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SYNOPSIS : Belgique, 1995. La disparition inquiétante de deux jeunes filles bouleverse la population et déclenche une frénésie médiatique sans précédent. Paul Chartier, jeune gendarme idéaliste, rejoint l’opération secrète « Maldoror » dédiée à la surveillance d’un suspect récidiviste. Confronté aux dysfonctionnements du système policier, il se lance seul dans une chasse à l’homme qui le fera sombrer dans l’obsession.

Sur le papier Le Dossier Maldoror avait déjà tout pour nous plaire, nous qui sommes friands de thrillers : en 1995 des jeunes filles disparaissent et un gendarme se lance dans une chasse à l’homme. Il n’en fallait pas davantage pour nous happer. La scène d’ouverture du film, assez puissante, notamment via sa réalisation sertie d’un parti pris d’effets atypiques met immédiatement les pieds dans le plat. On le comprend directement, on n’est pas tombés chez n’importe qui, ce film a quelque chose sous le capot. Et cela se confirme par la suite. Avant de rentrer dans les fondements scénaristiques on peut déjà s’attarder sur la forme du film. La musique entêtante reste en tête et embrasse parfaitement l’ambiance vintage, tantôt poisseuse, tantôt malsaine du long métrage. Nous pouvons de mémoire entendre dès la bande annonce l’un des thèmes qui reste en tête à l’issue de la projection et qui arrive presque à matérialiser sous forme musicale le condensé des sensations du film avec ce jeune gendarme qui court après des criminels sans pitié tout en s’enfonçant dans des limbes dont il ne reviendra peut-être pas, le tout enrobé dans cette difficulté presque goguenarde qui donne l’impression qu’à chaque fois qu’il se rapproche de l’arrestation finale c’est pour mieux se faire coiffer au poteau. Un régal. Il en va de même pour la réalisation qui s’autorise parfois des facéties à l’allure un peu expérimentale (à moins qu’il s’agisse d’effets communs à ce réalisateur) mais qui fonctionnent. On pense, nous l’avons dit, à la scène d’ouverture mais d’autres exemples peuvent être pris comme une exécution vers la fin du film que nous ne spoilerons bien évidemment pas. Ces moments où tout semble s’emballer subitement et partir en élan de violence irréparable et impulsif marchent à merveille et font donc leur petit effet.

Côté histoire nous n’avons pas boudé notre plaisir non plus même si nous pouvons imaginer que le scénario pourra peut-être décontenancer ceux qui s’attendent à une arrestation spectaculaire et un personnage principal récompensé pour son enquête acharnée. Il n’en sera rien. Ici le personnage incarné par Anthony Bajon, petit génie fraichement marié au quotient intellectuel très confortable à tout du héros parfait et idéaliste qui finira par arriver à ses fins malgré les embûches. Pourtant c’est bien à sa chute, motivée par un certain nombre de facteurs intérieurs et extérieurs à lui-même, à laquelle le spectateur va assister sans qu’il ne récolte forcément, et ce malgré son potentiel, son intelligence et son intuition, les lauriers de la « victoire ». En effet comme nous le disions en introduction, à cette époque la guerre des polices fait rage et Paul se retrouve non seulement être, par un concours de circonstances, la risée des journaux mais aussi pour des raisons politiques mis sur le carreau. C’est donc en toute illégalité qu’il va mener son enquête qui sera une succession d’excellentes pistes qui finiront souvent dynamitées. La fameuse scène de la cave en est le parfait exemple, quelle scène ! Elle résume parfaitement le film et la frustration palpable de Paul et du spectateur pris dans un engrenage politique stupide qui les dépasse où retrouver les enfants se positionne presque en second plan, la priorité étant accordée au brossage d’égo des uns et des autres. Le Dossier Maldoror n’est donc pas un film qui à la fin vous fera pousser un énorme soupir de soulagement, avec une justice remise sur le droit chemin et un Paul sacralisé. Le film est là pour montrer les défaillances d’un système, et il le fait bien. Quand un système est malade, la fin peut donc être douce-amère.

Le Dossier Maldoror est l’une des surprises de ce début d’année. Prenant, intense, démoralisant, sordide, tous les ingrédients d’un bon thriller sont réunis. A contrario de certains films ou séries du même acabit qui capitalisent sur un personnage surdoué pour mieux triompher, le film lui s’attarde sur la déchéance de son héros, prisonnier d’une enquête et de lui-même, écrasé par un système sans pitié et sans morale, dans une quête de justice qui n’en a que le nom. A ne pas louper.

Titre Original: LE DOSSIER MALDOROR
Réalisé par: Fabrice Du Welz
Casting : Anthony Bajon, Alba Gaia Bellugi, Alexis Manenti …
Genre: Policie, Drame, Thriller
Sortie le: 15 Janvier 2025
Distribué par: The Jokers Films
EXCELLENT
Catégories :Critiques Cinéma, Les années 2020








































































































































