Vous pensiez que la dernière trilogie avait clos la saga de la Planète des Singes, que nenni, après La Planète des singes : Les Origines en 2011, l’Affrontement en 2014 puis Suprématie en 2017, voici en 2024, Le Nouveau Royaume. Vu les qualités des trois précédents opus, c’est avec beaucoup d’impatience mais également quelques craintes que Le Nouveau Royaume était attendu. Réalisé par Wes Ball à qui l’on doit la trilogie Le Labyrinthe, le film est plutôt une belle surprise, un blockbuster ébouriffant sur l’entropie. Certes il n’a pas la consistance de la dernière trilogie, mais il offre une extension de la saga puissante et prometteuse. Alors que le blu-ray vient de sortir Les Chroniques de Cliffhanger & Co vont, une fois de plus se mettre au service de ses lecteurs en répondant à une sélection de questions pertinentes sur la saga… Bref, de rien…
Erwan Darbellay

C’est le premier opus de la nouvelle trilogie de La Planète des singes, pourtant un homme en colère m’a dit un jour, que le manque de moyens était flagrant dans le 5ème épisode… ? (Fred T. lecteur boudeur des Chroniques)
Bon, il va falloir que je vous explique clairement l’histoire de la saga inspirée du livre de Pierre Boulle. En 1968 Franklin J. Schaffner (Patton, Papillon) réalise le film La Planète des singes. Suite au succès de celui-ci, (plus de 30 millions de dollars aux Etats-Unis pour un budget de 6 millions de dollars), 20th Century Fox produit 4 suites entre 1970 et 1973, la qualité et le succès déclinant au fur et à mesure. Puis 30 ans plus tard, en 2001, Tim Burton réalise également sa version de La Planète des singes, avant qu’en 2011 une nouvelle saga soit lancée sous la houlette de Rupert Wyatt pour le premier puis Matt Reeves pour les 2 suivants. Avec le nouveau film nous en sommes donc à 10 longs-métrages… (plus que deux pour arriver à 12 singes…) Bref quand il s’agit de faire de l’argent, les producteurs sont malins comme un singe (en hiver) …

Je suis très fan de Tim Burton, mais je n’ai jamais vu La Planète des singes, dois-je rattraper mon retard ? (Fred T. lecteur compulsif des Chroniques)
Oui mais… oui parce que visuellement c’est du Burton, on retrouve son style dans certains plans, de nombreuses références à son univers, les maquillages sont formidables, et la musique, bestiale, est l’une des meilleures BO de Danny Elfman. Mais contrairement à Batman le Défi, qui fut également un bras de fer avec les studios et que Burton a gagné, proposant un grand film gothique et certainement l’un des meilleurs films de super-héros, La Planète des singes est définitivement un film de studio calibré et policé qui manque de cohérence et de liberté, peut-être même le plus mauvais film de Tim Burton. Une immense déception après Mars Attacks ! et Sleepy Hollow. Heureusement avec Big Fish puis Charlie et la Chocolaterie Burton retrouve pour un temps les rails de la créativité. Un temps seulement parce que son Alice au Pays des merveilles ou son Dark Shadows, c’est bien du Burton, mais sans âme (un peu comme Sam dans la saison 6 de Supernatural). On croise les doigts pour son Beetlejuice Beetlejuice, une suite qui nous aurait tous fait rêver dans les années 90, mais qui aujourd’hui nous fait un tout tout petit peu peur… (Lire la critique de Beetlejuice Beetlejuice par Pierre Chamb ici.)
César a t-il un lien de parenté avec King Kong. (Fred T. lecteur neurasthénique des Chroniques)
Non, rassurez-vous il n’y a aucun Gorille dans la brume entre César et King Kong. Ceci dit, afin d’être le plus complet possible dans ma réponse, je confirme également que César n’a aucun lien de parenté avec Salade (Badam bam). Par contre, petite anecdote intéressante, au début des années 60, le producteur américain Arthur P. Jacobs cherche des scénarios à produire. Il énoncera le regret suivant devant Alain Bernheim, l’agent littéraire de Pierre Boulle (auteur du roman français La Planète des singes) venu lui proposer d’adapter un roman de Françoise Sagan : « J’aurais aimé que King Kong n’ait pas été produit pour pouvoir le faire« . Immédiatement Bernheim évoque le roman de Pierre Boulle. Arthur P. Jacobs en achète les droits, il produira les 5 premiers films.

