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SYNOPSIS : L’ascension du célèbre chanteur/compositeur britannique Robbie Williams. Devenu une star avec le Boy Band, Take That, dans les années 1990, ce dernier a peu à peu plongé dans les paradis artificiels avant de retrouver le succès en solo en 1997 avec la chanson « Angels ».
C’est un biopic pas comme les autres que s’offre l’atypique star britannique Robbie Williams qui, à l’instar de Pharrell Williams (aucun lien de parenté) et de son documentaire animé avec des briques Lego, pirate les codes du genre pour le dynamiter de l’intérieur. La popstar british se voit ainsi garantir le savoir-faire scénique du réalisateur Michael Gracey – d’une carrière de concepteur d’effets visuels à metteur en scène sur son premier long-métrage The Greatest Showman. Pour Better Man, sorte de biopic à la Rocketman, à savoir supervisé par le protagoniste dont on raconte l’histoire, Robbie Williams travestit son image en un coup marketing audacieux qui aurait pu être un échec total. Un singe en CGI pour jouer le chanteur à l’image, on aura connu biopic plus consensuel, mais il n’en fallait pas tant à l’ex-Take That pour faire parler son excentricité de tous les instants dans un jeu d’égotrip beaucoup plus malin et terriblement plus plaisant que l’on aurait pu le croire. Better Man suit les points clés de la vie et de la carrière musicale de Robbie Williams, incarné en motion capture par Jonno Davies et doublé par la popstar en personne, de sa petite enfance modeste dans les années 80 à Stock-on-Trent à son ascension fulgurante dans les charts britanniques avec le groupe Take That puis par l’extravagance de la suite de ses succès. Le film radiographie particulièrement une période de trouble intense, mettant en branle la santé mentale de son protagoniste, se laissant tomber dans de nombreuses addictions alors que le monde en attend toujours plus de lui.

Pour un artiste aussi excentrique que Robbie Williams, la figure du biopic à à peine 50 ans sonne comme un exercice égotique dont on peut clairement questionner l’honnêteté et l’intérêt à l’annonce du projet. Y a-t-il vraiment matière à faire un film aujourd’hui sur le chanteur, et ne serait-il pas déjà condamné à finir dans l’interminable liste des biopics musicaux aseptisés qui sortent à la chaîne ? Better Man répond alors de la meilleure des manières : il ne s’emparera pas entièrement des codes du biopic car le film démontre clairement son ambition d’être une comédie musicale pure jus, développant ses numéros de chant, de danse et d’effets visuels pour raconter le récit d’une célébrité qui perd pied dans la surabondance et dans la débauche. Gracey se trouve ici en terrain connu, sortant son expérience sur The Greatest Showman en 2017 pour réaliser un spectacle détonnant et extrêmement riche visuellement, dessinant une carrière hors-norme et un parcours intimiste finalement très savoureux.

Cette énergie électrique laissée au service de la mise en scène du film donne alors lieu à certains gros moments de bravoure, comme celle de « Rock DJ » qui se montre digne des plus ambitieuses comédies musicales, ou la sublime séquence de « She’s the One « qui met en scène son coup de foudre puis sa relation avec la chanteuse Nicole Appleton. Michael Gracey décide de s’approprier cette histoire pour en faire du cinéma explosif en mouvement constant, une proposition qui s’élève au-delà du statut de curiosité pour venir titiller l’énergie scénique des amateurs et amatrices de musicals, tout en gardant la sagesse de traiter l’égo de son protagoniste comme un angle du film plutôt que de s’en servir pour justifier son existence. Robbie est présenté comme excentrique – trop excentrique – et ce point d’intrigue raconte son mal-être par la présence de séquences symboliques à la limite du fantastique (Robert a, pendant des crises de panique, des visions cauchemardesques de versions passées de lui qui le jugent et le menacent, offrant un climax exultant qui explose les limites du genre dans une surenchère de CGI purement euphorisante). L’émotion est alors au rendez-vous, notamment dans son final chargé, à la fois très juste et étonnamment honnête.

Robbie Williams et son singe font des étincelles avec ce surprenant Better Man, une bizarrerie qui réussit ce qu’elle entreprend en proposant un grand spectacle too much et exaltant, pour raconter une quête de réponse et une perte de repère. La surprise se fait d’autant plus grande qu’il aurait été facile de partir dans une direction plus narcissique et tapageuse avec son concept initial, mais Gracey et son équipe trouvent le parfait équilibre entre égo et authenticité, entre flamboyance et intimisme et entre réalité et fabulation, pour tout mettre au service d’un morceau de cinéma comme pas deux qui convainc et qui entraîne dans sa danse avec la légère envie d’y retourner faire un tour.

Titre Original: BETTER MAN
Réalisé par: Michael Gracey
Casting : Robbie Williams, Jonno Davies, Steve Pemberton …
Genre: Biopic, Musical
Sortie le: 22 Janvier 2025
Distribué par: Paramount Pictures France
EXCELLENT
Catégories :Critiques Cinéma, Les années 2020








































































































































