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SYNOPSIS : Samuel a 10 ans. Il tient un journal et il a un problème. Son problème c’est que Basile a dit à la grande Julie que Samuel l’aimait. C’est faux, il s’en fiche de Julie. C’est juste qu’elle a rigolé à l’une de ses blagues et qu’il a trouvé ça sympa de sa part. Bon, en fait Samuel aime Julie mais personne ne doit savoir. Même pas Corentin, son meilleur ami qui mâche sa langue et sait faire la chandelle. Surtout pas Dimitri, que Samuel déteste, et dont toutes les filles sont amoureuses car il court très vite, a de bonnes notes et un humour subtil. Ni Bérénice que toute la classe appelle « La Folle » car elle est colérique et parfois même agressive. Et ni la maîtresse, ni ses parents, ni le monde entier.
Cette pépite de mini-série Samuel que l’on retrouve sur Arte.fr, doit son authenticité aux souvenirs de sa jeune créatrice Emilie Tronche : « Avec Samuel, on partage pas mal de traits communs, mais lui a cette nonchalance en plus. 10 ans, c’est un âge « entre-deux « : on est toujours un enfant mais on rentre dans l’adolescence. On essaie de faire face à de nouvelles émotions, on commence à se poser des questions sur certains sujets, comme la mort. Il y a aussi des choses qui nous paraissent bouleversantes quand on a 10 ans et beaucoup moins à l’âge adulte ! »
Samuel c’est d’une troublante intensité poétique. Ce sont les grands drames de l’enfance où tout compte, tout fait sens, où la moindre sensation est un enivrement, la moindre émotion un envahissement. C’est bouleversant d’universalité. Samuel, c’est nous, nos enfants, nos parents, je suis Samuel ! C’est la parfaite réunion et convocation de toutes les générations. Face à la même scène, vous pouvez pleurer quand votre princesse hurle de rire. C’est juste de l’émotion. C’est un empire d’intelligence condensé dans les 21 épisodes d’à peine plus de 4 minutes chacun. On se situe dans une sorte de mix entre un Bref (2011) pour les enfants, et d’une fratrie qui va de Linda veut du poulet (2023) aux Cahiers d’Esther (2018) !
L’épisode 10 quand au hasard de deux voitures dans la nuit, par fenêtres interposées, Samuel et Julie se font un petit signe de la main. C’est nos vies qui vacillent sans que l’on sache pourquoi. Ces rencontres, ces petit-riens qui sont des infinis-tout. On en veut sans arrêt. Chaque épisode transcende ces morceaux de vie que l’on oublie jamais. Cette série, c’est un petit miracle !!

Et alors la mise en scène… Épurée à l’extrême : du noir, du blanc et des décors volontairement minimalistes. Ainsi seule compte l’émotion brute dans les yeux qui brillent, l’expression des visages qui nous transperce et le moindre mouvement qui nous renverse. Du romantisme animé à chaque seconde, une musicalité vivace, vibrante et qui contribue au charme renversant de l’ensemble. C’est parfois juste les échanges de regard entre Samuel et la grande Julie avec cette musique discrète qui va comme faire monter une tension façon feu d’artifices des émotions, autant pour Samuel que pour le téléspectateur, aussi bien aux têtes blondes que grisonnantes.
Samuel nous démontre ce que l’on savait déjà sûrement, mais magnifié par une grâce permanente et une tendresse folle : l’enfant est le père de l’homme. L’écriture est ciselée, moderne à souhait et d’une rare et précieuse intelligence : » Une chose triste est toujours suivie d’une chose triste « , et tout est toujours comme ça dans des dialogues qui nous scotchent, d’une parfaite justesse. Samuel, c’est de la vie comme s’il en pleuvait !!
Et cette petite voix de Samuel, doublée par Emilie Tronche elle-même, elle aussi est magique. Douce et cinglante, c’est la voix perçante et authentique de l’enfance. Son cerveau va très vite, alors ses mots aussi. On est toujours un enfant quand on aime. On est toujours un enfant de toute façon et trop d’adultes l’ignorent. C’est la nostalgie des grands qui se confond avec la vie des petits, Samuel c’est totalement indispensable !!
Crédits : Arte








































































































































