Critiques Cinéma

BOB MARLEY : ONE LOVE (Critique)

SYNOPSIS : Bob Marley: One Love célèbre la vie et la musique d’une icône qui a inspiré des générations à travers son message d’amour et d’unité. Pour la première fois sur grand écran, découvrez l’histoire puissante de Bob Marley, sa résilience face à l’adversité, le chemin qui l’a amené à sa musique révolutionnaire.

Dans la lignée des innombrables films-biopics qui s’enchaînent au sein du paysage cinématographique américain actuel, il n’était qu’une question de temps avant qu’un projet centré sur la figure de Bob Marley n’arrive sur les écrans. Porté par le réalisateur Reinaldo Marcus Green (déjà à la tête du biopic La Méthode Williams sur Richard Williams et ses filles Serena et Venus) et par la famille du principal concerné (on retrouve Rita et Ziggy Marley dans le box des producteurs), ce Bob Marley One Love compose avec la silhouette cultissime de son protagoniste, déjà amplement cinématographique, pour scruter une partie centrale de sa vie et de sa carrière. A l’inverse de la flopée de biopics du même genre qu’on a pu voir ces 10 dernières années, One Love ne s’échine pas à retracer l’intégralité des évènements qui ont fait de Bob Marley l’icône qu’on connaît. Son enfance et ses premiers pas en studio sont brièvement couverts par quelques flashbacks qui contextualisent certains points de son histoire, mais le cœur du film se trouve véritablement dans la période qui sépare la montée de violence en Jamaïque à la fin des années 70 du fameux One Love Peace Concert. Dans leur scénario, Zach Baylin, Frank E. Flowers et Terence Winter explorent particulièrement les enjeux politiques de la célébrité de Marley, mettant au centre du récit sa relation avec sa femme Rita, sa connexion au mouvement rastafari et son exil à Londres.


Porté par le visage de Kingsley Ben-Adir, à la partition assez impressionnante qui évite le mimétisme et le sensationnalisme, Bob Marley : One Love est une proposition aussi intéressante et rythmée que gentiment proprette dans ses ambitions narratives et visuelles. La mise en scène de Green, construite autour du couple formé par Ben-Adir et l’excellente Lashana Lynch, évite soigneusement de trop dévier de son épicentre, empêchant in fine le film de véritablement décoller. Cependant, One Love sait savamment rendre hommage à la musicalité de sa figure éponyme, les séquences de concert ou d’enregistrement fonctionnant particulièrement bien, et conférant au film une énergie électrique et un certain sens de la spiritualité de son icône. En explorant la culture rastafari et le rapport de Marley au monde et à la religion, le long-métrage tisse un lien entre l’identité de son protagoniste – même si montré quasiment sans failles à l’exception d’une scène de dispute au démarrage du dernier tiers – et la place dont il a hérité contre son gré sur l’échiquier politique jamaïcain, coincé entre deux gangs et entre deux partis opposés.


One Love emporte alors dans son rythme très bien dosé et dans l’interprétation sensible de son duo de tête qui convoque à merveille les figures qu’il adapte, bien qu’il s’affaisse dans son manque clair d’ambition et dans l’aspect lisse de sa narration, délaissant ses enjeux dans un final en ligne droite où le film semble un peu s’oublier.

Au final, cette plongée dans la période clé de la carrière et dans la vie de Bob Marley s’avère agréable et intensément spirituelle, tout en manquant de la mémorabilité nécessaire pour faire rentrer le film au panthéon des biopics musicaux les plus réussis. Reinaldo Marcus Green signe une production propre et élégante, même si trop codifiée et sans suffisamment de panache pour rester durablement dans les mémoires au même titre que l’icône qu’elle explore.

Titre Original: BOB MARLEY : ONE LOVE

Réalisé par: Reinaldo Marcus Green

Casting: Kingsley Ben-Adir, Lashana Lynch, James Norton…

Genre: Biopic, drame, musical

Sortie le: 14 Février 2024

Distribué par: Paramount Pictures France

TRÈS BIEN

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