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SYNOPSIS : Eddie et Venom sont en cavale. Chacun est traqué par ses semblables et alors que l’étau se resserre, le duo doit prendre une décision dévastatrice qui annonce la conclusion des aventures d’Eddie et de Venom.
Après le second film du Joker, le troisième (et dernier) volet de Venom vient nous confirmer que la période est à priori dédiée à l’art du troll. Au moins dans le cas de Venom nous n’aurons pas attendu l’arrivée de ce nouvel opus pour nous en rendre compte. Tom Hardy revient donc dans la peau d’Eddie Brock, toujours plus ridiculisé de film en film via cette fois un accoutrement de touriste allemand qu’il arbore presque fièrement. Sans comprendre vraiment quels génies du mal pilotent cet univers, Sony, ni ce qu’ils proposent comme cahier des charges pour que le tout soit aussi uniforme dans son exécution, force est de constater que les Venom, Morbius et autre Madame Web ne sont ni plus ni moins que des enfants pétés de thunes qui ont pourtant l’esprit et parfois l’aspect d’une série B de luxe. Cet aspect éclaté au sol avait dans Venom : Let There Be Carnage pris une tournure plutôt réjouissante puisque le film, tout à fait conscient d’être complètement claqué, en jouait très honnêtement, offrant quelques délires savoureux qui ont fait qu’en sortant de la séance nous avions plutôt adhéré à ce Venom 2 (juste pour la perruque de Woody Harrelson cela valait le détour). C’est donc confiants que nous allions voir cette suite qui allait achever, nous l’espérions, cette saga née dans la douleur, dans un joyeux délire nanardesque. Loupé, même pour sa conclusion la saga se sera vautrée.

Il faut bien reconnaître que Venom 3 n’a sur le papier pas grand-chose pour lui. Il se traine un premier film dont presque tout le monde se fiche, un deuxième qui est la risée du quartier (il n’y a que nous qui l’avons un tant soit peu apprécié nous avons l’impression…) et un univers connecté qui semble transformer chaque long métrage qui le rejoint en étron atteint d’une maladie vénérienne. Difficile malgré tout de renier le succès commercial des Venom qui réussissent leur petit coup de baguette magique. Cette dernière danse reprend alors là où le précédent volet s’est arrêté. On découvre rapidement qu’un certain Knull (qui n’est pas vraiment le méchant du film), enfermé dans une prison très lointaine et aidés de monstres, sortes de charognards gigantesques et increvables, a pour plan de sortir afin de détruire toute vie existante. Et surtout que Eddie et Venom détiennent en eux, du fait de leur lien unique, un certain codex qui n’est rien de moins que la clé qui permettra à Knull de sortir de sa frustrante prison, lui qui veut assouvir ses envies de massacre. Avant de découvrir ce grand méchant qui ne donne absolument pas envie de le connaitre et dont les motivations très binaires n’ont pas l’air très intéressantes, l’heure est à la traque et à la course-poursuite. Eddie et Venom découvrent rapidement qu’ils sont poursuivis par ces vilaines bestioles mais heureusement, tant que le symbiote ne recouvre pas entièrement le corps d’Eddie, les monstres ne peuvent pas les repérer. En revanche si par malheur Eddie venait à se retrouver en symbiote intégral, cela activerait une sorte de géolocalisation qui permettrait aux charognards de les retrouver. C’est aussi bête à expliquer que ça l’est à regarder mais l’idée demeure amusante.

