![]()
SYNOPSIS : Dans un monde où le rire est interdit. Steph, employé et citoyen modèle, déclenche à son insu l’hilarité de Céline, sa stagiaire. Traqué par la police anti-rire, kidnappé par un groupe de rebelles, Steph sera-t-il l' »élu », celui par qui l’éclat de rire général arrivera ?
Ce jeudi 14 septembre, Arnaud Malherbe et Marion Festraëts nous proposent Rictus, autre nouveauté de la rentrée sur OCS avec Fred Testot en tête d’affiche. La série prend la forme d’une dystopie dans un monde où le rire est prohibé afin de ne pas heurter la sensibilité des uns et des autres, ce qui n’est pas sans nous rappeler les dérives implacables de notre époque actuelle. Au milieu de ce monde terne (sur le fond mais pas sur la forme comme nous le verrons) envahi de drones qui surveillent les moindres faits et gestes des habitants, Steph (Fred Testot) fait son petit bonhomme de chemin entre son travail (visant à dénoncer ceux qui s’adonneraient au rire) où il obtient le titre d’employé du mois sans interruption et sa famille bien sous tous rapports malgré des dérapages de rire de son fils à l’école. Jusqu’au jour où Céline (Ophelia Kolb) sa stagiaire est prise d’une crise de rire. L’escalade de la violence va alors commencer pour Steph.
Rictus semble être pleine de bonnes intentions mais n’arrive pas à dépasser le stade de l’énième série conceptuelle d’OCS comme cela avait pu être le cas avec Nu (par exemple mais il y en a d’autres). Sur le papier cela donne envie mais l’écriture n’est clairement pas à la hauteur de la promesse que l’on peut s’imaginer dans nos têtes avec un tel concept. C’est bien simple, c’est rarement drôle, assez lourd, plutôt bête (même si nous comprenons bien que les personnages vivent dans une société « bête » et qu’ils la représentent donc mais cela vire trop souvent au grotesque) et cela ne fait qu’effleurer le potentiel de l’histoire sans nourrir son excellent casting avec des dialogues qui récompenseraient leur talent. On retrouve pourtant, outre les noms précédemment cités, Youssef Hajdi, Marie Kremer, François Rollin, Pascal Demolon et plein d’autres…mais ce n’est pas drôle (ou très peu).
Sur le fond deux axes majeurs de faiblesse se détachent. Le premier est la faible qualité des dialogues comme nous l’évoquions et même des péripéties qui s’y rattachent malgré quelques moments lunaires dans le bon sens du terme tel que le passage du karaoké dans le deuxième épisode. Le second pan de faiblesse est lié au fait que la série a vraiment une structure de « série OCS ». C’est d’ailleurs amusant car nous avons en parallèle eu l’opportunité de regarder LT-21 (article à venir prochainement), autre dystopie d’OCS, et l’idée de départ ne semble pas non plus pouvoir se détacher d’un cadre extrêmement familier comme s’il fallait absolument utiliser la même trame avec un pouvoir oppresseur et un groupe de rebelles. Sur le principe pourquoi pas mais tout cela est formalisé de façon tellement scolaire (et verbalisé en l’état) qu’on a vraiment du mal à prendre la démarche au sérieux, tiraillée entre la volonté de raconter quelque chose avec du fond (d’autant plus mis en corrélation avec un monde comme le nôtre où la cancel culture est devenue un véritable fléau), tout en ressemblant à une caricature grotesque qui la dessert plus qu’autre chose avec en plus une faiblesse assez flagrante dans son scénario. OCS devrait vraiment songer à faire plus attention à sa ligne éditoriale afin que ses séries originales n’en viennent pas à toutes devenir similaires car cela devient le cas et pour nous qui en regardons beaucoup cela s’avère assez étouffant et redondant.
C’est d’autant plus dommage qu’on remarque pourtant des efforts sur tout le reste. Les costumes sont globalement super chouettes avec des choix qu’on imagine consciencieux et qui font mouche (on a presque envie d’acheter certaines pièces parmi les vêtements mis en scène) tout en tranchant avec l’aspect morose de la société dépeinte puisque les gens sont habillés de façon très colorée. Il y a un côté moderne qui s’entremêle avec le côté arriéré qui fonctionne très bien. On remarquera aussi un effort fait sur certains morceaux musicaux, peu importe qu’il s’agisse de chansons (et l’univers qui va avec) directement intégrées dans la vie des personnages ou celle qui habille le générique de fin.
On aurait aimé rire et se questionner davantage devant Rictus qui est malheureusement la première à nous retirer ces possibilités. Le rire y est traité étrangement, sans logique, artificiellement, ce qui fait que le spectateur ne rigole presque jamais en même temps que les personnages qui se lâchent à l’écran. Ce décalage permanent nous laisse sur le bord de la route, suscitant l’ennui et l’envie de stopper le visionnage en cours de route. Dommage, nous aurions aimé rire au-delà des rictus et ne pas nous sentir coincés tout le long du chemin comme les personnages farfelus (et parfois insupportables il faut le dire, on pointe notamment du doigt les « méchants » tout à fait pathétiques qui sont juste lourdingues) qui eux tentent au moins pour certains de sortir de leur torpeur. Il conviendra de vérifier si les trois derniers épisodes changent la donne mais nous y croyons assez peu.
Crédits : OCS








































































































































