Starbuck et L’Extraordinaire Voyage du Fakir) met le cap sur l’autobiographie à succès de Roland Perez, un récit intimiste sur le rapport de l’auteur à sa mère, à ses croyances et à la voix de Sylvie Vartan. Scott en sort un film pertinent et très émouvant, porté par une somptueuse Leïla Bekhti. Ma Mère, Dieu et Sylvie Vartan commence en 1963. Esther met au monde le petit dernier de la grande fratrie – un certain Roland qui naîtra avec un pied bot, une malformation congénitale qui l’empêchera de marcher par lui-même lorsqu’il grandira. Incapable de laisser son fils affronter le monde sans pouvoir se déplacer tout seul, Esther va multiplier les traitements expérimentaux et les prières pour guérir son fils. Pendant ce processus laborieux qui poussait Roland à rester couché dans son salon de longs mois, une voix va accompagner le jeune homme dans cette première étonnante période de sa vie : celle de la chanteuse Sylvie Vartan.

Ken Scott signe le scénario de cette jolie adaptation, se concentrant sur cette petite grande famille juive d’origine marocaine au départ dans les années 60, laissant ensuite son histoire suivre le fil de la vie de Roland, dans sa carrière d’avocat, dans la construction de sa famille et dans l’omniprésence de sa figure maternelle qui refuse de le lâcher. A travers cette touchante histoire très personnelle, Ma Mère, Dieu et Sylvie Vartan réussit un habile mélange d’émotion et d’universalité, racontant avec délicatesse une relation comme aucune autre entre un fils et sa mère, un récit du temps qui passe et de l’attachement très élégant et jamais racoleur qui tient constamment sa promesse de fresque familiale aux accents comiques et aux virages dramatiques. Tout cela trouve son équilibre surtout grâce à l’excellent casting composé par Scott, qui vient chercher la sensationnelle Leïla Bekhti dans un rôle de composition qui lui permet d’exposer tout son talent à travers ce personnage touchant, invasif, fragile et combattif, une mère tenant tête aux institutions qui cherchent à lui enlever son fils (raconté à l’image par le personnage de Jeanne Balibar, elle aussi excellente). Roland trouve lui les visages successifs de Naïm Naji, Noé Schecroun et Jonathan Cohen, impeccables d’émotions et d’humanité.

On retrouve autour d’eux d’excellents personnages secondaires – Joséphine Japy, Lionel Dray, Milo Machado-Graner et bien évidemment Sylvie Vartan qui s’octroie… son propre rôle, contre toute attente. A l’exception d’un rajeunissement de la chanteuse par effets spéciaux vraiment pas maîtrisé au milieu du film, la place que trouve Vartan dans le récit permet de mettre en exergue un sentiment profond de construction de l’être, de nostalgie et de la résilience d’une mère. Le récit du film, découpé selon les 3 axes qui porte son titre (la Mère, Dieu et Sylvie Vartan, sortes de Trinité Sainte du protagoniste), permet de brasser une multitude de thèmes en 1h40 chargée émotionnellement, aussi charmante et pétillante que lourde et parfois déchirante, ponctuée par un très joli sens scénique qui nous emmène sans tricherie émotionnelle dans l’intimité de cette petite famille envers et contre tous.


Ken Scott et Roland Perez signent un long-métrage touchant et rassembleur, une longue ode sensible à la place qu’a occupée la Mère dans la vie de son auteur, construit autour d’une impeccable Leïla Bekhti qui encore une fois dévoile son impressionnante palette de jeu. Sous les traits de cette personnelle autobiographie racontée derrière les tubes de Sylvie Vartan et à l’intérieur des yeux de la Mère, Ma Mère, Dieu et Sylvie Vartan s’avère être une réussite populaire et exigeante qui trouve dans son matériau de base l’occasion de raconter la façon dont une vie se construit.

Titre Original: MA MÈRE, DIEU ET SYLVIE VARTAN

Réalisé par: Ken Scott

Casting : Leïla Bekhti, Jonathan Cohen, Joséphine Japy

Genre: Comédie dramatique

Sortie le: 19 mars 2025

Distribué par: Gaumont Distribution

EXCELLENT

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