C’était sans compter sur des militaires sortis de nulle part, déjà en possession de plusieurs symbiotes, qui veulent aussi récupérer Venom. Nos amis acculés devront pour assurer leur salut revêtir le symbiote intégral, révélant alors leur position et conviant de fait les monstres à la fête. Il ne faudra pas compter sur autre chose de déterminant pour l’intrigue de ce dernier volet. Ce n’est toutefois pas tout ce que le film a à offrir. Comme tout divertissement malade qui se respecte, ce Venom nous introduit en fil rouge une famille de personnages secondaires tout à fait inutiles, sortes de hippies paumés des temps modernes, menés par un Rhys Ifans qui avait sans doute très envie d’ajouter un nouveau rôle lunaire à sa filmographie via ce personnage obsédé par les extraterrestres. Côté militaire on peut compter sur le solide Chiwetel Ejiofor, toujours là pour assurer un rôle artificiel et inutile avec charisme et panache (son capital sympathie fait qu’on est toujours contents de le voir même si on sait ce que cela signifie en termes qualitatif) mais surtout, et on sort les feux d’artifice, sur Juno Temple. Elle ne joue pas une militaire à proprement parler puisque son personnage est une scientifique mais elle travaille sur les symbiotes dans la base secrète. Son rôle, comme tous ceux du film (pauvre Stephen Graham dont le personnage revient d’entre les morts pour finir en tapisserie), est un véritable cimetière d’intérêt et de bon sens, le film allant même jusqu’à lui inventer une origin story plus ubuesque qu’autre chose. Mais ce n’est pas grave car Juno Temple irradie littéralement chaque scène où elle est présente, elle qui avait déjà récemment portée la très sympathique cinquième saison de Fargo que nous avions chroniquée ici. Nous évoquions les symbiotes, le film va dans son climax final les exploiter. Des symbiotes extrêmement laids sur lesquels nous n’aurons rien de spécial à ajouter puisque tout se passe de commentaire.

Une fois passé toutes ces fioritures supposées être importantes car il s’agit tout de même de la structure et de l’histoire du film, concentrons-nous sur l’aspect délirant qui nous avait tant conquis dans le deuxième film. Ici, et cela sauve parfois un peu les meubles, le film ne se prend toujours pas au sérieux, du moins majoritairement. Il se découvre même une passion animaux car son objectif caché semble être de mélanger le symbiote à diverses créatures comme un cheval, une grenouille, un poisson…amusant sur le papier mais totalement expédié et vain dans les faits, le générique de fin persistant pourtant à mettre en scène ce délire que nous accueillions à bras ouverts car après tout, pourquoi pas ? La scène du cheval est le parfait exemple d’occasion manquée : alors que le canasson s’élance sur Don’t Stop Me Now pour une séquence qui s’annonce amusante, elle s’arrête à peine débutée. Il en va de même pour la séquence de l’avion en altitude. Incompréhensible. Les moments un poil délirants ne sont donc pas pléthore, souvent parasités par des passages supposés faire partie de la même tentative d’hystérie mais plus laborieux qu’autre chose, comme ceux avec cette malheureuse famille de hippies susmentionnée.

Mais alors que sauver au-delà de Juno Temple et du ton parfois fanfaron du film qui arrive tout de même par exception à divertir ? Peut-être la relation entre Eddie et Venom qui offre, même si elle n’est guère passionnante, un peu d’émotion lors de sa conclusion qui, et c’est bien la seule chose sur laquelle le film ne nous aura pas trollés, est effectivement une dernière danse. Serti de deux scènes génériques plus inutiles l’une que l’autre (on n’a dans notre cas même pas compris la dernière), servant de teasing à Knull (joué par un Andy Serkis qui s’évertue à faire de l’humanitaire) et à on ne sait trop quoi d’autre, le rideau s’abaisse enfin. Ce Venom : The Last Dance s’en va donc par la petite porte, échouant à proposer une histoire correctement structurée, à densifier intelligemment ses enjeux et surtout à plonger pleinement dans le délire qu’il avait pourtant réussi à magnifier dans son épisode dédié à Carnage. Nous qui pensions au moins bien rigoler. Sony achève ainsi de nous convaincre (comme s’il fallait encore des arguments) que son univers est du troll de haut niveau, presque forcé de justifier une avalanche d’emplois fictifs et les budgets associés en pondant périodiquement un homme de paille sous la forme de films malades et ravagés d’idées sorties à chaque fois d’on ne sait où. A ce stade c’est définitivement de l’art.

Titre Original: VENOM : THE LAST DANCE
Réalisé par: Kelly Marcel
Casting : Tom Hardy, Juno Temple, Alanna Ubach…
Genre: Action, Comédie, Fantastique
Sortie le: 30 0ctobre 2024
Distribué par: Sony Pictures Releasing France
ASSEZ MAUVAIS
Catégories :Critiques Cinéma








































































































































