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SYNOPSIS : Le meneur de jeu de Shohoku, Ryota Miyagi, joue toujours intelligemment et à la vitesse de l’éclair, contournant ses adversaires tout en gardant son sang-froid. Né et élevé à Okinawa, Ryota avait un frère aîné de trois ans de plus. Sur les traces de ce dernier, joueur local célèbre dès son plus jeune âge, Ryota est également devenu accro au basket. En deuxième année de lycée, Ryota fait partie de l’équipe de basket-ball du lycée Shohoku, aux côtés de Sakuragi, Rukawa, Akagi et Mitsui, et participe au championnat national inter-lycées. À présent, ils sont sur le point de se mesurer aux champions en titre, les joueurs du lycée Sannoh Kogyo.
Gros évènement dans la sphère de l’animation japonaise, ce nouveau long-métrage adapté de la série Slam Dunk a des faux airs de contre-pied. Signé par son auteur, Takehiko Inoue (également créateur multifacette des mangas Vagabond et Real) qui boucle enfin l’anime resté inachevé après son arrêt en 1996, The First Slam Dunk accompagne l’équipe de basket du lycée de Shohoku lors de leur finale contre les favoris du championnat inter-lycées, la redoutable équipe de Sannoh. Cet évènement, venant conclure à l’écran le manga d’Inoue, est alors marqué par un parti pris artistique radical qui prolonge la volonté spectaculaire de son auteur : en utilisant un mélange de 2D pour les décors et de 3DCG pour imprimer les personnages (dans ce qui a également des airs de rotoscopie à quelques instants), The First Slam Dunk prolonge le show dans un match absolument endiablé, catalysant l’énergie fondamentale de son manga originel et la richesse profonde de l’animation japonaise moderne dans un combat acharné passionnant.

Pour marquer la rupture avec son matériau de base afin de rendre le film consistant même aux yeux des néophytes qui découvriraient l’histoire de Slam Dunk avec ce long-métrage, Takehiko Inoue (aux manettes complètes de son entreprise) a pris la décision singulière de switcher le point de vue de son récit en focalisant sa narration sur Ryota Miyagi, leader de jeu réfléchi et agile qui tenait la place de sidekick dans l’anime. Dans The First Slam Dunk, Ryota est le protagoniste du début à la fin, ouvrant et concluant son arc en projetant la backstory, les rêves et les motivations familiales du personnage dans un scénario rudement bien ficelé. En analysant le rapport à son grand frère, figure ultra-prometteuse du basket japonais tragiquement disparu quand il était enfant, et dans la comparaison constante qu’il entretient à lui, Inoue trouve ici l’angle parfait pour mettre en scène ce match décisif, rajoutant un degré émotionnel particulièrement bien trouvé à l’intérieur de son grand spectacle réjouissant. Car les trouvailles de son animation, d’apparence rebutante, fonctionnent à plein régime dans ses séquences de sport, imprimant avec une grande précision et d’autant plus d’inventivité les mouvements de ses personnages sans qu’aucun moment ne paraisse répétitif ou mal dosé. Également propulsé par le travail sonore dément qui justifie presque à lui seul l’expérience de la salle de cinéma, amplifiant à l’extrême le réalisme des crissements de parquet, de rebonds de ballons, du son satisfaisant du swish sur le buzzer et du silence intérieur de la concentration d’un grand sportif. Cette richesse créative laisse libre champ à ses petits moments de légèreté comique, jouant notamment avec son comic relief délicieux Hanamichi Sakuragi (le dragueur vantard et impulsif, personnage principal du manga) – tout en lui donnant des lettres de noblesse au bout du parcours – et avec la profusion de ses personnages striant le terrain à longueur de foulées.

Devant son animation à la Toei et au Dandelion Animation Studio, Takehiko Inoue frappe un grand coup dans le milieu de l’animation nippone, en revenant aux bases d’un monument du Shōnen de sport réaliste, ramenant l’humain, les émotions et la détermination dans une proposition éclatante qui réjouira les fans et les non-initiés qui viennent juste pour le frisson d’exaltation. Inoue réussit l’exploit d’investir tout son public dans la quête de victoire de son équipe hétéroclite et hautement colorée, en forme d’excellente introduction/conclusion à son manga phénomène.

Sous un découpage d’une précision impressionnante, un montage grisant qui fait grimper les pics d’adrénaline, et une composition musicale implacable signé Satoshi Takebe et Takuma Mitamura, The First Slam Dunk est un show fabriqué avec exigence, amour et passion, s’éclatant avec son art et sa forme pour faire encore plus ressortir son intensité et ses réussites. On se souviendra également d’un excellent opening qui vient ranimer les légendes de Slam Dunk pour les transposer en 3D, effaçant en quelques traits et quelques mouvements les éventuels doutes que les décisions stylistiques auraient pu suggérer. Car Inoue conclue avec brio son œuvre phare, qui impressionne dans la facilité avec laquelle il filme le basket (et ce, bien mieux que bon nombre de propositions en « live ») et par ses ressorts intimistes et émotionnels habitant ce pur plaisir de spectateur pour lequel on vous invite à aller fouler le parquet.

Titre Original: THE FIRST SLAM DUNK
Réalisé par: Takehiko Inoue
Casting : Katsuhisa Hōki, Tetsu Inada, Subaru Kimura …
Genre: Animation, Comédie, Drame
Date de sortie : 26 juillet 2023
Distribué par: Wild Bunch Distribution
EXCELLENT
Catégories :Critiques Cinéma, Les années 2020








































































































