La dernière trilogie est-elle un remake de la première saga ? (Fred T. lecteur myope des Chroniques)
Non, pas vraiment, il s’agit plutôt d’un reboot, d’une nouvelle version qui repart sur de nouvelles bases. Car comme vous le savez on n’apprend pas à un vieux singe à faire la grimace et les producteurs, soit 20th Century Fox, ont cherché depuis la fin de la première saga à relancer le juteux filon (et non pas le juteux Fillon). En 2019, Walt Disney Company achète la Fox, et, oh, surprise, cherche également à exploiter la franchise. En parlant de remake, savez-vous que The Thing de Carpenter, La mouche de Cronenberg, Les Sept Mercenaires de John Sturges, L’Armée des 12 singes de Gilliam ou Les Infiltrés de Scorsese et True Lies de Cameron sont des remakes ? Car la force d’un remake réussi et de nous faire oublier qu’il en est un… A l’autre extrémité du monde un peu fou des « et si je refaisais la même chose« , si je vous dis Total Recall, Poltergeist, Conan le barbare ou Les Griffes de la nuit… à part une exception là-bas au fond de la salle, oui toi tu peux baisser la tête en pleurant, je suis quasiment sûr que vous pensez tous à l’original et non pas au remake honteux… Bon, voilà, rien qu’en citant le remake des Griffes de la nuit je suis tout énervé…

À quand une série télévisée La Planète des singes ? (Fred T. lecteur un jour toujours des Chroniques)
Et bien voyez-vous, c’est déjà fait. En 1974, un an après la sortie du cinquième long-métrage, CBS lance une série La Planète des singes. L’histoire se passe quelques centaines d’années avant l’arrivée de Charlton Heston (d’ailleurs les humains parlent encore, alors que ce n’est plus le cas dans les films originaux), et suit l’arrivée et la fuite de deux nouveaux astronautes… la production est plutôt soignée et le résultat sympathique même si les histoires ne brillent pas par leur originalité… Mais cette fois-ci le succès n’est pas au rendez-vous et la série s’arrête brutalement après 14 épisodes et s’en alla rejoindre le cimetière des nombreuses séries qui n’ont jamais vu de deuxième saison… L’occasion de citer avec émotions quelques-unes de ces séries qui auraient mérité de ne pas s’arrêter aussi tôt… comme Angela, 15 ans et ses 19 épisodes, Firefly et ses 15 épisodes ou Freaks and Geeks et ses 18 épisodes. Plus récemment Vinyl la série de Scorsese, Sense8 des sœurs Wachowski, The OA ou The Get Down la série de Baz Luhrmann et tellement d’autres, car avec les plateformes de Streaming et la multiplication des séries, les annulations se multiplient également. Bref, quand les arbres commencent à pencher, les singes s’en vont.
Que deviennent les singes à la fin du tournage ? (Fred T. lecteur en 7 lettres des Chroniques)
Excellente question. Une partie des singes sont rachetés par l’industrie alimentaire afin d’être broyés et transformés en knackis ou en viande haché pour hamburger. Un tout dernier groupe, les plus motivés, sont conservés sous formol en vu d’un éventuel nouveau film, mais c’est un pari risqué car la méthode n’est pas encore tout à fait au point et il n’est pas rare que certains membres, bras ou jambes, mal conservés, pourrissent et se détachent lors du réveil. Bon, vu le regard de mon rédacteur en chef après lecture de ces quelques lignes je vais être obligé de répondre sérieusement à cette question. Si dans la première saga ainsi que dans le film de Burton il s’agissait de masques, de prothèses et de costumes, dans la saga actuelle il s’agit de créatures entièrement numériques restituées à partir de véritables comédiens comme Andy Serkis, célèbre pour son rôle de César dans La Planète des singes mais également de Gollum dans Le Seigneur des anneaux ou de Haddock dans Le Secret de la Licorne. Donc, aujourd’hui, à la fin du tournage, il ne reste que des singes sur disque dur… je sais, ça fait moins rêver que les knackis (qui sont d’ailleurs des aliments à éviter, composées principalement de restes de viande, d’exhausteurs de goût, de nitrites et d’additifs… par contre si tu rêves d’un cancer colorectal c’est l’aliment idéal à consommer très régulièrement).
Catégories :L'après séance








































































































































