Critiques Cinéma

LONGLEGS (Critique)

SYNOPSIS : L’agent du FBI Lee Harker, une nouvelle recrue talentueuse, est affectée sur le cas irrésolu d’un tueur en série insaisissable. L’enquête, aux frontières de l’occulte, se complexifie encore lorsqu’elle se découvre un lien personnel avec le tueur impitoyable qu’elle doit arrêter avant qu’il ne prenne les vies d’autres familles innocentes.

Parmi les hauts-faits déjà actés dans l’univers horrifique de cette année, le nouveau long-métrage du réalisateur américain Oz Perkins a réussi à se doter d’un accueil critique dithyrambique et d’une popularité publique grandissante qui voit dans cette toute nouvelle proposition une composition horrifique d’auteur particulièrement flamboyante et prometteuse. Les deux raisons principales à cet emballement : la mise en scène extrêmement enlevée et très référencée de Perkins et le duo de comédiens qui viennent emballer ce morceau atypique d’épouvante. Maika Monroe (la protagoniste du plus-que-brillant It Follows) affronte l’indomptable Nicolas Cage métamorphosé en tueur en série psychopathe. Tout ça donne LongLegs, qui promet sa dose de grands frissons et de meurtres sanguinolents à l’aspect satanique omniprésent, comptant bien changer les règles de l’industrie horrifique. Et cela aurait marché si le résultat ne s’effondrait pas totalement dans un dernier tiers terriblement prévisible qui fait tout retomber comme un soufflé…



Revenons au départ. LongLegs raconte l’enquête la plus importante de la jeune carrière de l’Agent Lee Harker (Maika Monroe, dont le personnage rappelle celui incarné par Shailene Woodley dans le Misanthrope de Damián Szifrón l’année passée, film que l’on conseille farouchement d’ailleurs). Lorsqu’elle se découvre un jour un certain don de prémonition, Lee se retrouve sur la piste d’un étrange tueur en série au modus operandi extrêmement mystérieux. Partout à travers la région, des meurtres sont commis dans des cellules familiales, comme si des personnes tout à fait ordinaires étaient soudainement prises de pulsions meurtrières avant de massacrer leurs familles respectives. Très vite, le FBI et Harker reçoivent des lettres cryptées, signées d’un certain LongLegs. Et à beaucoup d’égards, cette enquête deviendra très personnelle pour Lee



LongLegs démarre sur les chapeaux de roue par une séquence désarmante de terreur, renouant avec les classiques du film d’horreur, affichant sa volonté de dépasser les codes du genre en s’affranchissant d’une quelconque limite. Le too-much est de guise, le polar pose ses valises dans l’occultisme et dans le fantastique, ce tueur en série insaisissable au maquillage terrifiant se mue en agent du Mal dans son contexte à la Mindhunter. A cette hauteur-là, Nicolas Cage est absolument phénoménal dans ce qui va probablement s’avérer être l’un des plus grands rôles de sa carrière, méconnaissable derrière les prothèses posées sur son visage et sa composition volontairement à mi-chemin entre masculin et féminin, entre calme et chaotique, entre réalité et témoin d’une bascule vers les enfers. Son LongLegs, et son mode opératoire satanique dont nous ne révèlerons évidemment pas les clés ici, permet au film d’assoir ses effets horrifiques avec énormément de trouvailles techniques et visuelles. L’hors-champ vit en harmonie avec le graphique, Perkins se permettant de repousser toujours plus loin la terreur dans ce qui s’avère vite être un véritable roller-coaster d’émotions fortes et d’images très dérangeantes qui participent à faire du film une vraie pépite brute de décoffrage. Pendant ses deux premiers tiers, tout du moins.


Au moment de clôturer son récit, LongLegs s’embourbe. Son mécanisme bien rôdé et bien huilé perd en vitesse et finit en queue de poisson avec une série de flashbacks explicatifs à l’utilité discutable au service d’un twist central frontalement prévisible et devinable dès le plan d’ouverture. Le film s’arrête alors sur une fin qui laisse les sourcils froncés par sa facilité déconcertante et un salé « tout ça pour ça ?  » sur le bout de la langue. Dans ce sens, LongLegs est une proposition aussi fascinante qu’elle est décevante, dont la mise en scène démoniaque se révèle in fine être un grand exercice de style un brin prétentieux et pompeux. Perkins réalise une grande contradiction cinématographique, terriblement frustrante tant elle installe un climat génialement anxiogène pour au final embarquer dans une issue foutraque et décidément trop explicative. LongLegs s’avère extrêmement fonctionnel la plupart du temps, mais manque complètement le coche sur le long-terme. On en retiendra essentiellement l’image sensationnelle du bad guy de Nicolas Cage puis le retour de Maika Monroe dans un beau rôle principal. Et on est les premiers à être frustrés.

Titre Original: LONGLEGS

Réalisé par: Oz Perkins

Casting :Maika Monroe, Alicia Witt, Nicolas Cage

Genre: Epouvante-Horreur, Thriller

Sortie le: 10 juillet 2024

Distribué par: Metropolitan FilmExport

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