Critiques Cinéma

THE MONKEY (Critique)

SYNOPSIS : Lorsque Bill et Hal, des jumeaux, trouvent dans le grenier un vieux jouet ayant appartenu à leur père, une série de morts atroces commence à se produire autour d’eux…

Après son décrié Longlegs sorti l’été dernier, le prolifique Osgood Perkins est déjà de retour dans les salles avec The Monkey, l’adaptation d’une nouvelle de Stephen King où l’on retrouve James Wan à la production. Comme le disait l’une des amusantes affiches promotionnelles françaises du film en parlant du fameux singe mis en scène, « Avec lui, c’est la mort ouf« . Un peu comme toujours avec Osgood Perkins dont la patte semble se dessiner de plus en plus nettement au fil de ses films. Nous l’avions découvert avec l’atypique et rafraîchissant Gretel & Hansel (doté des superbes compositions de ROB), puis avions confirmé notre intérêt pour le monsieur lors de son fameux Longlegs que les gens ont pris pour habitude soit d’aimer, soit de traiter d’escroquerie sans scénario. Nous, nous avions adoré. The Monkey assène un certain nombre d’éléments quant à l’appétence du réalisateur, que nous avions pu déduire de Longlegs : Osgood Perkins aime les looks vintages assez stylisés, qu’il s’agisse de l’accoutrement des personnages, de leurs accessoires ou coupes de cheveux, ou encore des décors, même lorsque le film se déroule de nos jours, la modernité semble assez absente à l’écran. Et la mort bien sûr. Tantôt cristallisée dans un tueur en série détruit par la chirurgie esthétique ou via un singe mécanique malfaisant, Osgood Perkins aime le côté hasardeux par lequel la mort se manifeste, via le sens du timing où elle s’abat, la victime désignée ou de la méthode d’exécution. Et dans The Monkey c’est un festival.


Nous l’imaginons d’ores et déjà très bien, The Monkey ne va pas faire l’unanimité mais il semblerait que les films d’Osgood Perkins soient mal partis pour la faire un jour. Loin d’être un film effrayant, The Monkey est surtout un divertissement comique. On s’y amuse davantage qu’on ne ressent de l’effroi. Des jeunes frères jumeaux (Christian Convery) découvrent ainsi dans les affaires de leur père ce qui semble être un simple « jouet ». Singe pourvu d’un mécanisme à remonter d’apparence anodine, il apparaît rapidement que lorsque la molette est tournée, la mort s’abat aux alentours. Il semble néanmoins y avoir au fil du temps quelques règles incertaines qui se dessinent, car dans tous les « jeux » il faut un minimum de codes : le singe n’a pas l’air d’accepter quelconque demande, c’est lui qui décide qui va mourir. C’est ainsi que la vie des jumeaux Hal et Bill se jonche d’enterrements, achevant de traumatiser une jeunesse qui était déjà assez mal partie. Comme pour le jeu de plateau Jumanji, les enfants décident alors de se débarrasser du singe maudit…mais peut-on vraiment mettre le diable si facilement sous le tapis ?



Des années plus tard nous retrouvons l’un des frères, Hal (maintenant incarné par Theo James), marqué par les épreuves de son enfance. Bien qu’il soit depuis devenu père de famille par accident, il ne souhaite pas assumer émotionnellement sa progéniture, Petey, et a convenu après s’être séparé de la mère de ne le voir qu’une fois par an. Hal, qui ne parle plus à son frère Bill (lui aussi joué par Theo James) redoute le retour du singe et ne préfère donc pas que Petey devienne une cible. Las de cette situation, son ancienne compagne le prévient, elle qui a refait sa vie avec un coach en paternité, Ted (Elijah Wood) : la situation n’a aucun sens, Ted va donc adopter Petey ; il ne reste donc plus à Hal qu’une semaine pour profiter de son fils avant qu’une coupure nette des ponts se produise. Un pitch qui n’a pas vraiment de sens ou de logique lorsqu’on projette la situation dans la vie réelle mais le film ayant une propension assez forte à la loufoquerie, on ne peut pas tant que ça lui en tenir rigueur. Parce que l’ADN de The Monkey c’est surtout de se lancer dans une marche d’exécutions guignolesques et décalées, jusque dans l’apogée de son final, et pas grand-chose d’autre. C’est surtout ce qui déçoit substantiellement à la fin de la séance, on constate que The Monkey n’a pas un scénario fort, juste un concept assez basique autour duquel il brode, le talent d’Osgood Perkins pour mettre en scène les assassinats par le singe faisant le reste.



The Monkey fait donc partie de ce genre de films dont la bande annonce est meilleure. Dénué d’une mythologie et d’une histoire forte, le film, plus drôle qu’autre chose dans ses dialogues décalés (comme les discours de l’homme d’église aux moments des enterrements), semble parfois s’amuser à surfer de façon soft sur les plates-bandes de Destination Finale, laissant bon nombre de péquins désœuvrés subir mort hasardeuse tirée par les cheveux sur mort improbable, pour il est vrai et il faut le souligner, notre plus grand plaisir. Malheureusement au-delà de cette succession savoureuse de décès invraisemblables, le reste ne tient pas forcément la route, le récit n’ayant aucune force émotionnelle et encore moins de réalisme dans les liens tissés. On sent donc des arcanes superficielles qui ne sont qu’un prétexte à montrer un singe mécanique diabolique éradiquer au mètre carré tous les péquins qui ont le malheur d’habiter dans les environs. The Monkey ne s’annonce alors pas comme un film marquant, ni en salle, ni dans la filmographie d’Osgood Perkins.

Titre Original: THE MONKEY

Réalisé par: Osgood Perkins

Casting : Theo James, Elijah Wood, Tatiana Maslany

Genre: Comédie, Epouvante-Horreur

Sortie le: 19 février 2025

Distribué par: Metropolitan FilmExport

MOYEN

 

 

 

 

 

 

Laisser un commentaire