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SYNOPSIS : Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école. Italie. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée. Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est malade. Trois vies, trois femmes, trois continents. Trois combats à mener. Si elles ne se connaissent pas, Smita, Giulia et Sarah sont liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier.
La Tresse, réalisé par Laetitia Colombani, est adapté de son propre roman du même nom paru en 2017, et qui s’est vendu rien de moins qu’à 5 millions d’exemplaires. Ainsi, la question de son adaptation sur grand écran a fait l’objet de multiples envies, raconte l’autrice / réalisatrice : « Une quinzaine de producteurs m’ont contactée ! Je suis convaincue que si j’avais d’abord écrit l’histoire sous forme de scénario, on m’aurait dit que le projet était trop compliqué à monter.« Sans être une grande littérature qui joue sur les nuances, la capacité à toucher le lecteur est manifeste, avec le risque qu’une adaptation cinématographique manque aussi d’un minimum de complexité en se collant forcément trop à l’œuvre originale. Ce qui fait commun entre Smita, Guilia et Sarah est cette détermination dans des luttes autant contemporaines qu’homériques. Avec pour autant 3 continents différents entre l’Asie, l’Europe et l’Amérique du Nord. Une lutte majorée par un système patriarcal bien universel pour trois femmes qui doivent donc toujours en faire plus que les autres. Mais précisément il manque ce liant entre ces trois histoires, qui ne s’entrechoquent jamais vraiment. Ou alors les croisements n’existent que par l’intime du cheveu, qui vont avoir des fonctions différentes pour elles trois, avant de bien sûr de se retrouver.

Sauf qu’on le devine dès le départ, et que chaque récit est bien trop indépendant pour en percevoir une universalité qui avait pourtant en son sein un potentiel empathique certain. Mais jouer sur l’effet papillon à trois coins de la planète est trop convenu pour surprendre. C’est au moins depuis Chantons sous la pluie (1952) que nous savons que la vie peut tenir à une histoire de pneu crevé, et engendrer ainsi le pire ou le meilleur dans le hasard fou du destin. Même si ce n’est pas trop grave, La tresse ne nous apprend donc pas grand-chose. Mais le problème est que… ce n’est pas du tout le problème majeur du film… C’est toute la question de la sincérité du long-métrage qui se pose, ou au-delà, de la difficulté à y adhérer, tant la recherche constante de l’esthétisme est écrasante. La volonté de faire la belle image est flagrante, épuisante et nuit totalement à toute velléité d’authenticité. Là ou par moment, l’on pourrait être touché par des scènes qui clairement sont prenantes, la lourdeur de la mise en scène vient un peu tout gâcher.

La sobriété de la photographie du Canada. C’est occidental, tout est blanc immaculé, d’une netteté plus blanche que blanche, à en devenir transparente… La poussière miséreuse indienne en contraste avec les vives couleurs des robes traditionnelles brise les verres de vos lunettes… Le teint granuleux feutré d’une Europe qui semble s’être figée dans un siècle dernier, mais compensé par le scooter évidemment rouge de Guilia nous laisse à minima perplexe. L’ensemble est un condensé de stéréotypes façon cartes postales de 3 copines en vacances. On n’y fait pas trop attention au démarrage car on a envie d’y croire à cette vraie fausse belle idée. Puis ça commence à nous gêner car vraiment ça se voit. Pour au final devenir pleinement agaçant car on est entrés dans une salle de cinéma et pas dans un office de tourisme.

Il n’en demeure pas moins que malgré une fin évidemment totalement tire-larmes, où là aussi les intentions de la réalisatrice sont trop évidentes, La tresse connait des scènes déjà vues, mais qui s’ancrent dans une forme d’intensité pas toujours déplaisante. On vit avec ces femmes, et comme l’on a tellement envie qu’elles y arrivent, les deux heures ne sont pas que subies et passent assez tranquillement. La mise en scène au bord du grotesque n’arrive pas à totalement gâcher une forme d’appétit devant le grand écran. Le casting est évidemment rythmé par la présence des trois actrices que sont Kim Raver, Fotini Peluso et Mia Maelzer. Les trois sont pleinement engagées dans ce triptyque de femmes fortes et arrivent assez souvent à communiquer une forme d’émotion. Mais à nouveau le poids massif de la caricature de trop nombreuses scènes ne peut pas permettre au jeu de décoller vraiment. L’exemple le plus consternant étant la romance que va vivre Guilia. A faire se retourner Shakespeare dans sa tombe de gênance… Oui ils sont beaux, oui c’est contrarié, et quand Monsieur enlève son turban, laissant dérouler une chevelure ondulée, rebelle et interminable, à part une fausse pub des Nuls pour Pétrole Han, on sombre là dans une archétypale guimauve. Et il faut des trésors de talent à Fotini Peluso pour ne pas elle aussi sombrer définitivement dans le ridicule, et elle a le grand mérite de largement s’en sortir. Au final, La tresse peut ravir les aficionados de la rom com, c’est à peu près tout et c’est sans doute déjà beaucoup.

Titre Original: LA TRESSE
Réalisé par : Laetitia Colombani
Casting : Kim Raver, Fotinì Peluso, Mia Maelzer …
Genre: Comédie dramatique
Sortie le : 29 Novembre 2023
Distribué par : SND
MOYEN
Catégories :Critiques Cinéma, Les années 2020








































































































































